Association - Confrérie des saints Anges gardiens

Canoniquement érigée et affiliée à l'Archiconfrérie romaine des Saints-Anges

Extraits de la revue "L'Ange gardien"

Revue L'Ange Gardien 2020

n°1-2020 - janvier-février     n°2-2020 - mars-avril     n°3-2020 - mai-juin
n°4-2020 - juillet-août     n°5-2020 - septembre-octobre     n°6-2020 - novembre-décembre

  C’était dans « L’Ange gardien » il y a cent ans

en mai 1920

Le mois de Marie répand une joie sainte dans les cœurs qui aiment sincèrement la Vierge si aimable et si bonne.
Du haut de son trône de lumière, de fleurs et de parfums, la Reine des anges tend ses bras maternels, elle sourit avec amour, elle dit : « Venez, venez à moi, je fortifierai votre courage, j'affermirai votre énergie, je vous garderai à mon Fils. J'abriterai votre faiblesse, je consolerai vos peines, j'adoucirai vos angoisses, j'établirai en vous le règne de Jésus, venez. »
Nous entendrons cet appel, nous y répondrons avec empressement, nous compterons parmi ses enfants les plus empressés à l'honorer.
Ce mois nous réserve aussi les grandes joies de la béatification de la Vénérable Louise de Marillac et de la canonisation de la Bienheureuse Marguerite-Marie et de la Bienheureuse Jeanne d'Arc. Nous nous réjouirons de leur gloire en les priant avec ferveur pour notre chère Patrie.

en juin 1920

Il faut qu'Il règne, disait saint Paul de l'amour de Jésus. Il faut que le Cœur de Jésus règne sur nous, sur nos familles, sur les nations. Le mois de juin, la fête du Sacré-Cœur sont de magnifiques occasions pour raviver notre zèle et notre piété.
Faisons régner Jésus sur nos esprits par la foi, sur nos cœurs par la charité. Que notre vie entière soit consacrée à l'amour du Cœur de Jésus. Qu'Il règne sur nos familles : usons de toute l'influence dont nous pouvons disposer pour Le faire connaître, aimer, servir autour de nous.
Puisse le rayonnement de cet amour édifier nos frères et leur inspirer le désir, la volonté de se soumettre au règne souverain du Cœur de Jésus. C'est par ces efforts généreux, par de nombreuses et ferventes prières que nous pourrons préparer, dans la mesure de nos forces, le règne social du Cœur de Jésus sur notre patrie, sur le monde entier.

Extrait de la revue "L'Ange Gardien", mai-juin 2020.


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  Jésus, contrastes étonnants

Jésus est un homme dont la personnalité est faite de contrastes étonnants. Par exemple : sa doctrine est extrêmement profonde, mais elle s'exprime en images et en paraboles toutes simples.
Jésus a un sens très développé de la transcendance de Dieu qui s'allie à une très grande familiarité avec lui. Pour la première fois dans l'histoire du judaïsme, Jésus appelle Dieu du nom de « Papa ! » : « Abba ! »
Jamais on ne le voit se reconnaître pécheur devant Dieu. Cela est proprement inouï. Dans l'histoire religieuse de l'humanité, tous ceux qui, jusqu'ici, sont à l'origine d'un grand courant spirituel ont reconnu qu'à un moment de leur existence leur vie avait basculé. Qu'ils avaient eu à se convertir : Moïse, David, Paul, Augustin, François d'Assise, Thérèse d'Avila, le père de Foucauld... Jésus fait totalement exception. Il ose même dire à ses contradicteurs : « Qui d'entre vous me convaincra de péché ? » (Jn 8,46). Quel étonnant contraste entre le sens de Dieu qu'il avait et cette audace avec laquelle il reconnaît n'avoir jamais péché !
Une extrême indulgence à l'égard des pécheurs, qui s'allie à la proclamation d'exigences spirituelles inouïes : « Vous serez parfaits comme votre Père céleste est parfait » (Mt 5, 48). « Ne faites rien pour être bien vus des hommes » (cf. Mt 6, 3-4). « Aimez vos ennemis » (Mt 5, 44). « Pardonnez sans cesse » (cf. Mt 18, 22). « Ce que Dieu a uni, que l'homme ne le sépare pas » (Mt 19. 6). Jésus place donc très haut la barre de la perfection à laquelle il appelle les hommes mais, en même temps, il va répétant qu'il n'est « pas venu pour les justes mais les pécheurs » (cf. Mt 9,13).
Une indépendance extrême à l'égard de l'opinion d'autrui qui ne dégénère jamais en mépris.
Un très grand désir de voir son message entendu et une absence totale de propagande en faveur de lui-même : il refuse qu'on fasse de la publicité autour de ses miracles.
Voilà donc un personnage étonnant. Il ne manque pas d'ailleurs de gens qui se convertissent à partir d'une réflexion sur l'incroyable originalité de cette figure historique.

