Association - Confrérie des saints Anges gardiens

Canoniquement érigée et affiliée à l'Archiconfrérie romaine des Saints-Anges

Extraits de la revue "L'Ange gardien"

Revue L'Ange Gardien 2019

n°1-2019 - janvier-février     n°2-2019 - mars-avril     n°3-2019 - mai-juin
n°4-2019 - juillet-août     n°5-2019 - septembre-octobre     n°6-2019 - novembre-décembre

  C’était dans « L’Ange gardien » il y a cent ans

en septembre 1919

Les anges existent. (...)
Vainement l'incrédulité tentera de reléguer ces sublimes créatures dans le domaine du rêve ou de la poésie. Elle ne viendra pas seulement se briser contre le roc immuable du dogme catholique dont le Credo chante le Créateur des choses visibles et invisibles ; - des choses « invisibles », c'est-à-dire du monde angélique. Elle se heurtera aux plus anciennes, aux plus universelles traditions qui, même en dehors de l'Église, nous parlent de « demi-dieux », de « génies », etc., c'est-à-dire d'esprits inférieurs à la divinité, mais supérieurs à l'homme, en un mot des anges. Que dis-je ? L'incrédulité verra se dresser contre elle le sens populaire qui est comme la conscience de l'humanité, et qui, pour donner un type à l'idéal, pour exprimer par exemple l'idéal de la beauté, de la pureté, de l'amour, évoquera d'instinct la notion des anges.
Les anges existent ; c'est l'affirmation des divines Écritures...

en octobre 1919

Saint Paul voudrait nous voir contempler sans relâche l'INVISIBLE qui ne passe pas. Le visible, qui n'est que transitoire et parfois si douloureux, nous aveugle et nous absorbe. Quand donc donnerons-nous le coup d'aile qui nous fera, par l'intelligence et par le cœur, passer dans le ciel les années mêmes de notre vie terrestre ? La dévotion à l'Ange gardien nous y aiderait. Il serait si doux de vivre en sa compagnie, et ce serait une si grande réserve de force dans les tribulations de la vie !
Demandons que notre foi s'épanouisse, et que les yeux de notre âme perçoivent avec plus de netteté les êtres spirituels au milieu desquels nous nous mouvons réellement ; demandons que la pensée de notre Conseiller céleste nous soit de plus en plus familière. Nous l'invoquerons fréquemment pendant ce mois.

Extrait de la revue "L'Ange Gardien", septembre-octobre 2019.


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  Jésus, le pauvre par excellence

Heureux les pauvres de cœur : le royaume des cieux est à eux
(Mt 5, 3).
Cette béatitude est reprise par Luc, dans les mêmes termes et toujours à la première place (Lc 6, 20). Jésus fut le pauvre par excellence. Une mangeoire d'animaux l'a reçu à sa naissance (Lc 2.6), mais on dira que cette pauvreté lui était imposée par les circonstances et par ses parents. Jésus a été élevé dans la pauvreté d'un foyer d'artisan, mais non dans l'indigence. L'important est dans le choix du style de vie qu'il s'impose à partir du moment où il annonce l'Évangile. Il vit dans l'itinérance du prophète, toujours sur la route pour évangéliser. Il est « sans domicile fixe ». Un scribe, plus généreux que prévoyant, veut le suivre partout où il ira et reçoit cette réponse : « Les renards ont des terriers et les oiseaux du ciel des nids ; le Fils de l'homme, lui, n'a pas où poser la tête » (Mt 8, 20). La décision de le suivre suppose une radicalité qui fait passer au second plan les obligations familiales. Mais (...) un groupe de femmes le suit et contribue à assurer sa subsistance. La petite communauté a confié à Judas la charge de la bourse (Jn 12.6), dans laquelle celui-ci n'hésitait pas à se servir d'ailleurs. Jésus vit dans la frugalité, mais il a de quoi manger. Un des signes qu'il est « celui qui doit venir » est que « la bonne nouvelle est annoncée aux pauvres » (Lc 7, 22). Jésus trouvait sa joie dans le contact avec le tout-venant des petites gens et des pauvres. Ce n'est pas sans raison qu'il lit dans la synagogue de Nazareth le passage du livre d'Isaïe (58, 6) : « L'Esprit du Seigneur est sur moi, parce qu'il m'a conféré l'onction pour annoncer la bonne nouvelle aux pauvres » (Lc 4, 18). Et il ose dire : « Aujourd'hui, cette Écriture est accomplie pour vous qui l'entendez » (Lc 4, 21). Telle est en effet la définition de l'existence pauvre de Jésus. Aussi peut-il donner ce conseil : « Quand tu donnes un festin, invite des pauvres, des estropiés, des boiteux et des aveugles » (Lc 14,13). (...)
La pauvreté se retrouvera bien évidemment sur la croix, où Jésus est privé de tout, même de ses vêtements. Sa tunique a été tirée au sort...

