Association - Confrérie des saints Anges gardiens

Canoniquement érigée et affiliée à l'Archiconfrérie romaine des Saints-Anges

Extraits de la revue "L'Ange gardien"

Revue L'Ange Gardien 2020

n°1-2020 - janvier-février     n°2-2020 - mars-avril     n°3-2020 - mai-juin
n°4-2020 - juillet-août     n°5-2020 - septembre-octobre     n°6-2020 - novembre-décembre

  C’était dans « L’Ange gardien » il y a cent ans

en novembre 1920

La Toussaint transporte notre âme au ciel, terme de notre destinée, séjour du bonheur, de la gloire, des récompenses éternelles. « Je suis fait pour le ciel et non pour les plaisirs de la terre », disait un jour un de ces jeunes fortunés de la vertu parvenu depuis à la gloire du Paradis. « Lorsque je regarde le ciel, disait un autre saint, que la terre me semble petite et vide ! » « Quand me sera-t-il donné de vous posséder, Seigneur ? (...) », avait dit avant tous le prophète David.
Admirables sentiments ! Que ne sont-ils parfaitement les nôtres ! Prions le Seigneur qu'ils le deviennent : demandons aussi cette grâce aux anges, aux saints et à MARIE, leur aimable et puissante Reine. Cependant le jour de cette fête splendide n'est pas fini que tout à coup le décor de nos églises change : à la glorification des élus fait immédiatement suite la prière pour les membres de l'Église souffrante...

en décembre 1920

Comme l'astre brillant du jour répand sa douce lumière et sa chaleur bienfaisante sur une contrée désolée, ainsi la fête de Noël illumine de ses joies la pauvre humanité et la saison actuelle, image des souffrances de cette vie.
Dès le commencement du mois de décembre, le regard du chrétien fidèle, imitant ainsi la Sainte Église, sa mère, se tourne vers Noël comme le cœur s'élance vers ce qu'il aime.
Quatre semaines pourtant nous séparent encore des joies de cette fête. Il faut bien ce temps pour y préparer notre âme.
Pour atteindre ce but nous n'aurons encore ainsi qu'à imiter la Sainte Église qui a disposé tout d'une manière admirable en vue de l'avènement de Jésus en nous.
Dans la répartition de l'année liturgique, en effet, elle a consacré un temps à cette préparation. C'est le temps de l'Avent qui comprend quatre semaines et compte autant de dimanches. (...) Les lectures qu'elle y a placées sont admirablement appropriées au résultat qu'elle veut atteindre...

Extrait de la revue "L'Ange Gardien", novembre-décembre 2020.


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  Jésus : son nom

« L'enfant reçut le nom de Jésus, le nom que l'ange lui avait donné avant sa conception. » (Lc 2, 21). ... Ce ne sont pas ses parents qui ont choisi le prénom de Jésus lors de l'Annonciation, l'ange Gabriel avait indiqué à Marie : « Tu enfanteras un fils, et tu lui donneras le nom de Jésus » (Lc 1, 31). Après cette annonce, Marie a eu neuf mois pour en méditer le poids. Cela ressemblait fort à un nom de couronnement puisque l'ange avait ajouté : « Il sera grand et sera appelé Fils du Très-Haut. Le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père ; il régnera pour toujours sur la famille de Jacob, et son règne n'aura pas de fin » (Lc 1, 32-33). Et le nom même de l'enfant annonçait un règne plus glorieux encore : « C'est lui qui sauvera son peuple de ses péchés » (Mt 1, 21). L'ange avait dit à Joseph : « (Marie) enfantera un fils et tu lui donneras le nom de Jésus (c'est-à-dire : Le-Seigneur-sauve) car c'est lui qui sauvera son peuple de ses péchés » (Mt 1, 21). C'est la définition du Messie, le Sauveur que le peuple juif attendait impatiemment. On attendait un roi, un leader politique, c'est vrai, de la descendance de David, et l'on comptait sur lui pour libérer le pays de l'occupation romaine et pour restaurer la royauté en Israël, mais on attendait aussi et surtout l'avènement du monde nouveau, de la création nouvelle, dans la justice et la paix pour tous. Il y a bien tout cela dans ce nom de Jésus : « C'est lui qui sauvera le peuple de ses péchés » (Mt 1, 21). Puis Matthieu s'empresse d'ajouter : « Tout cela est arrivé pour que soit accomplie la parole du Seigneur prononcée par le prophète : Voici que la Vierge concevra, et elle enfantera un fils ; on lui donnera le nom d'Emmanuel qui se traduit : Dieu-avec-nous » (Mt 1, 22-23). Rapprochement plutôt surprenant ; on a presque envie de demander : « Finalement, il s'appelle comment ? Jésus (...) ou Emmanuel (...) ? La réponse, Matthieu nous la donnera à la fin de son Évangile. Quand Jésus quittera les siens, il leur dira : « Je suis avec vous tous les jours jusqu'à la fin du monde » (Mt 28, 20), autrement dit : « Je suis l'Emmanuel ».