Pierre Descouvemont, Les 20 questions que vous vous posez sur Jésus, Artège, 2019.
Extrait de la revue "L'Ange Gardien", mai-juin 2020.


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  Marie, servante du Seigneur

Unique est notre Médiateur selon les paroles de l'Apôtre : « Car, il n'y a qu'un Dieu, il n'y a aussi qu'un Médiateur entre Dieu et les hommes, le Christ Jésus, homme lui-même, qui s'est donné en rançon pour tous » (I Tm 2, 5-6). Mais le rôle maternel de Marie à l'égard des hommes n'offusque et ne diminue en rien cette unique médiation du Christ : il en manifeste au contraire la vertu.
Car toute influence salutaire de la part de la bienheureuse Vierge sur les hommes a sa source dans une disposition purement gratuite de Dieu : elle ne naît pas d'une nécessité objective, mais découle de la surabondance des mérites du Christ ; elle s'appuie sur sa médiation, dont elle dépend en tout et d'où elle tire toute sa vertu ; l'union immédiate des croyants avec le Christ ne s'en trouve en aucune manière empêchée, mais au contraire aidée.
La bienheureuse Vierge, prédestinée de toute éternité, à l'intérieur du dessein d'incarnation du Verbe, pour être la Mère de Dieu, fut sur la terre, en vertu d'une disposition de la Providence divine, la vénérable Mère du divin Rédempteur, généreusement associée à son œuvre à un titre absolument unique, humble servante du Seigneur. En concevant le Christ, en le mettant au monde, en le nourrissant, en le présentant dans le Temple à son Père, en souffrant avec son Fils qui mourait sur la croix, elle apporta à l'œuvre du Sauveur une coopération absolument sans pareille par son obéissance, sa foi, son espérance, son ardente charité, pour que soit rendue aux âmes la vie surnaturelle. C'est pourquoi elle est devenue pour nous, dans l'ordre de la grâce, notre Mère.
À partir du consentement qu'elle apporta par sa foi au jour de l'Annonciation et qu'elle maintint dans sa fermeté sous la croix, cette maternité de Marie dans l'économie de la grâce se continue sans interruption jusqu'à la consommation définitive de tous les élus. En effet, après son Assomption au ciel, son rôle dans le salut ne s'interrompt pas : par son intercession répétée elle continue à nous obtenir les dons qui assurent notre salut éternel...

Vatican II, « Lumen Gentium », n°61-62.
Extrait de la revue "L'Ange Gardien", mai-juin 2020.


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  Cosmogonies (1)

Que vous ayez été créé avant notre humanité, que vous soyez apparu quand l'Esprit souffla sur la Masse, que m'importe, ô mon Ange ! De quelque manière que je le prenne, vous m'avez précédé dans l'existence.
Vous étiez destiné de tous temps à présider à ma vie terrestre. Et cet arrangement était en Dieu ainsi que toutes choses. Quand je fus suffisamment formé pour mériter mon âme, vous êtes venu sur moi, ambassadeur d'une vigilante providence, pour me former, me guider, m'aider de multiples façons à atteindre ma fin, c'est-à-dire mon commencement éternel, mon Immortalité.
Sans vous, rien n'eût peut-être été différent ; mais les dispositions divines sont intangibles. Et je pense que votre entremise fut efficace. Parmi les harmonies de l'univers, celle qui nous met en relation avec Dieu se révèle la plus essentielle. La hiérarchie de la création comporte des étages : d'abord les éléments de la matière quels qu'ils soient, la matière inanimée, les êtres vivants, les corps doués d'esprit, l'esprit sans le corps, l'esprit sans corps et les degrés exprimant les relations variées entre l'Être subsistant en lui-même et les créatures dépendantes. Dans cette gamme, point de dissonance ; dans la filière, nulle rupture. Tout est à ce point ajusté que, lorsque le combiné corps-et-âme se disloque dans la mort, vous, les anges, vous cessez votre office, comme si l'échelon ou vous vous teniez n'avait plus de raison d'être. À partir de la mort, le gardien de nos âmes, c'est Dieu lui-même. Ou bien, l'Autre... mais gardons-noue de penser à cette issue, sauf pour nous en méfier !
Dans le cas-fort-probable où j'aurais à purger des peines, vous seriez encore utile, mon Ange, pour rappeler à Dieu - ceci dit sous couleur d'anthropomorphisme - mon existence à l'intérieur de l'Église souffrante. Vous resteriez près de moi, sur les bords du purgatorium, de façon que je vous voie, immobile statue de la liberté au bord des terres nouvelles, abritant entre vos mains la flamme vacillante de mon espérance. Je vous imagine ainsi, soucieux de ne pas me lâcher avant de m'avoir introduit auprès du Père...