Bernard Sesboüé, s.j., Jésus. Voici l'homme, Salvator, 2016.
Extrait de la revue "L'Ange Gardien", septembre-octobre 2019.


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  Debout, la Mère

Debout, la Mère des douleurs
était en pleurs près de la Croix
où pendait son Fils.
Et dans son âme gémissante,
inconsolable, défaillante,
un glaive la transperça.
Oh, qu'elle est triste et désolée,
elle qui fut tellement comblée,
la Mère de ce Fils unique !
Comme elle souffrait et pleurait,
la Mère qui pieusement regardait
son enfant assassiné.
Quel homme sans verser de pleurs
venait la Mère du Seigneur
endurer un tel supplice ?
Qui pourrait sans grande tristesse,
contempler la Mère du Christ
souffrant ainsi près de son Fils ?
Pour les péchés de son peuple,
elle vit Jésus dans les tourments
et subissant la flagellation.
Elle vit son doux petit enfant
mourant dans la désolation
en rendant l'esprit. […]
Ô Christ, quand il faudra partir,
puisse ta Mère nie conduire
à la palme de la victoire.
Quand viendra l'heure de ma mort,
fais qu'à mon âme soit donné
le paradis de gloire !

Isabelle Langres, 100 prières avec Marie (d'après Jacopone de Todi), Salvator, 2007.
Extrait de la revue "L'Ange Gardien", septembre-octobre 2019.


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  Reliquaires (3)

Mon Ange, vous êtes beaucoup mieux qu'une statue ou une image fragile. Vous échappez aux intempéries. Vous n'êtes pas non plus fixé dans une attitude. Vous êtes l'agilité même. L'amour est vibration et il n'y a point de frémissements dans ce qui sort de nos mains.
LE SEIGNEUR avait judicieusement permis à son peuple la musique, le seul art qui soit d'âme. Il ne se fiait même pas à son génie littéraire ; car les mots sont impurs. Mais le chant et la danse, oui, car ils reposent sur peu de matière.
Les tendres et les passionnés aiment la musique. Leur amour s'exerce hors du visible. Rien n'est si exaltant pour eux que l'absence. Ainsi peuvent-ils amener à leur mesure ce qui les blesse dans l'ami ou encore se glisser dans la mesure des autres, comme on introduit ses sentiments dans une symphonie de maître, point gênés par une plastique immatérielle.
Je devrais m'enchanter de ce que vous restiez invisible. Je vous crée à mon idée, je vous prête les sentiments que j'estime les plus convenables à votre perfection et à mon avantage. Je vous transporte avec moi plus invulnérable qu'un dieu lare. Et quand il m'arrive de soliloquer dans ma barbe, je ne suis pas ridicule, puisque j'ai un auditeur attentif. Que je n'aie aucun moyen de tirer de vous une relique, j'en suis ravi. Je me vois mal, avec l'instinct de propriété qui m'étreint, partageant avec tout le monde ce qui m'appartient en propre. Car vous êtes « mon » gardien à moi.
Comment d'autres hommes partageraient-ils votre amitié, sans que j'en sois frustré pour une part ? Je les connais : pour peu qu'ils fussent assurés de la moindre parcelle, ils peineraient pour obtenir le tout. Les femmes surtout. C'est ce qu'elles nomment l'égoïsme masculin, quand elles ne jouissent pas absolument de ce qu'elles ont commencé de partager.
En demeurant hors de portée des sens, vous êtes bien à moi. Je suis la dernière planète d'un système merveilleux et complexe. La lumière ne m'arrive pas aisément et je n'irradie que des rayons d'ombre. Mais je tiens à ma place et à mes soleils. Le vôtre en premier...