Marie-Noëlle Thabut, Jésus le Messie, Magnificat.
Extrait de la revue "L'Ange Gardien", novembre-décembre 2020.


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  Marie : les définitions dogmatiques

Quatre dogmes mariaux ont été proclamés par l'Église catholique et constituent les piliers fondamentaux de la Foi catholique à propos de la Vierge Marie :
1. le dogme de la Maternité divine : lors du Concile d'Ephèse, en 431, le pape Célestin 1er a défini et proclamé la Maternité divine, « car Marie a enfanté le Fils de Dieu fait homme ».
2. le dogme de la Virginité perpétuelle de Marie : au Concile du Latran, en 649, le pape Martin 1er proclame la Virginité perpétuelle de Marie.
3. le dogme de l'Immaculée Conception : le pape Pie IX, le 8 décembre 1854, définit le dogme de l'Immaculée Conception de Marie qui, par un privilège de Dieu le Père et en regard des mérites de son Fils Rédempteur, fut préservée, dès sa conception, de la tache du péché originel. Quatre ans plus tard, soit le 25 mars 1858, l'Immaculée se présente à Bernadette Soubirous à Lourdes et lui dit en patois pyrénéen : « Je suis l'Immaculée Conception », ce dont Bernadette n'avait jamais entendu parler et qu'elle eut bien du mal à retenir...
4. le dogme de l'Assomption de la Vierge Marie : « Nous proclamons et définissons que c'est un dogme divinement révélé que Marie, l'Immaculée Mère de Dieu, toujours Vierge, à la fin du cours de sa vie terrestre, a été élevée en âme et en corps à la gloire céleste » déclare le 1er novembre 1950 le pape Pie XII.

A. Boulet - É. Voinier, Petite catéchèse sur Marie, Pierre TÉQUI éditeur.
Extrait de la revue "L'Ange Gardien", novembre-décembre 2020.


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  Diaboliques (1)

J'ai cru comprendre par saint Thomas d'Aquin comment la lumière m'arrivait. Sans doute ai-je eu recours à ses raisonnements carrés parce qu'on l'appelle « le docteur angélique » et que j’ai pensé qu’avec un si beau nom il ne pouvait manquer de clarté dans une matière aussi évanescente. Il pose en fait que les anges des ordres inférieurs sont « illuminés » par ceux des premiers ordres. Et, de même, les humains, individualisés et englués dans la matière, sont dominés par les anges et reçoivent, par eux, cette illumination qui manifeste la divine Vérité. Afin de mettre cette Vérité à la portée de nos esprits, ils nous la proposent mâchée en ressemblances et images, sous des aspects adaptés à nos possibilités de connaissance.
Ainsi les substances spirituelles peuvent-elles nous émouvoir par des phantasmes, des illusions, des mirages. Les bons anges en usent pour notre bien, et les mauvais pour ce que vous savez.
Heureusement pour moi, aucun démon n'est attaché à ma personne comme vous l'êtes, vous, mon Ange gardien. Je me connais : avec ce poids supplémentaire, je ne quitterais pas ces zones obscures où la grâce est étouffée dans l'instant qu'elle y arrive. Sans vos soins, je stagnerais dans la boue. Vous êtes ma vigilance. Il n'est de souffle putride que vous ne dissipiez par un contre-souffle plus puissant. Votre haleine précède même et prévient celle de mon ennemi. En sorte que si je suis empoisonné, ce n'est pas faute de médecine préventive dont il m'est loisible d'user.
Mais, dites-moi, mon Ange, que se passe-t-il lorsque je retombe dans mes erreurs et que, suivant la parole de Jésus, « sept esprits plus dangereux que le premier tentateur sont venus danser dans la place » ? Comment pouvez-vous lutter seul contre tant d'adversaires déterminés et sans scrupules ? ... Oui, oui, vous êtes le plus fort. Comme dans les bons romans, le dernier mot reste à la Vertu. Cela est écrit depuis toujours. Même si, Ange des derniers escadrons, vous attaquez une ex-troupe d'élite, Dieu est avec vous. Je devrais dire : avec nous, puisque je suis engagé dans la bagarre. J'en suis l'enjeu. Les Belzébuth et les Asmodée ont été vaincus une fois pour toutes...

Yves-Marie Rudel, Dialogues avec l'ange gardien (13e journée), Éditions Fleurus, 1958.
Extrait de la revue "L'Ange Gardien", novembre-décembre 2020.