Yves-Marie Rudel, Dialogues avec l'ange gardien, Éditions Fleurus, 1958.
Extrait de la revue "L'Ange Gardien", mai-juin 2020.


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  L'ange de la gaieté

Les enfants sont naturellement gais lorsqu'ils reçoivent l'amour de leurs parents et se sentent en sécurité auprès d'eux. Mais nous, les adultes, avons besoin de l'ange de la gaieté qui va nous sortir de l'auto-apitoiement dans lequel nous nous complaisons, qui va nous détourner de nos états d'âme dépressifs ou de notre colère contre ce qui est mis en travers de notre route. L'ange de la gaieté n'est pas impératif. Il ne nous enjoint pas : « Sois heureux, voyons ! » Il commence par nous ouvrir les yeux en nous ôtant les lunettes aux verres sombres qui obscurcissent notre vision du monde. Mais il ne va pas les remplacer par des verres roses. Il nettoie simplement les lunettes, afin que nous puissions voir aussi ce qui est clair et lumineux en toutes choses, et notre humeur va s'éclaircir du même coup. L'ange de la gaieté me donne un petit coup de coude et me murmure : « Ose être heureux. Tu sens bien qu'il y a de la gaieté en toi, mais tu penses devoir toujours porter un masque sérieux devant les autres. Tu veux te montrer serein, austère et sage, comme si tu étais équipé pour affronter le sérieux de la vie. Mais tu n'es pas seulement cela. Tu n'es pas seulement la personne rigide et dure que tu veux paraître. Tu as aussi en toi quelque chose de gai et de léger. » L'ange de la gaieté retire le masque et découvre mes yeux : ils sont gais et rieurs, j’ai le visage heureux. Il me met en contact avec la gaieté qui est toujours en moi.
Bien sûr, il est des gens qui ne peuvent laisser libre cours à leur joie, parce qu'ils ont été trop marqués par la vie, qu'ils ont enduré trop de souffrances. L'ange de la gaieté ne s'emploie pas à éliminer leur douleur ; elle existe, on ne peut la nier. Mais on peut la relativiser ; elle ne détermine pas complètement nos états d'âme. Au milieu de la souffrance, il y a aussi le soleil qui illumine un beau paysage, qui brille aussi dans notre nuit. C'est à lui que l'ange voudrait nous ouvrir. Et si nous nous tournons vers le soleil, notre humeur s'éclaircira elle aussi. Nous serons plus gais, plus vivants. Et si personne ne nous observe, nous pourrons même, parfois, sautiller et bondir de joie.

Anselm Grün, o.s.b., L'ange de simplicité, Salvator, 2015.
Extrait de la revue "L'Ange Gardien", mai-juin 2020.


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  L’ange gardien, indispensable compagnon

