Association - Confrérie des saints Anges gardiens

Canoniquement érigée et affiliée à l'Archiconfrérie romaine des Saints-Anges

Extraits de la revue "L'Ange gardien"

Revue L'Ange Gardien 2020

n°1-2020 - janvier-février     n°2-2020 - mars-avril     n°3-2020 - mai-juin
n°4-2020 - juillet-août     n°5-2020 - septembre-octobre     n°6-2020 - novembre-décembre

  C’était dans « L’Ange gardien » il y a cent ans

en mars 1920

Nous sommes en Carême et nous fêtons le mois de saint Joseph. Efforçons-nous de pratiquer cette pénitence accessible à tous comme l'a pratiquée le glorieux saint Joseph.
Imitons la sérénité avec laquelle il accepte sans murmure les fatigues de son dur métier ; imitons son inaltérable patience au milieu des difficultés qu'il rencontre. Représentons-nous la joie avec laquelle il s'impose des privations pour procurer une satisfaction à son Jésus ; représentons-nous sa fidélité souriante au devoir de chaque jour et de chaque heure.
Saints Anges, obtenez-nous d'imiter saint Joseph.

en avril 1920

Nous voici aux jours bénis qui nous rappellent les grands bienfaits de Dieu : l'Eucharistie et la Rédemption.
Jésus, sachant que son heure était venue, institue cette merveille d'amour : l'Eucharistie, qui lui permet de rester toujours au milieu de nous et de nous nourrir de sa chair sacrée.
Puis il s'abandonne à la justice de son Père : agonie au Jardin des Olives, abandon par ses apôtres, flagellation, couronnement d'épines, portement de croix, crucifiement, telle a été la rançon du péché.
Attachons-nous pendant ces jours de grâces à la méditation de ces souvenirs. Rien n'est plus propre à nous inspirer l'horreur du péché et l'amour du Sauveur, sentiments qui nous prépareront à la glorieuse fête de Pâques.
Saints Anges, préparez nos cœurs à goûter saintement les joies pascales.

Extrait de la revue "L'Ange Gardien", mars-avril 2020.


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  Pur et pacifique

« Heureux les cœurs purs, car ils verront Dieu. » (Mt 5,8).
Jésus ne s'en tient pas au code de pureté légale, même s'il invite généralement à le respecter (Mc 1,43). Il ne met pas non plus à part la pureté sexuelle. Il rappelle et proclame que la véritable pureté est intérieure et qu'elle vient du cœur. « Rien de ce qui est extérieur à l'homme et qui entre en lui ne peut le rendre impur. Mais ce qui sort de l'homme, voilà ce qui rend l'homme impur. (...) Car c'est du dedans, du cœur de l'homme, que sortent les pensées perverses : inconduites, vols, meurtres, adultères, cupidités, méchancetés, fraudes, débauche, envie, diffamation, orgueil et démesure. Tout ce mal vient du dedans, et rend l'homme impur. » (Mc 7, 15. 21-23). À cette impureté pécheresse de l'homme s'oppose le « cœur pur », c'est-à-dire celui qui est habité par la simplicité de la foi et de l'amour. C'est à une conversion fondamentale du sens de la pureté qu'appelle Jésus. La pureté du cœur est la droiture d'intention fondamentale qui nous est demandée dans tout notre comportement. Jésus est l'exemple par excellence de cette pureté de cœur, lui qui sait toujours discerner le juste et le vrai, sait aussi se plier à des obligations rituelles, quand il le faut, mais sans jamais y mettre le critère sûr de la pureté.

« Heureux les artisans de paix, car ils seront appelés fils de Dieu. » (Mt 5,9).
La paix est un élément indispensable au bonheur de l'homme : quand Jésus dit à quelqu'un : « Va en paix », cela veut dire qu'il vient de le guérir ou de lui pardonner ses péchés. « Ta foi t'a sauvée. Va en paix ! » (Lc 7,50), dit-il à la pécheresse chez Simon. Bref, il lui annonce qu'il l'a « sauvée ». Jésus est présenté, surtout dans l'Évangile de Luc, comme le roi de la paix, selon la proclamation des anges au moment de sa naissance (Lc 2,14). Jésus souhaite la paix aux siens, ce qui est pour lui sa manière de leur dire bonjour. Plus solennellement, le Jésus johannique dit aux siens dans son discours d'adieux : « Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix ; ce n'est pas à la manière du monde que je vous la donne. » (Jn 14,27). Jésus, artisan du salut, est aussi par définition un artisan de paix. Pourtant cette paix est traversée par un conflit paradoxal : « Ne pensez pas que je sois venu apporter la paix sur la terre : je ne suis pas venu apporter la paix, mais le glaive. Oui, je suis venu séparer l'homme de son père, la fille de sa mère, la belle-fille de sa belle-mère : on aura pour ennemi les gens de sa propre maison. » (Mt 10,34-36). Ces versets sont répétés par Luc (12,51-53) et ils expriment quelque chose de très profond dans la mission de Jésus. Si celui-ci est venu travailler à la réconciliation de tous les hommes pour leur salut, il introduit aussi le glaive entre eux au sujet de sa personne. On se divisera dans les familles entre ceux qui l'accueillent et ceux qui le refusent. Mais ce glaive n'est pas le fait de Jésus, il est le fait de ceux qui le refuseront.