Yves-Marie Rudel, Dialogues avec l'ange gardien, Éditions Fleurus, 1958.
Extrait de la revue "L'Ange Gardien", septembre-octobre 2019.


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  L'ange de la louange

Les salariés sont nombreux à se plaindre de ne jamais être complimentés par leur hiérarchie. Certes, durant les séminaires de direction leur chef apprend qu'il est bon de féliciter les employés, parce que cela les motive. De retour à l'entreprise, il met à exécution l'enseignement qu'il a reçu au séminaire, mais au bout de deux semaines, son attitude n'apparaît plus très sincère aux employés qui ne croient pas à l'authenticité de ses louanges. Ils se rendent compte, et se le disent entre eux, que leur chef aura vite fait d'oublier ce qu'il a appris ! Alors, au lieu de faire comme lui, c'est-à-dire de t'entraîner à faire coûte que coûte des compliments, ou de les utiliser comme une stratégie pour désarmer ou récupérer un collaborateur, adresse-toi à l'ange de la louange. Il va t'apprendre à complimenter, te montrer comment et à quel moment tu dois le faire. Il va accompagner ses paroles d'une légère impulsion : « Un employé a bien travaillé. Dis-le-lui. Complimente-le. Mais ne sois pas maladroit. Intéresse-toi à ce qu'il a fait, invite-le à te le raconter, et reconnais ouvertement et sincèrement qu'il a été productif. » L'ange te garde de faire mauvais usage du compliment en l'utilisant comme une combine ou un exercice imposé. Il va te pousser à trouver le mot juste, au bon moment, afin que l'autre l'accueille comme tel. Si tu emploies des mots exagérés, ton employé va sentir qu'ils ne viennent pas vraiment de toi et que le compliment que tu fais est artificiel. Lui, il aspire à être félicité de manière honnête et naturelle. (...)
Un compliment perd son fondement si je le fais sans y croire. Si j'y suis forcé, il ne touche pas l'autre. Pour pouvoir bien complimenter quelqu'un, il me faut d'abord croire, porter un bon regard sur lui et sur ce qu'il fait ; je trouverai alors les mots justes qui le toucheront. L'ange de la louange m'aide à aimer l'autre, puis à trouver les mots qui reflètent ce qui est bon en lui. Ces mots seront alors bienfaisants pour tous : pour celui qui les prononce, pour celui qui les mérite et à qui ils s'adressent et pour ceux qui les écoutent.

Anselm Grün, o.s.b., L'ange de simplicité, Salvator, 2015.
Extrait de la revue "L'Ange Gardien", septembre-octobre 2019.


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  Les Anges dans la foi de l'Église (2)

Le 4e concile de Latran a voulu condamner la doctrine dualiste des Cathares ou Albigeois, doctrine selon laquelle il y avait deux principes de la réalité du monde, l'un bon et l'autre mauvais. C'est pourquoi il affirme un unique principe, créateur de l'univers. Plus spécialement il déclare que ce créateur a créé « tout ensemble », c'est-à-dire dans une cohérence qui était niée par le dualisme, les anges et les êtres matériels. La création des anges est un objectif essentiel de la définition conciliaire ; le concile a voulu expressément exclure l'idée d'un Satan qui dès l'origine serait principe du mal, et il affirme que tous les anges ont été créés par Dieu, même ceux qui après leur création se sont dressés contre Dieu par le péché et sont devenus mauvais.
La profession de foi du 4e concile de Latran a été reprise par le second concile de Lyon, dans la profession de foi de Michel Paléologue, puis par le concile de Florence, dans le décret pour les Jacobites, et par le concile de Vatican I, dans la Constitution Dei Filius.
La foi de l'Église s'est donc amplement engagée dans l'affirmation de l'existence des anges. Les déclarations dogmatiques des conciles montrent clairement l'adhésion à la révélation contenue dans l'Écriture et plus spécialement à l'enseignement du Christ.
On peut observer que dans les professions de foi conciliaires l'existence des anges est énoncée dans le cadre de l'œuvre créatrice. À l'origine du développement de la doctrine des anges dans la tradition juive, certaines influences polythéistes peuvent être décelées. Loin de reconnaître aux anges un quelconque rang divin, la doctrine révélée ne leur reconnaît qu'un statut de créatures, entièrement dépendantes de Dieu. Dans la révélation chrétienne, la dépendance absolue des anges à l'égard de Dieu devient dépendance à l'égard du Christ.
D'autre part, si la distinction entre Dieu et les anges est soulignée comme distinction entre Créateur et créatures, la supériorité de nature des anges par rapport aux hommes est elle aussi indiquée, quoique brièvement, par les professions de foi...