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  L'ange de la serviabilité

Voilà une vieille dame qui ne parvient pas à descendre du train avec sa grosse valise. Des voyageurs complaisants lui viennent en aide et déposent la valise sur le quai où elle peut la rouler. Mais les gares ne disposent pas toutes d'un ascenseur et la vieille dame a toutes les difficultés à la porter pour descendre l'escalier. Quelqu'un pourrait-il l'aider ? Elle regarde autour d'elle. Ce ne sont pas forcément des voyageurs pieux et charitables qui se transforment en anges, mais des gens attentifs au besoin de leur prochain. Je ne suis pas toujours un ange de la serviabilité et l'ange qui est en moi doit souvent me pousser à ne pas fermer les yeux devant la difficulté d'autrui. En moi, il y a en effet une autre voix qui me dit : « Je n'ai pas le temps aujourd'hui. Cette vieille dame n'avait qu'à rester chez elle. Qu'a-t-elle besoin de voyager ? Et puis son fils va peut-être lui porter secours. » Les prétextes ne manquent pas qui peuvent me retenir d'intervenir. Mais l'ange de la serviabilité qui est en moi va m'inviter à suivre mon élan premier et à lui venir en aide. Il me met en contact avec mon instinct qui me dicte d'aider celui qui en a besoin. Cet instinct est présent en chacun de nous, mais souvent recouvert par d'autres auxquels nous prêtons une oreille plus attentive. Nous devons donc entretenir une bonne relation avec l'ange de la serviabilité pour qu'il nous engage à prêter main-forte à autrui.
Lorsque nous sommes nous-mêmes en difficulté, nous rêvons d'être assistés par un tel ange et nous prions Dieu qu'il nous l'envoie. Je me rappelle qu'une nuit, alors que je rentrais d'une conférence, le système de refroidissement de ma voiture est tombé en panne. Il fallait que je m'arrête à chaque aire de stationnement pour remettre de l'eau dans le radiateur. (...) ... Un routier turc a fait une réparation de fortune qui m'a permis de repartir. Dans la nuit, cet homme m'est apparu comme l'ange de la serviabilité. Je l'ai remercié et j'ai voulu lui donner quelque argent. Mais il a refusé. Les anges ne se font pas payer, ils apportent leur aide gratuitement.

Anselm Grün, o.s.b., L'ange de simplicité, Salvator, 2015.
Extrait de la revue "L'Ange Gardien", novembre-décembre 2020.


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  Le monde invisible

... Le Ciel, le monde invisible dont parle le Credo, ce sont les esprits célestes qui ne cessent de contempler la gloire de Dieu, tout en se mettant à notre service. Certains d'entre eux sont chargés de transmettre un message : le mot angelus signifie « messager ».
Créés immaculés (sans tache), les anges ne sont pas créés impeccables (incapables de pécher). Une liberté créée est forcément fragile, susceptible de ne pas accepter sa condition de créature. Il n'y a que Dieu à être par nature impeccable. Nous le serons nous-mêmes lorsque nous serons pleinement transfigurés après notre mort par l'Esprit du Seigneur. Encore faut-il accepter de recevoir cette grâce comme un cadeau totalement immérité et non comme un dû ! C'est ce qu'on fait les « bons anges ». Une acceptation que, par orgueil, un certain nombre d'anges - les démons - ont refusé de donner.
Les anges qui ont fait le « bon choix » ont accepté, sans la jalouser, la place privilégiée des hommes dans le plan divin. Ils ont accepté de recevoir la grâce de leur transfiguration non pas directement de Dieu mais d'un Dieu fait homme, de Jésus, d'un homme qui n'est pas doté comme eux d'une intelligence angélique ! Rien d'étonnant qu'à la crèche, ils se soient donné rendez-vous pour se prosterner devant Celui qui leur a procuré cette grâce.
Ils ont également accepté que de grands pécheurs puissent devenir, par la ferveur de leur amour, de très grands saints, que des Marie-Madeleine les précèdent dans le Royaume des cieux alors qu'elles sont loin d'avoir vécu sur terre une chasteté angélique ! Ils jubilent dès qu'un seul pécheur se convertit (Lc 15, 5-10). Ils sont heureux de chanter éternellement la miséricorde de Dieu envers une humanité si pitoyable. Enfin, alors qu'ils ont été créés plus intelligents que nous, Dieu leur a demandé de se mettre à notre service ! Dieu aime toujours proposer aux plus forts de se mettre au service des plus faibles ! (...)
Remercions le Seigneur de nous avoir dotés d'un ange gardien...

Pierre Descouvemont, « Famille chrétienne », n°1819.
Extrait de la revue "L'Ange Gardien", novembre-décembre 2020.