Désuète, la prière aux anges gardiens ? Fortement encouragée par l'Église, elle a marqué la vie de nombreux saints et papes, et aujourd'hui encore beaucoup de chrétiens en contemplent les fruits.
Pie XI envoyait son ange gardien au-devant de celui de ses interlocuteurs quand il lui arrivait de « devoir parler avec une personne difficilement accessible à (ses) arguments ». Jean XXIII confiait s'adresser à son ange gardien plusieurs fois par jour, et raconta même un jour que l'idée du concile Vatican II lui avait été inspirée par cet ami céleste. Plus récemment, le pape François a évoqué dans une homélie à la Maison Sainte-Marthe ce « compagnon de voyage » qui « nous accompagnera jusqu'au bout de notre vie », qu'on est trop souvent tenté de chasser loin de soi, alors que « personne ne peut se conseiller soi-même ».
L'Occident cartésien, puis les décennies post-conciliaires, ont remisé les anges gardiens au rayon des bondieuseries un peu folkloriques. Pourtant, des papes aux saints, en passant par les apparitions et les écrits des Pères de l'Église, on ne compte pas les témoignages de la présence et de l'action de ces créatures invisibles dont Dieu a doté chacun de ses enfants, et que l'Église célèbre le 2 octobre. Sainte Brigitte ou sainte Françoise Romaine voyaient le leur, et saint Thomas leur consacra trois articles de sa Somme théologique.
Dans de nombreuses familles chrétiennes, la dévotion à son ange gardien s'ancre dès le plus jeune âge, par la prière quotidienne, comme en témoigne Monica, jeune grand-mère d'origine autrichienne mariée à un Français : « Je récite tous les jours avant de me lever la prière à mon ange gardien que m'ont apprise mes parents. Je confie à leurs anges chacun de mes enfants, et même de mes petits-enfants. Cette prière est inscrite si profondément en moi que je la dis toujours en allemand. Je ne pourrais pas me lever sans la dire ! »
Plus récemment, le film d'animation Le Grand Miracle (produit en France par Saje) leur fait la part belle. (...) Il met en scène les anges gardiens de trois personnages, qui leur enseignent la messe en leur faisant entrevoir les réalités du Ciel...

Sophie Le Pivain, s.j., « Famille Chrétienne », n° 2124.
Extrait de la revue "L'Ange Gardien", mai-juin 2020.


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  7 mai - Bienheureuse Marie-Louise Trichet
longtemps éclipsée


Longtemps éclipsée par la figure incandescente de son mentor, saint Louis-Marie Grignion de Montfort, Marie-Louise Trichet occupe depuis sa béatification, en mai 1993, une place enfin digne de l'œuvre immense qu'elle a réalisée. En effet, que serait-il advenu de certaines des intuitions du grand prédicateur breton si la bienheureuse Marie-Louise Trichet ne les avait reprises, incarnées et amplifiées ?
Entre ces deux êtres d'exception, tout débuta en 1701, lorsque la jeune fille, issue de la bourgeoisie poitevine, se plaça sous la direction spirituelle de ce prêtre atypique et ardent, alors aumônier de l'hôpital de Poitiers. Après avoir éprouvé sa foi et son humilité, il lui prédit qu'elle deviendrait religieuse mais, pour l'heure, il lui conseilla - de façon énigmatique - d'« aller demeurer à l'hôpital ». Le 2 février 1703, il lui remit un habit gris très simple et lui donna le nom de Marie-Louise de Jésus.
Hélas, le père de Montfort dut quitter Poitiers où sa hardiesse apostolique déplaisait. Marie-Louise resta seule et se dévoua pendant dix ans auprès des pauvres et des malades, manifestant des talents insoupçonnés de soignante et d'économe. Avec une patience infinie, elle attendait en priant que l'heure de sa vocation daignât enfin sonner.
Le moment favorable arriva en 1715 : « Partez pour La Rochelle », lui écrivit le père de Montfort, qui voulait y créer des écoles gratuites pour les fillettes nécessiteuses. Ainsi naquit la congrégation des Filles de la Sagesse « pour l'instruction des enfants et pour le soin des pauvres ». Marie-Louise en fut la première supérieure.
Mais, en 1716, le futur saint Louis-Marie Grignion de Montfort décéda subitement. Quel choc pour la cofondatrice, soudain livrée à elle-même ! Avec foi et courage, pondération et détermination, mère Marie-Louise parvint à pérenniser la congrégation naissante : elle en établit la maison mère à Saint-Laurent-sur-Sèvre (Vendée) et fonda plus de 30 écoles, hôpitaux ou maisons de charité dans tout l'ouest de la France...

Xavier Lecoeur, Saints ! 333 vies extraordinaires, Bayard.
Extrait de la revue "L'Ange Gardien", mai-juin 2020.