Jean Galot, s.j., « Esprit el Vie », 99e année, n°18.
Extrait de la revue "L'Ange Gardien", septembre-octobre 2019.


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  Conte pour grande personne : deux petits anges

... Deux petits anges (...) rayonnaient d'une telle joyeuse tendresse que leur seule apparition semblait une prière de louange. (...)
À plusieurs reprises, le Père de toutes les tendresses avait tenté de les gronder, niais les deux petits rayonnaient d'un tel amour qu'Il interrompait sa semonce pour les couvrir de baisers.
Un jour, pourtant, ils découvrirent jusqu'où ils pouvaient aller trop loin. Ils avaient entrepris de jouer avec les trois énormes canons à rayon laser que le Père braque de temps à autre sur l'hu-manité : celui de la foi suscite des conversions spectaculaires, mais de bien plus étonnants miracles, au secret des cœurs. Au plus noir de nos agonies humaines, celui de l'espérance aide parfois une vieille femme à se relever ou un malade à sourire. Et celui de la charité - le plus puissant des trois - parvient de temps à autre à percer les murailles bétonnées de nos égoïsmes pour susciter d'incompréhensibles actes de générosité.
Maniées par les mains inexpertes des deux petits anges, ces admirables machines produisirent quelques miracles tout à fait surprenants jusqu'à ce que l'un des deux (...) décida de faire converger sur le même point le rayon de la foi, celui de l'espérance et celui de la charité.
À la surprise des deux petits êtres spirituels ailés, l'expérience ne produisit pas une aurore boréale de tendresse cosmique, ni un raz de marée mystique, ni une apocalypse de sainteté exubérante. Au point de rencontre de la foi, de l'espérance et de la charité, on vit seulement apparaître le visage humain de Jésus-Christ qui sourit aux deux célestes enfants éberlués et les rassura gentiment : « N'ayez pas peur, c'est Moi ! » (Jn 6, 20).

Michel Barlow, Au bonheur des anges, Éditions Paroles du Temps / Passiflores, 2017.
Extrait de la revue "L'Ange Gardien", septembre-octobre 2019.


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  23 septembre - Saint Pio de Pietrelcina
présence angélique


Enfant, Padre Pio joue avec son ange gardien. Lorsqu'il s'aperçoit qu'il n'en est pas de même pour ses camarades, il n'en tire aucune vanité. La familiarité avec son ange, un don reçu du Seigneur, est tout entier au service de sa mission. A cette présence angélique, Padre Pio est pleinement fidèle. Cela lui permet d'ouvrir le cœur et l'intelligence spirituelle d'une multitude à ce merveilleux cadeau de Dieu. Certains esprits forts veulent ranger l'existence des anges au rayon de la mythologie. Quand survient la présence du mystérieux envoyé du Seigneur, vous rejoignant au cœur de votre être et de votre mission, les raisonnements se taisent et font place à l'émerveillement. « Ô délicieuse intimité ! Ô heureuse compagnie !.. »
Padre Pio n'argumente pas. L'existence des anges est une vérité de foi fruit du témoignage de l'Écriture, et de l'unanimité de la Tradition (Catéchisme de l'Église catholique n° 328). Comme tout apôtre, Padre Pio n'est pas chargé de faire croire ses auditeurs, mais de leur dire la vérité révélée. La force de sa prière et de sa conviction mûrie à l'aune de l'expérience opère là aussi bien des conversions.
« Tu crois à ton ange gardien ? » demande-t-il à un séminariste. « Euh ! je ne l'ai jamais vu ! » répond celui-ci. Fixant le jeune homme de son œil pénétrant, Padre Pio lui administre une retentissante paire de gifles, et laisse tomber ces mots :
« Regarde bien, il est là, et il est très beau ! »
Padre Pio sait ce qui convient à chacun. Le rayonnement de sa charité déborde de toute part sa sévérité. Prenons conscience que nous sommes souvent comme des gamins incorrigibles piétinant les parterres de fleurs du Seigneur. Nous ne voyons pas, ou nous réalisons si peu l'amour du Seigneur manifesté par l'ange gardien ou les anges en général. Ce sont les anges de Jésus Lui-même. Le Seigneur nous les envoie pour notre salut (He 1, 14). Avec ses anges Il viendra à la fin des temps pour tout remettre au Père (Mt 25, 31).