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  3 novembre - Sainte Dévote
la patronne de Monaco


Il était une fois une jeune fille qui s'appelait Dévote. Elle vivait dans un village près de la mer. L'empereur romain nomma dans la région un nouveau gouverneur qui s'appelait Barbarus. Mais Barbarus pourchassait les chrétiens. Il avait appris que Dévote croyait en Jésus et il la fit arrêter. Mais Dévote ne voulut pas renier sa foi. Furieux, les soldats lui écrasèrent la tête à coups de pierres. Après cela, Barbarus ordonna, qu'on brûle le corps de Dévote.
Mais ses amis chrétiens, voulant qu'elle ait une sépulture, mirent Dévote sur une petite barque en partance pour l'Afrique. Ils pensaient que là-bas, où vivaient plusieurs communautés chrétiennes, Dévote serait enterrée dignement. Un homme nommé Gratien et un prêtre, Benenatus, décidèrent de faire aussi le voyage. Alors qu'ils avançaient sur la mer, une tempête se leva. Gratien et Benenatus prièrent Dévote de protéger l'embarcation. On raconte qu'une colombe sortit alors de sa bouche et se mit à voler autour du bateau. Elle semblait vouloir leur montrer une autre direction. Gratien et Benenatus décidèrent de la suivre. Ils n'arrivèrent pas en Afrique, mais échouèrent à l'opposé de leur destination, à Monaco. Sur la plage, les villageois les accueillirent et écoutèrent leur histoire. On construisit une sépulture pour Dévote et un petit oratoire. Beaucoup de chrétiens vinrent y prier et beaucoup de miracles s'y produisirent.
Une nuit, un capitaine de navire, Antiope, tenta de voler les restes de Dévote, espérant les revendre à bon prix. L'homme s'enfuit, mais un vent violent se leva sur la mer, l'empêchant de mettre les voiles. Des pêcheurs le rattrapèrent et le ramenèrent à terre avec les reliques. On brûla le bateau du voleur sur la plage.
Aujourd'hui les habitants vénèrent encore sainte Dévote qui les protégea des invasions. Chaque année, le jour de sa fête, qu'on célèbre à Monaco le 27 janvier, ils participent à la messe et suivent une procession où, en son souvenir, on brûle une petite barque devant l'église qui lui est dédiée.

Laetitia Zink, Saintes histoires autour de la mer, Éditions Emmanuel.
Extrait de la revue "L'Ange Gardien", novembre-décembre 2020.


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  12 novembre - Saint Josaphat
sang versé pour l'unité


Sa nouvelle dignité d'archevêque de l'Église grecque-catholique de Polotsk (Biélorussie) ne change rien à son genre de vie : tout le cœur de Josaphat reste à Dieu et à la sainteté des brebis qui lui sont confiées. Il continue de mener la vie monastique qu'il embrassa en 1604 dans l'ordre des Basiliens. « Le monachisme a depuis toujours été l'âme même des Églises orientales. » Là où « le commandement de la charité vécue de façon concrète devient un idéal de coexistence humaine et au sein duquel l'être humain cherche Dieu sans barrière ni obstacles » (Saint Jean-Paul II, « Orientale lumen », n°9). Le lieu où la liturgie selon le rite slave oriental est célébrée dans toute sa beauté et sa majesté.
La charité de l'archevêque envers les malheureux est si grande qu'il fait mettre en gage son omophorion (pallium) pour les secourir. Par sa parole et ses écrits, Josaphat travaille sans relâche à nourrir les fidèles de la Parole de Dieu, en se mettant merveilleusement à leur portée. Ainsi instruit, le peuple se reprend à fréquenter les sacrements et les cérémonies liturgiques, et est ramené à une vie toujours plus chrétienne.
Né dans l'ouest de l'Ukraine, de nobles parents séparés de l'Église de Rome, le combat de la vie de Josaphat Kuncewiez est précisément pour la communion avec la chaire de Pierre et pour l'unité de l'Église pour laquelle le Christ pria avec tant de ferveur : « Comme Toi, Père, Tu es en Moi et Moi en Toi, qu'eux aussi soient un en Nous afin que le monde croie que Tu m'as envoyé » (Jn 17, 21). (...) Josaphat est un promoteur incomparable de l'unité des Églises grecque et latine.
Pour cela, l'archevêque verse (...) son sang. Le 12 novembre 1623 à Vitebsk (Biélorussie), à l'occasion de sa visite pastorale, l'apôtre de l'unité est roué à mort et jeté dans le fleuve par des ennemis de sa cause. Josaphat ne cesse, jusqu'au dernier soupir, d'implorer de Dieu le pardon pour ses meurtriers. Sa mort, à 43 ans, est un grand témoignage de fidélité au Christ, à l'Église et au successeur de saint Pierre.