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  25 mai - Saint Bède le Vénérable
le père de l'Histoire anglaise


Bède, dit le Vénérable et appelé Maître Bède par Alcuin, a été proclamé docteur de l'Église en 1879. Il est aussi appelé « le père de l'Histoire anglaise » pour avoir écrit l'Histoire ecclésiastique de la nation anglaise, source importante pour l'histoire anglo-saxonne.
Saint Bède naquit vers 673, dans le royaume anglais de Northumbrie. Il passa son enfance et sa jeunesse chez les Bénédictins, d'abord au monastère de Wearmouth et puis dans l'abbaye de Jarrow où il acheva sa formation. Ordonné prêtre à trente ans et professant la Règle de saint Benoît, il ne quittera son abbaye de Jarrow que pour quelques brefs et rares voyages, « aimant toujours prier, écrire, lire ou enseigner... » selon l'idéal bénédictin « ora et labora » (prie et travaille).
Chargé, à Jarrow, de la formation des jeunes moines, Bède écrivit à leur intention des manuels pour leur apprendre d'abord le latin et la rhétorique classique, qui, à cette époque-là, étaient à la base de la culture, en tirant les exemples de la Bible et des Pères de l'Église. Puis il composa d'autres ouvrages visant surtout l'enseignement et la compréhension de l'Écriture : c'est à cette tâche qu'il consacra l'essentiel de son travail, par des commentaires des livres bibliques. Suivant la méthode des Pères de l'Église tels qu'Augustin, Jérôme et Grégoire le Grand, Bède a donné une interprétation essentiellement allégorique.
Dans la pensée du saint moine de Jarrow, l'histoire du salut se poursuit au-delà du Nouveau Testament, se prolongeant aussi dans le devenir de son pays. De même qu'il a écrit des commentaires bibliques, il rédige aussi un martyrologe et des biographies, telles celles de l'abbé saint Benoît Biscop, fondateur du monastère de Wearmouth, et de l'évêque saint Cuthbert. (...)
Saint Bède mourut sexagénaire, dans son abbaye de Jarrow, « rendit le soupir - dit une lettre de Cuthbert - sur le pavé de sa cellule, tandis qu'il chantait Gloria Patri, et Filio, et Spiritui Sancto... »

Enzo Lodi, Les Saints du Calendrier romain, Médiaspaul.
Extrait de la revue "L'Ange Gardien", mai-juin 2020.


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  9 juin - Saint Éphrem
la Harpe du Saint-Esprit


Lorsque, vers 363, le vieux diacre Éphrem arrive à Édesse (actuelle Urfa, au sud de la Turquie, près de la frontière syrienne), il y trouve des chrétiens particulièrement fervents. Évangélisée à l'aube du christianisme par l'apôtre saint Thomas, cette ville du patriarcat d'Antioche est l'héritière directe de Jérusalem.
À Édesse, Éphrem découvre aussi toute l'ampleur des controverses théologiques qui secouent la jeune Église. Il observe notamment qu'ici, dans le berceau même de la langue syriaque où on nourrit une passion pour la poésie, un gnostique, pour gagner les esprits à sa doctrine hérétique et les détourner de l'orthodoxie, enchante les fidèles par ses cantiques et ses mélodies.
Aussi Éphrem va-t-il user du même procédé que son adversaire. Il écrit avec talent des poèmes disposés en strophes sur les mystères de la Trinité, de l'Incarnation, de la Vierge Marie, des sacrements, des saints... destinés à être chantés par des chœurs. Le diacre travaille à enraciner la foi sans se préoccuper des controverses. Bientôt, toute la ville participe aux offices liturgiques qu'il propose.
Le poète, - qui sera surnommé « la Harpe du Saint-Esprit », puise les trésors de ses images dans l'Écriture ou la vie quotidienne et imprime à l'hymne liturgique un caractère qu'il conservera pendant des siècles.
Écrivain d'une rare fécondité, il écrit, en outre, des commentaires (en prose) de livres de la Bible, des discours, des lettres et des homélies versifiées. Non pas élevé dans les sciences des Grecs, celui-ci, qui ne parle que le syriaque, est néanmoins l'héritier de trois traditions culturelles fort différentes : celles de la Mésopotamie, de Jérusalem et de la Grèce. Elles trouvent en lui un point de rencontre inégalé chez les écrivains chrétiens primitifs. (...)
Très humble, il met en Dieu toute son espérance et fuit les compliments. (...) Il meurt en 373 à Édesse. Il est nommé docteur de l'Église en 1920.

Marie-Christine Lafon, « Famille chrétienne », n°1481.
Extrait de la revue "L'Ange Gardien", mai-juin 2020.