Jean-Dominique Dubois, o.f.m., Prier 15 jours avec Padre Pio, Nouvelle Cité.
Extrait de la revue "L'Ange Gardien", septembre-octobre 2019.


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  30 septembre - Saint Jérôme
un amoureux passionné de la Bible


Saint Jérôme naquit en Dalmatie, en 340, de parents riches et illustres, qui ne négligèrent rien pour son éducation. Le jeune homme profita si bien de ses années d'études qu'on put bientôt, à la profondeur de son jugement, à la vigueur de son intelligence, à l'éclat de son imagination, deviner l'homme de génie qui devait un jour remplir le monde de son nom.
Les séductions de Rome entraînèrent un instant Jérôme hors des voies de l'Évangile ; bientôt, revenant à des idées plus sérieuses, il ne songea plus qu'à pleurer ses péchés et se retira dans une solitude profonde près d'Antioche, n'ayant pour tout bagage qu'une collection de livres précieux qu'il avait faite au cours de ses voyages.
L'ennemi des âmes poursuivit Jérôme jusque dans son désert, et là, lui rappelant les plaisirs de Rome, réveilla dans son imagination de dangereux fantômes. Mais l'athlète du Christ, loin de se laisser abattre par ces assauts continuels, redoubla d'austérité : il se couchait sur la terre nue, passait les nuits el les jours à verser des larmes, refusait toute nourriture pendant des semaines entières. Ces prières et ces larmes furent enfin victorieuses, et les attaques de Satan ne servirent qu'à faire mieux éclater la sainteté du jeune moine.
Avec les auteurs sacrés, Jérôme avait emporté au désert quelques auteurs profanes ; il se plaisait à converser avec Cicéron et Quintilien. Mais Dieu, qui réservait pour Lui seul les trésors de cet esprit, ne permit plus au solitaire de goûter à ces sources humaines, et, dans une vision célèbre, il lui fit comprendre qu'il devait se donner tout entier aux études saintes : « Non, lui disait une voix pendant son sommeil, tu n'es plus chrétien, tu es cicéronien ! » Et Jérôme s'écriait en pleurant : « Seigneur, si désormais je prends un livre profane, si je le lis, je consens à être traité comme un apostat. » Son unique occupation fut la sainte Écriture. (...) Il s'occupa du grand travail de la traduction des saints Livres (...) et il a la gloire unique d'avoir laissé à l'Église cette version célèbre appelée la Vulgate, version officielle et authentique, qu'on peut et doit suivre en toute sécurité...

Abbé Jaud, Vie des Saints.
Extrait de la revue "L'Ange Gardien", septembre-octobre 2019.


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  6 octobre 2019 - 27e dimanche du temps ordinaire - Année C - Évangile : Lc 17, 5-10
foi de serviteurs