Marie-Christine Lafon, « Famille Chrétienne », n°1608.
Extrait de la revue "L'Ange Gardien", novembre-décembre 2020.


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  20 décembre 2020 - 4e dimanche de l'Avent
l'annonce à Marie


Marie ! (...) Mère de Dieu, mais simple femme, rien de ce qui est humain ne t'échappe.
Déjà, tu es issue d'un village que l'on pourrait dire quelconque. (...)
C'est vers cette localité toute ordinaire que l'ange Gabriel est envoyé. Six mois se sont écoulés depuis qu'il a annoncé à Zacharie la naissance de Jean-Baptiste. Il vient cette fois saluer la jeune fille la plus sainte que la terre ait jamais portée et s'entretenir avec elle.
Il te trouve dans la maison paternelle où tu attends d'être conduite vers ta nouvelle demeure, chez Joseph auquel tu es fiancée. Selon les coutumes de ton pays, les fiançailles engagent déjà les futurs époux l'un envers l'autre, et les noces ne sont que le couronnement officiel de cet engagement.
Tu te tiens à l'écart dans la solitude. Es-tu en prière ? Tiens-tu le fuseau ? Certainement ton cœur est-il en osmose avec Dieu. L'ange entre et te salue. Son apparition te surprend mais le trouble n'envahit pas ton âme, contrairement à l'effarement de Zacharie. Tu ne perds pas le contrôle de tes pensées. Tu cherches à comprendre la signification de ce salut, car la coutume voulait que l'on ne salue pas les femmes, même que l'on ne leur adresse pas la parole.
Gabriel te rassure et te révèle que Dieu t'appelle à devenir la mère de son Fils. Tu avais formé le vœu de vivre dans la chasteté. « Je ne connais point d'homme », dis-tu, ce qui signifie : ni maintenant, ni après. Mais il n'y avait pas d'autres voies que le mariage. Le célibat consacré n'existait pas. C'est donc d'un commun accord avec Joseph, qui partage le même sens spirituel, que tu avais décidé de garder ta virginité sous la protection d'un mariage légal.
Le projet de Dieu ne change en rien les conditions de vie que tu as choisies. Désormais, tout est clair. Ton enfant n'aura que Dieu pour père. Tes fiançailles ne sont pas un obstacle mais une condition préalable pour l'Incarnation du Sauveur. A travers toi, il aura une famille humaine : des grands-parents, des arrière-grands-parents, toute une lignée...

Mgr Mansour Labaky, « France Catholique », n°3145.
Extrait de la revue "L'Ange Gardien", novembre-décembre 2020.


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  25 décembre - Nativité du Seigneur
souvenir d'un Noël


À l'approche de la mystérieuse et fascinante nuit de Noël remonte à ma mémoire la figure de Chéchette. À Saint-Louis-de-Gonzague, au coin des rues Sainte-Anne et Sainte-Marie, dans une petite maison, presque une mansarde, demeurait tout fin seul ce vieux garçon qui était pour moi une énigme, un étrange, comme je disais en 1943 alors que j'avais 11 ans. Avez-vous connu Chéchette ? Ne me demandez pas son nom de famille, car pour moi, il n'en avait pas.
Ce clochard en guenilles passait devant notre domicile pour se rendre à pied au magasin général rue Principale. Excellente couturière, maman acceptait régulièrement la réparation des vêtements de ce miséreux. Les fringues sorties du sac passent d'abord à la laveuse. Peu connu, on disait de ce personnage qu'il ne parlait à personne et qu'il avait déjà couru des enfants avec un bâton. J'évitais d'être sur sa route. Je le craignais.
Un 24 décembre, ma chère mère me demande d'aller porter à monsieur Chéchette une boîte contenant un repas complet comprenant évidemment du ragoût de boulettes et des gâteries pour la Noël. Je ne peux pas, j'ai trop peur et il ne laisse personne entrer chez lui, lui dis-je. Mon père a été obligé de m'accompagner. Puis, au tintement des cloches de l'église, entre de légers flocons de neige, nous hâtons le pas pour la messe de minuit. Mon cœur est tout chaud après avoir partagé la joie éclatante de Chéchette à notre visite. J'ai même oublié d'observer ce qu'il pouvait y avoir dans cette maison supposément hantée.
Le pape François nous répète : Dieu nous aime et Il est dans nos rues. Aujourd'hui, je suis très reconnaissant à Chéchette, car sans mot dire et seulement par son comportement, il m'a dit : « Quelle chance ! Tu es entouré d'une belle famille qui t'aime ! »
Parents et amis, que le 25 décembre vous permette de vivre un moment de la joie d'un enfant qui se sait aimé du Père des cieux et qui jouit d'une famille cajoleuse. Joyeux Noël, même si vous n'avez pas eu la chance de connaître mon Chéchette !