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  19 juin 2020 - Le Sacré-Cœur de Jésus
les pensées de son Cœur


Le Sacré-Cœur vient opportunément rééquilibrer notre regard sur le Christ. Comme l'écrivait le père Yves Congar (Le Christ, Marie et l'Église) : « Le Sacré-Cœur, c'est justement le Christ considéré, non pas certes comme purement homme, ce qu'il n'est d'aucune manière, mais dans son humanité sainte, dans la connaissance qu'il a de nous tous et dans l'amour avec lequel il nous regarde et nous donne tout. »
La spiritualité du Sacré-Cœur vient utilement souligner que cette humanité du Christ est bien sainte et sanctifiante ; elle n'est pas seulement l'instrument, « l'outil » par lequel la divinité agirait en notre faveur.
La liturgie de la fête du Sacré-Cœur vient à point nommé nous aider à contempler la richesse du Cœur de Jésus ; à découvrir la qualité de l'amour de Dieu pour nous : « Voici quelles sont, d'âge en âge, les pensées de son Cœur », chante l'antienne d'ouverture (cf. Ps 32). Ces « pensées », les différentes lectures vont nous les exposer : la gratuité de son amour qui nous choisit malgré notre petitesse (1ère lecture : Dt 7,6-11), la richesse de sa miséricorde : « Il pardonne toutes tes offenses et te guérit de toute maladie » (Ps 102) ; cet amour est « diffusif » de soi, il veut venir habiter chez nous : « Nous avons reconnu et nous avons cru que l'amour de Dieu est parmi nous. » (2e lecture : 1Jn 4, 7-16). La richesse de cet amour s'enracine dans la douceur et l'humilité indique encore l'évangile (Mt 11, 25-30) : « Je suis doux et humble de Cœur. »
Devant cette révélation de l'amour, bien sûr, nous sommes invités d'abord à une attitude contemplative : les yeux fixés sur Jésus, nous disons les merveilles de son amour pour nous (prière d'ouverture), mais encore sommes-nous désireux d'aimer et de faire aimer ce Sacré-Cœur en « réparant » par un surcroît d'amour et de fidélité ce grand scandale de l'indifférence ou de l'impiété des hommes devant Celui qui a donné sa vie pour nous sauver.
Enfin, comme nous y invite la prière après la communion, (...) nous avons à vivre d'une vraie charité à l'égard de tous, en écho à l'élan magnifique du Cœur du Christ pour tous...

P. Étienne Richer c.b., « Feu et lumière », n°315.
Extrait de la revue "L'Ange Gardien", mai-juin 2020.


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  24 juin - Nativité de saint Jean-Baptiste
toi, petit enfant


Saint Jean-Baptiste est fêté deux fois au cours de l'année liturgique : le jour de sa naissance terrestre, objet de la célébration de ce 24 juin, et le jour de sa « naissance au ciel » le 29 août.
Nous connaissons les circonstances de sa venue au monde par l'évangéliste Luc. Celui-ci a tenu à situer historiquement son récit en nous donnant les noms des « grands » de l'époque, pour nous dire que quelque chose d'important se préparait ; un événement bien concret en rapport avec l'histoire de l'humanité. Luc présente les parents de Jean : Zacharie le prêtre et Élisabeth son épouse. Celle-ci était stérile et avancée en âge. Un jour que Zacharie officiait dans le temple, un ange lui apparut et lui annonça la naissance inespérée.
Consacré à Dieu dès le sein de sa mère, Jean est considéré comme le dernier et le plus grand des prophètes. Il se situe à la charnière des deux Testaments. Dans son action de grâce son père annonça sa mission : Et toi, petit enfant, tu seras appelé prophète du Très-Haut, car tu marcheras devant le Seigneur pour lui préparer les voies. Jean sera le Précurseur de Jésus-Christ, c'est-à-dire celui qui court en avant, le héraut.
Jean et Jésus étaient cousins. Leur première rencontre se fit lors de la Visitation de Marie à sa cousine Elisabeth, alors que les deux enfants étaient encore dans le sein de leur mère. Retiré au désert, Jean, pour préparer le peuple à accueillir Jésus-Christ et son message, administrera un baptême de repentance (c'est la raison pour laquelle il sera appelé Baptiste). Jésus se fera baptiser par lui, alors qu'il n'avait pas de péché, mais il voudra manifester ainsi sa solidarité avec les pécheurs.
Jésus fera le plus bel éloge de son Précurseur lorsqu'on viendra le trouver en son nom, alors qu'il était en prison pour avoir eu le courage de reprocher à Hérode sa conduite scandaleuse : Parmi les enfants de la femme, dira-t-il, il ne s'en est pas levé de plus grand que Jean-Baptiste.
(...) Jean le Précurseur, parce qu'il a mené la vie au désert, est considéré, avec le prophète Élie, comme un modèle de vie monastique...