« Si vous aviez de la foi, gros comme une graine de moutarde, vous auriez dit à l'arbre que voici : Déracine-toi et va te planter dans la mer, et il vous aurait obéi. » Ce n'est pas un reproche de Jésus, c'est un encouragement ! C'est une manière de nous dire que rien n'est impossible à celui qui croit, parce que rien n'est impossible à Dieu, tout simplement. C'est dire aussi que, désormais, toute parole découragée ou morose nous est interdite.
Peut-être les Apôtres avaient-ils parfois l'impression que Jésus leur demandait l'impossible ? Juste avant ce passage, par exemple, Il vient de leur donner une consigne bien audacieuse : « Si ton frère a commis un péché, fais-lui de vifs reproches ; et, s'il se repent, pardonne-lui. Même si sept fois par jour il commet un péché contre toi, et que sept fois de suite il revienne à toi en disant : Je me repens, tu lui pardonneras. » Le pardon est bien la chose la plus difficile du monde ! Et qui de nous prétendrait y arriver avec tant de constance ? Mais pourquoi douter d'y parvenir ? Douter, c'est douter de Dieu, pas de nous. Le mystère de l'Incarnation ne va-t-il pas jusque-là ? Jusqu'à croire (c'est-à-dire être certains) que l'Esprit de Dieu habite en nous, l'Esprit d'amour et de pardon. C'est peut-être le sens de la fameuse phrase de Jésus : « À ceci tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples : si vous avez de l'amour les uns pour les autres » (Jn 13, 35). Traduisez : l'amour mutuel est humainement impossible ; si nos communautés y parviennent ce sera la meilleure preuve de la présence de Jésus-Christ vivant parmi nous. (…)
Nous reconnaître comme de simples serviteurs (...) au service d'une tâche qui nous dépasse infiniment, quel soulagement ! (...) Il s'agit pour les humbles apôtres que nous essayons d'être, chacun à notre place, d'accomplir petitement, au jour le jour, le service qui nous est demandé ; avec notre, petite foi de rien du tout, Dieu peut faire de grandes choses.
(...) Le titre de « serviteurs de Dieu » n'est-il pas, effectivement, notre plus beau titre de gloire ?

Marie-Noëlle Thabut, « Panorama », hors-série n°77.
Extrait de la revue "L'Ange Gardien", septembre-octobre 2019.


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  Prions pour nos ennemis

L'un des rares commandements précis que le Seigneur Jésus donne à ses disciples à propos de la prière porte sur les adversaires : « Aimez vos ennemis et priez pour ceux qui vous persécutent afin d'être vraiment les fils de votre Père qui est aux cieux » (Mt 5, 43). Cela peut nous sembler impraticable, alors que c'est un appel plein de sagesse, qui ne nous demande que ce qui est possible.
En effet, dans ce texte, Jésus donne le contenu de cet étonnant amour : non pas de trouver les ennemis sympathiques, mais de leur faire du bien, « comme Dieu fait pleuvoir la pluie aussi bien sur les justes que sur les méchants ». Leur faire du bien parce que, au-delà des conflits, il nous faut reconnaître que nous sommes tous fils et filles d'un même Père.
Souvent, faire du bien est difficile à mettre en œuvre. On peut tenter de ne pas trop dire du mal de l'ennemi, de lui laisser la possibilité de se comporter autrement. Mais on ne peut pas s'en approcher pour lui faire du bien.
C'est pourquoi Jésus fait porter la prière pour l'ennemi tout particulièrement sur les persécuteurs. En période de répression, on ne peut aller à la rencontre de l'oppresseur pour lui faire du bien : jamais le christianisme n'a encouragé de telles attitudes suicidaires. En revanche, de loin, on peut toujours prier pour lui.
Comment prier pour l'ennemi ? D'abord en le reconnaissant comme tel, ce qui revient à admettre que nous n'avons pas sur terre que des amis. Et à s'avouer par-là que s'ils sont nos ennemis, nous y sommes parfois pour quelque chose.
Prier pour eux, ce peut être aussi demander à Dieu qu'ils changent, qu’ils se convertissent : nous avons souvent des idées bien précises sur le sujet ! Prions donc pour la conversion de nos ennemis, puisque cela nous vient si spontanément à l'esprit. Mais à condition que nous soyons nous aussi prêts à nous convertir, et aussi profondément que nous l'exigeons d'eux.
Prier pour ses ennemis, c'est ainsi fondamentalement reconnaître la présence du Seigneur entre eux et nous...

Jean-Marie Gueullette o.p., Prier au quotidien, Presses de la Renaissance/prier, 2009.
Extrait de la revue "L'Ange Gardien", septembre-octobre 2019.