Ludger Mageau c.s.v., 10.12.2017.
Extrait de la revue "L'Ange Gardien", novembre-décembre 2020.


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  26 décembre - Saint-Étienne
le premier martyr chrétien


Étienne fut le premier martyr chrétien, et c'est à la suite de sa mort par lapidation que s'est déclenchée la première persécution qui devait être suivie de beaucoup d'autres, ainsi que Jésus l'avait prédit dans l'Évangile. Tout ce que nous savons de sa vie et de sa mort nous est rapporté dans un récit des Actes des Apôtres.
Etienne figure sur la liste des sept diacres ordonnés par les Apôtres pour le service de la communauté des premiers fidèles.
Chargés spécialement du service des tables pour permettre à Pierre et à ses compagnons de s'adonner plus exclusivement à la prière et à la prédication, les circonstances amenèrent les diacres à annoncer, eux aussi, la Bonne Nouvelle du salut. Luc nous a rapporté le long discours qu'Étienne adresse aux membres du tribunal devant lequel il avait été traduit. Avec la force et le courage des anciens prophètes, il dénonça l'obstination de ses juges et l'endurcissement de leur cœur, qui les empêchaient de reconnaître en Jésus-Christ le Messie annoncé. Puis, rempli de l'Esprit Saint, il fixa son regard vers le ciel ; il vit alors la gloire de Dieu et Jésus-Christ debout à la droite du Père. Il dit sa vision, ce qui le fit passer pour blasphémateur et signa son arrêt de mort.
Contrairement à ce qui eut lieu pour d'autres martyrs, son culte ne commença que tardivement (au 5e siècle), à la suite de la découverte de son corps. Ses reliques furent dispersées un peu partout dans l'ensemble du monde chrétien, et de nombreux miracles eurent lieu. Saint Augustin, pourtant peu porté au merveilleux, contribua à la dévotion en rapportant certains prodiges attribués, dans l'un de ses plus célèbres écrits : La Cité de Dieu.
D'autres avaient subi le martyre avant Étienne, mais ce qui a fait de lui un martyr chrétien, c'est essentiellement le fait qu'il ait pardonné à ses meurtriers, à l'exemple de Jésus. Celui qui devait devenir l'Apôtre saint Paul assista à la lapidation d'Étienne, qu'il approuva, ainsi qu'il le dira lui-même, et l'on peut penser que la première semence de sa conversion fut déposée en lui ce jour-là.

Marcel Driot, Le Saint du Jour, Médiaspaul.
Extrait de la revue "L'Ange Gardien", novembre-décembre 2020.


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  27 décembre 2020 - La Sainte Famille
une famille à l'écoute


Contrairement à l'image traditionnelle de la Sainte Famille, les textes de ce dimanche mettent l'accent sur l'inattendu, l'insécurité, voire l'imprévoyance. On lit dans la Lettre aux Hébreux qu'Abraham « partit sans savoir où il allait » : drôle de vertu pour un futur père de famille ! De même, l'évangile rapporte au sujet de Jésus que la mère de l'enfant et son père « s'étonnaient de ce qu'on disait de lui ». Ils venaient pour accomplir un rite et voilà que leur enfant est l'objet de prophéties extraordinaires autant qu'effrayantes : leur fils sera signe de division. À première vue, quels parents souhaiteraient entendre cela au sujet de leur enfant ?
Nous avons sans doute trop tendance à voir dans la famille une institution pour être assez sensibles à ce qui, pour un chrétien, devrait lui donner son élan intime : l'écoute sans cesse renouvelée d'un appel. En effet, Abraham part sans savoir où il va, parce qu'il a entendu Dieu lui dire qu'il serait un bouclier pour lui (1ère lecture). Joseph et Marie portent Jésus au temple de Jérusalem par fidélité à la loi de Moïse. Comme Abraham, eux aussi vont offrir leur enfant, le « consacrer au Seigneur ». Voilà qui peut faire méditer tous les membres d'une famille et tous les humains : dans quelle mesure considérons-nous ceux que nous aimons comme des dons du Seigneur ?
Imiter la Sainte Famille, c'est avant tout se mettre au rythme de l'amour trinitaire : Dieu engendre son Fils pour le donner dans l'Esprit Saint. N'ayons donc pas peur de toutes les audaces que l'Esprit nous soufflera puisque Dieu s'est toujours souvenu de son alliance. À son invitation, sortons et osons regarder les étoiles ! Au lieu d'alimenter les discordes familiales de tous les regrets, de toutes les blessures du passé, souvenons-nous « des merveilles qu'Il a faites » (Psaume 104). Cela donnerait un autre ton à certaines réunions de famille. Nous verrions alors qu'à l'image du Christ, nous pouvons « grandir » et « nous fortifier » et que la grâce de Dieu était sur nous.