Marcel Driot, Le Saint du Jour, Médiaspaul.
Extrait de la revue "L'Ange Gardien", mai-juin 2020.


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  Avec foi

On est particulièrement attentif aujourd'hui à ce que l'on ressent, aussi bien dans les relations humaines que dans la vie spirituelle. Cela semble être le critère infaillible de l'authenticité.
L'analyse du ressenti peut avoir sa place dans une vie chrétienne, et une méthode comme celle qu'a enseignée saint Ignace donne de bons critères de discernement dans ce domaine. Cependant, il ne faut pas trop vite identifier les sens spirituels ignatiens avec ce dont on parle à tout bout de champ actuellement, en posant une main sur son estomac pour signifier qu'on le ressent au plus profond et au plus vrai de soi-même.
Deux dangers marquent une telle focalisation sur le sensible :
D'une part la mise hors-jeu de l'intelligence, souvent suspectée, notamment dans le domaine spirituel, de rationaliser à outrance, d'étouffer les mouvements de l'Esprit.
D'autre part l'individualisation : ce que je ressens ne peut être ressenti par l'autre.
Chacun dans sa sensation lance d'un air un peu absent : « Je ne peux pas te dire, mais je le sens. » Aucune communauté ne peut se construire sur de telles bases.
Les chrétiens ne sont pas étrangers à cette évolution. Méfiance à l'égard des énoncés dogmatiques et des institutions, aspiration à une démarche authentique, intérêt pour des pratiques spirituelles venant d'autres cultures alimentent ce goût généralisé pour le sensible. Il ne s'agit pas de le stigmatiser comme une déviation dangereuse, mais il faut tout de même tempérer cette évolution par une attention à ce que ne cesse d'enseigner la tradition spirituelle chrétienne : le cœur de la démarche croyante et priante, c'est la foi.
La foi nue, la confiance dans la nuit.
On ne prie pas parce qu'on sent la présence de Dieu, mais parce qu'on y croit. (...)
Ce qui porte des fruits dans la prière comme dans l'amour humain ou l'amitié, ce n'est pas tant l'émotion d'un moment que la longue fidélité.

Jean-Marie Gueullette o.p., Prier au quotidien, Presses de la Renaissance/prier, 2009.
Extrait de la revue "L'Ange Gardien", mai-juin 2020.


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  Des appréciations

J'apprécie beaucoup votre belle revue et je la fais suivre. « L'ange du charme » et les « difficultés scolaires », deux articles vraiment formidables ! 42 - Je vous souhaite beaucoup de nouveaux abonnés. 66 - Belle et bonne revue qui me réconforte à l'aube de mes 91 ans. 59 - Réabonnement à votre revue que j'aime beaucoup. 43 - Je vous remercie du fond du cœur pour vous donner autant de mal à maintenir cette petite revue. Paris 8e - Je souhaite vivement que vous puissiez continuer à propager ce bulletin, apostolat si nécessaire à notre époque ! 12 - J'ai bien aimé « l'ange du charme ». Quelle clarté et profondeur ! Cette nourriture m'apaise ! 31 - Belle petite revue. Un prêtre. 49 - J'attends toujours votre revue avec impatience. J'offre un abonnement. 67 - Atteinte de DMLA, je dois arrêter la lecture. Je règle le montant de l'abonnement que vous voudrez bien attribuer à quelqu'un d'autre. Avec mes remerciements et l'assurance que la lecture de « l'Ange gardien » m'apportait beaucoup. 30 - Merci pour votre excellente revue. 72 - J'espère que vous pourrez continuer à nous instruire. Bon courage ! 76 - Lors de l'enterrement de ma fille C.-S., j'ai lu l'extrait de Khalil Gibran « Je vivrai par-delà la mort » paru dans le n° 4.2018 de « l'Ange gardien »... C.-S. avait emporté à l'hôpital le petit calendrier de « l'Ange gardien » et récitait la prière qu'elle avait appréciée. 22 - Je suis sûre que les saints Anges ne nous abandonneront pas car cette revue leur rend hommage pour les faire connaître et aimer. 01.

Extraits de la revue "L'Ange Gardien", mai-juin 2020.


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