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  A l’école, devant un cahier neuf

Avec son lot de nouveautés, la rentrée des classes est porteuse d'espoir. Devant ses cahiers neufs, l'enfant se prend à rêver d'une année sans échec, sans mauvaise note ni punition. Ces pages blanches, il les souhaite remplies d'une écriture appliquée, sans rature, sans tache d'encre, récompensée de « 20 sur 20 » et de « très bien » au crayon rouge. Il nous montre tout fier ses nouveaux livres avec lesquels, espère-t-il, il aura plus de joie et de facilité à travailler.
La rentrée arrive : le rêve fait place à la réalité. Et la réalité, si elle comporte des succès, implique aussi la confrontation avec l'échec. Confrontation difficile, surtout si elle se répète souvent et si l'enfant n'est pas préparé à la vivre. Confrontation qui risque de conduire au découragement ou au désespoir : avec l'échec, les rêves et les bonnes résolutions s'effondrent et l'enfant baisse les bras, renonçant à se battre contre la difficulté. Ce qui est vrai de la vie scolaire l'est de toute la vie de l'enfant, y compris de sa vie de prière. Plein de générosité, il veut donner sa vie à Dieu et rêve de missions lointaines, d'actes héroïques ou de martyre. Il prend de bonnes résolutions, bâtit des programmes de vie (pas toujours réalistes), décide : je prierai dix minutes tous les jours... maman n'aura plus à me demander trois fois le même service... etc. Et puis vient l'usure de la vie quotidienne qui érode si facilement les enthousiasmes, viennent les infidélités aux résolutions et décisions, les chutes et les échecs. Et avec eux le risque de se décourager : « Je n'y arrive pas, je ne suis pas capable, la sainteté ce n'est pas pour moi ». On voudrait tellement que tout soit parfait ! Il faut apprendre à nos enfants (et l'apprendre nous-mêmes) que Dieu construit nos vies, nous conduit vers Lui non pas malgré nos échecs, mais bien à travers eux. Il ne nous appartient pas de juger : telle réussite à nos yeux n'en est peut-être pas une en réalité (c'est-à-dire du point de vue de Dieu) et tel échec apparent est peut-être déjà fécond. Prenons l'exemple du grain de blé : la pourriture et la mort sont apparemment une destruction et pourtant ils sont la condition nécessaire pour que ce grain donne du fruit. Tout dépend de la manière dont on accueille son échec et son péché. Regardons Judas et saint Pierre : Judas a trahi Jésus ; saint Pierre L'a renié. Il n'est pas moins grave de Le renier que de Le trahir. Mais Judas a pensé que sa trahison était plus grande que l'amour de Dieu : il a désespéré et s'est pendu. Pour saint Pierre, c'était l'amour de Dieu qui était le plus fort : il a pleuré, mais dans la certitude d'être aimé de Dieu et d'être pardonné.
Une vie réussie - sur tous les plans - n'est pas une vie sans échecs, ni chutes. La sainteté ne se mesure pas au nombre de péchés que l'on a, ou non, commis. La seule chose qui compte est la place de plus en plus grande que nous donnons à Dieu dans notre vie et en nous-mêmes. Jésus nous demande : « Soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait » (Mt 5, 48) : ce n'est pas à force de volonté que nous pouvons atteindre la perfection. C'est Dieu le Parfait - qui nous rend parfaits lorsque nous Le laissons vivre en nous.
Si les bonnes choses que je fais m'enorgueillissent et m'incitent à la suffisance et à la contemplation de moi-même, elles ne me conduisent pas à Dieu et, malgré les apparences, sont un obstacle à la perfection et à la sainteté, donc à la vraie réussite, la seule qui compte. Au contraire, si mes échecs et mon péché me conduisent à vivre de plus en plus pauvrement devant Dieu dans une confiance absolue, ils n'empêchent nullement le Royaume de grandir en moi, au contraire.
Relisons l'histoire du pharisien et du publicain (Lc 18, 10-14). Relisons aussi avec nos enfants la parabole du bon grain et de l'ivraie (Mt 13, 24-30). Lorsque nous voyons la mauvaise herbe envahir le champ de notre vie, nous pouvons être tentés de tout arracher, le bon grain comme le reste. Apprenons la patience de Dieu à l'égard des autres et d'abord à l'égard de nous-mêmes. (...). N'accordons pas aux mauvaises herbes de notre vie plus d'importance que Dieu ne leur en donne. Rendons-Lui grâce pour le bon grain qu'Il fait pousser en nous.