Missel des dimanches 2003, Éditions collective des Éditeurs de liturgie.
Extrait de la revue "L'Ange Gardien", novembre-décembre 2020.


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  Prier… autrement ?

La prière personnelle ne peut être quotidienne (...) que si l'on met en place des habitudes, une régularité. Chacun a fait l'expérience de l'impossibilité de prier avec fidélité si l'on change de lieu, d'horaire ou de manière de faire tous les jours.
Le meilleur moyen de ne jamais prier est bien de se dire « je prierai quand j'aurai le temps... ». La seule façon de se tenir fidèle, tant bien que mal, dans la prière, est de se donner un cadre réaliste, et de s'y tenir. Chaque jour, un moment, un lieu, un petit rituel personnel : ce sont des pratiques simples qui visent l'essentiel et donnent un centre à la dispersion du quotidien.
Même si c'est un peu humiliant de prendre conscience de notre dépendance à l'égard de ce genre de moyens, il faut passer par là, et trouver un rythme de prière adapté à notre mode de vie.
Une question se pose alors : ces modalités pratiques de notre fidélité doivent-elles être immuables ?
Un début d'année, un changement professionnel, un déménagement peuvent être des occasions de se poser la question. Il ne servirait à rien en effet de remettre en cause chaque semaine sa manière de faire : on y perdrait tout le fruit de la régularité. Mais il est bon de ne pas sacraliser une habitude : on risquerait de s'y enfermer, ou d'y enfermer Dieu.
Le moyen que je choisis est sans doute un bon moyen, mais je dois me garder d'imaginer qu'il est le seul chemin pour trouver Dieu.
Si la vie change, il est probable que l'on éprouve le besoin d'opérer des modifications dans sa prière. Il y a des formes de prière qui sont bonnes et fécondes à une époque de la vie et qu'il faut savoir laisser pour une autre étape, sans pour autant renier ce que l'on a vécu.
Le discernement doit donc être assez subtil : il ne faut pas changer constamment de façon de prier, céder à la première lassitude, dès qu'apparaît la sécheresse spirituelle, mais il faut parfois savoir aussi reconnaître qu'il est temps de se renouveler.
Quels critères peuvent être utilisés pour valider ce changement ? Principalement l'amour de Dieu. Dans cette évolution, est-ce que je veux L'aimer, Lui (...) ou bien est-ce moi que je cherche (...) ?...

Jean-Marie Gueullette o.p., Prier au quotidien, Presses de la Renaissance/prier, 2009.
Extrait de la revue "L'Ange Gardien", novembre-décembre 2020.


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  L'école et l’éducation chrétienne