Christine Ponsard, La Foi en famille, Éditions des Béatitudes, 2004.
Extrait de la revue "L'Ange Gardien", septembre-octobre 2019.


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  Des appréciations

Dans « l'Ange gardien », il y a de très beaux articles. Je vais le passer ensuite à des amis. 04 - Cette revue est très belle et enrichissante. Je la reçois avec bonheur. 12 - Je lis les extraits du « livre des heures » et les articles très intéressants qui me maintiennent sur les chemins du Seigneur. 69 - Votre petite revue me fait énormément de bien. Paris 15e - Je vous félicite pour la lumière et la clairvoyance dont cette modeste revue inonde nos cœurs et notre âme, ses articles ciblés qui nous encouragent à avancer à travers « les rayons et les ombres » dans une prière de Mgr Soulte dédiée à saint Joseph, sans omettre le sonnet hommage à la crucifixion du Christ par l'un de nos grands poètes. Voilà une opportunité de nous plonger dans la poésie quand la tristesse nous gagne. ... J'espère que vous continuerez longtemps à nous réconforter dans de si judicieuses recherches et pages d'humour sans faire ombrage à l'actualité religieuse, aux temps forts de la vie catholique. 64.

Je renouvelle mon abonnement qui est un grand soutien. 69 - Recevez mon abonnement toujours lu avec plaisir. 64 - Remerciements pour votre si belle revue pleine d'espérance. 62 - Merci à vous pour tout ce que vous faites pour nous donner la joie. Il y a tant de misères... 81 - Un grand merci pour votre revue pleine d'enseignements. 38 - Bravo pour ce que vous faites. 42 - Toujours très attachée à la lecture de « l'Ange gardien ». 49 - Votre petite revue contient bien des choses intéressantes spirituellement, dans sa simplicité. 12 - Revue très instructive et facile à lire. On s'y retrouve tout de suite. Je la lis « de A à Z »... Bonne continuation. 59 - Dieu bénisse votre mission et la fasse grandir comme un baobab ! (expression du Mali ! (et d'ailleurs, notamment de Côte d'Ivoire où j'ai vécu pendant 32 ans ! A.C.) 94 - Quand je lis « le carnet. Messes et offrandes de soutien » et que j'y vois 3 fois la mention de notre commune, ça me fait plaisir. 66 - Merci pour cette revue bienfaisante. 73 - Merci pour l'excellente présen-tation de cette revue que j'aime trouver dans la boîte aux lettres et ensuite longuement découvrir au long des jours... La diversité des rubriques nous offre une aide à la prière et des découvertes pour mieux connaître notre Église et la vie qu'elle diffuse. 59.

Merci pour cette revue qui est mon rayon de soleil. 31 - Petite revue toute simple si riche de contenu. J'aime particulièrement les extraits théologiques (P. Sesboüé) ou méditatifs (P. Gueullette), les morceaux littéraires (sur Bernanos), les exhortations de notre pape François, les nouvelles de l'Église et des Viateurs, le calendrier liturgique. Tous ces noms d'associés, toutes ces intentions de prière. En somme, j'aime toute la revue de A à Z et je vous remercie très fort pour ce travail de recherche et de transmission dont nous avons tant besoin. Une religieuse. 12 - Avec tous mes remerciements pour cette si belle revue. 03 - Revue porteuse de paix. 34 - Je renouvelle mon abonnement à la revue que j'aime beaucoup. 06 - J'apprécie beaucoup votre revue. 44 - Merci pour tous les beaux textes proposés ! C'est une source de joie amenant à se tourner toujours davantage vers notre Seigneur, le Christ ressuscité. 69 - Merci pour la revue qui me donne beaucoup de courage et de force pour lutter dans la vie. Abonnée depuis longtemps. J'ai maintenant 83 ans... 971 - Une revue à laquelle je tiens beaucoup car on parle trop rarement de nos Anges gardiens dans la spiritualité actuelle et je trouve que c'est regrettable... J'espère que vous pourrez continuer très longtemps cette mission. 93.

Extraits de la revue "L'Ange Gardien", septembre-octobre 2019.


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