Parce qu'ils sont bien convaincus de la très grande importance de l'école et de son impact profond sur le devenir de l'enfant, beaucoup de parents choisissent pour leurs enfants des écoles catholiques, attendant d'elles, non seulement un enseignement de qualité, mais surtout - et à travers tout - une éducation authentiquement chrétienne.
Lorsque l'école correspond bien à ce que nous attendons, que l'éducation religieuse qui y est dispensée est très proche de ce que nous vivons avec nos enfants, la complémentarité de l'école et de la famille s'exerce sans problème.
Mais parfois se présentent certaines difficultés. Comment y faire face ?
Toutes les familles n'ont pas la même manière de vivre la foi et d'éduquer leurs enfants dans la foi : aucune école ne peut convenir parfaitement à toutes les familles. C'est normal et c'est bien. La diversité est une richesse, même si elle n'est pas facile à vivre.
Pour des raisons multiples qui tiennent entre autres au mode de recrutement des enseignants, tous les enseignants de l'école catholique ne sont pas catholiques (pratiquants, adhérant pleinement à la foi de l'Église, etc.) et ne sont pas toujours prêts à aider leurs élèves à grandir dans la foi.
Ce n'est pas une bonne chose, mais c'est ainsi. Il ne sert à rien de rêver ou de se contenter de critiquer. Il faut recevoir ce qui nous est donné et, à partir de là, chercher à progresser. Ensemble. La mission des parents reste première et c'est à ce titre qu'ils ont le droit et le devoir de savoir ce qui se vit à l'école : pour autant, ils ne doivent pas se comporter en perpétuels « inspecteurs ». Les enseignants ont besoin de s'appuyer sur la confiance des parents. Cette relation de confiance est primordiale pour que l'enfant puisse se construire et grandir dans la paix. La confiance n'est pas le « laisser faire » : c'est au contraire une attitude active, faite d'attention bienveillante (voir d'abord le bien), de vérité (dire ce qui ne va pas), de simplicité et de pardon.
Il peut arriver qu'un enseignant commette une erreur voire une faute. On peut le lui dire clairement mais dans la paix : et ensuite tourner la page, c'est-à-dire refuser absolument d'enfermer telle institutrice ou tel directeur d'école dans la mauvaise image qu'il ou elle a pu donner un jour. Refuser aussi de colporter des ragots et des médisances qui sont toujours nuisibles, parfois gravement et très injustement.
En ce qui concerne l'éducation de la foi, tout particulièrement, il faut être très prudent avant de porter une appréciation : on a parfois l'impression que les enfants ne reçoivent aucun enseignement religieux parce qu'ils n'en racontent rien à la maison. Ce n'est pas parce qu'ils ne disent rien qu'ils ne reçoivent rien. Et ce n'est pas parce qu'une institutrice ne sait pas expliquer aux parents comment elle envisage l'éducation de la foi qu'elle n'y attache pas d'importance : cela peut signifier au contraire que le Christ fait tellement partie de sa vie qu'il lui est tout naturel d'en parler aux enfants comme de leur apprendre à prier et à vivre en chrétiens.
Il peut arriver que ce qui est enseigné à l'école soit contraire à ce qui est dit et vécu en famille. S'il s'agit d'une question de « sensibilité » concernant la manière de prier, par exemple, aidons l'enfant à accueillir dans la paix ce qui le déconcerte et qui est, en fait, une richesse. Mais il peut s'agir d'une question de fond, parfois grave concernant par exemple la réincarnation ou la négation de la présence réelle de Jésus dans l'Eucharistie, etc. Il faut alors s'assurer que l'enfant a bien compris. S'il a dit vrai, il faut réagir : d'abord rétablir la vérité auprès de l'enfant pour qu'il n'ait pas de doute et en parler avec l'enseignant ou la catéchiste. Et parfois en venir à des décisions radicales, tel qu'un changement d'établissement.
L'école catholique n'est pas un distributeur de services devant lequel les familles se situent en consommatrices. Les parents, les enseignants et les élèves forment une communauté unie par le Christ et pour Lui. Cela passe d'abord par la prière : prière les uns pour les autres, et prière ensemble quand c'est possible. Cela passe aussi par une certaine manière de porter ensemble projets, espoirs, joies et peines, échecs et réussites. Les parents les plus critiques sont rarement ceux qui s'impliquent le plus dans le projet de l'école, qui mettent la main à la pâte et se dépensent concrètement au sein des associations de parents d'élèves...

Christine Ponsard, La Foi en famille, Éditions des Béatitudes, 2004.
Extrait de la revue "L'Ange Gardien", novembre-décembre 2020.


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Remerciements pour votre « lettre » du n°6.2019 qui était vraiment encourageante pour suivre le bon chemin dans son quotidien... Je lis toujours votre/notre revue avec plaisir... Il y a beaucoup de rubriques intéressantes. Je lis avec plaisir les « tweets », les « brindilles », « le tablier de grand-mère », ce qui se passe « dans le monde », « le calendrier »... et la suite. 69 - J'espère que cette revue continuera de survivre car elle apporte un message d'espérance et de spiritualité en plus de nous amener à méditer sur la présence de notre Ange gardien à nos côtés. 27 - J'ai bien aimé « l'ange de la gaieté » ; c'est sûrement lui qui, en dépit de tout... me fait esquisser un petit pas de danse, même sur J.S. Bach. 05 - J'apprécie beaucoup les divers textes du pape François. Ils sont les bienvenus dans votre petite revue. Très judicieux de les rappeler ou les faire connaître. 12 - Quelle joie, à chaque fois, de recevoir « l'Ange gardien » ! Paris 7e - Vos articles variés, profonds, inspirés, avec même quelques touches humoristiques bien choisies, m'encouragent, me stimulent, en un mot m'accompagnent vers plus de paix intérieure, me rappelant, lorsque j'étais enfant, les visites d'un clerc de Saint-Viateur à notre famille ; il nous fortifiait de sa foi communicative qui irradiait la présence sereine, confiante en notre Père Amour. Très sincères remerciements et encouragements pour votre mission si précieuse pour ceux qui pensent en bénéficier. 81.

Votre revue est d'un grand soutien pour vivre en compagnie de mon Ange gardien. 44 - Merci pour ces pages pleines de vitalité. 73 - Merci pour cette œuvre qui sème la Parole et évangélise au cœur de nos simples quotidiens. 59 - Il y a de très beaux sujets. 04 - Cette revue si attachante. 12 - Magnifique et intéressante revue que je n'oublie pas de renouveler. 18.

Extraits de la revue "L'Ange Gardien", novembre-décembre 2020.


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