Bernard Sesboüé, s.j., Jésus. Voici l'homme, Salvator, 2016.
Extrait de la revue "L'Ange Gardien", mars-avril 2020.


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  La paix du Christ

La paix des croyants leur vient de la certitude que Dieu les aime : c'est ce que disaient les anges à Bethléem (Lc 2,14). Mais Jésus n'apporte pas la paix au monde parce que la tranquillité du monde est faite de confusions, de demi-vérités, de mauvais équilibre entre la cupidité et la crainte du risque. La paix du monde, dans la famille ou dans la société, dissimule souvent un ordre injuste imposé par les plus forts ou la médiocrité partagée par les uns et les autres. L'Évangile éveille toujours l'esprit critique, et la présence d'un seul chrétien qui vit dans la vérité suffit à inquiéter beaucoup de personnes : Jn 3,20 ; 15,18.
L'Évangile nous incite à prendre nos décisions plus librement sans tenir compte des critiques de ceux qui nous entourent, lorsque nous sommes convaincus qu'ils ne peuvent pas comprendre les valeurs évangéliques qui nous inspirent. Pensons par exemple à la jeune fille enceinte qui résiste à ses parents qui lui conseillent d'avorter. Les chrétiens ont été persécutés dans bien des pays parce qu'ils enseignaient que la loi de Dieu est au-dessus de l'autorité des parents, pourtant considérés comme l'autorité suprême. Tel était le cas à Rome dans l'antiquité et tel est le cas encore aujourd'hui dans beaucoup de pays.
D'autre part, le démon organise la persécution contre tous ceux qui se convertissent pour les effrayer et les faire revenir en arrière.

La Bible des Communautés chrétiennes, Médiaspaul.
Extrait de la revue "L'Ange Gardien", mars-avril 2020.


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  Sollicitudes (2)

J'aspire à la tendresse, plus à celle qu'on me délivre qu'à celle qui part de moi : ainsi suis-je, mon Ange ; j'attends qu'on me prouve de l'affection pour en produire moi-même.
Alors, vous ?... Dieu vous a désigné pour me garder. Vous me voyez en Lui et tenez compte de mes pensées et de mes actes, voire de mes secrets désirs, Cependant, m'aimez-vous ? M'aimez-vous plus que ceux-ci qui s'agitent autour de moi ? M'aimez-vous assez pour que je vous aime ?
Je suppose qu'il vous reste des obscurités sur mon compte. Vous ne pouvez pas tout savoir : vous seriez comme Dieu. Vous savez ce que j'en laisse paraître, avec cette naïveté dont vous souriez, et ce qui plaît à la Toute-Science de vous découvrir. Cela suffit d'ailleurs. Je ne suis pas un compliqué. Et quand je le serais ! Le plus retors des humains doit vous sembler d'une ingénuité extrême.
Eh bien ! je redouble mon interrogation : m'aimez-vous ? M'aimez-vous d'un amour dont je puisse être fier parce qu'il tient à ce qu'il y a de meilleur en moi ? Oui, je veux le croire. Cela me caresse l'âme. Cela m'élargit le cœur. Je m'épanouis à l'idée que vous nourrissez à mon égard assez d'estime pour me donner votre amitié. Je me régale de ce que notre échange ne soit pas étalée sur la place, mais demeure un secret entre nous. Le plaisir dérobé décuple la jouissance. Sans me rendre un compte exact de l'honneur qui m'échoit, je me glorifie de posséder pour moi seul un serviteur aussi magnifique que celui du plus somptueux empereur.
L'Apôtre assure que, les Temps accomplis, la Foi et l'Espérance tomberont ; seule demeurera la Charité, qui est éternelle. Voilà ce qui s'appelle tenir le bon bout, se raccrocher à la Charité. Et que commande la loi ? D'aimer le prochain comme soi-même pour l'amour de Dieu. Maxime et profonde raison de votre attachement pour moi. Nous sommes du même maître et je suis votre plus proche prochain, comme vous êtes le mien.
Quoique j'en aie, il me resterait encore des doutes, si peu démonstratif que vous êtes, au cas où la loi eût ordonné : aimez votre prochain. Pour rien. Parce que tel est le bon plaisir du législateur. Je ne pouvais alors exiger davantage. Quel surplus pouvais-je espérer de ma propre séduction ? Mais l'ordre est allé au-delà de mes espérances, il m'a placé sur le grand courant magique, sur le gulf-stream de la Charité. Voici que je baigne dans le brassement universel de l'Amour. Je suis aimé comme vous, en Dieu, et personnellement.
Je vous attends ici : pouviez-vous moins faire que l'inventeur du système ? Le premier, Il m'a aimé. Dès avant ma naissance. Cela se chante à l'église. Comment pourriez-vous faire différemment, mon Ange, sans vous détourner de la volonté de Dieu ? Dieu m'a chéri jusqu'à me donner part à sa mort et à sa vie, ce qui est infiniment plus que de planter un tuteur à ma droite. Et vous voilà contraint, de ce fait, ô merveilleuse intelligence, au plus beau sentiment qui puisse lier les hommes et les Anges.
Je suis en paix sur ce point : vous m'aimez. Et vous le faites de la seule manière qui convienne : en me voulant le plus de bien possible. De la seule façon qui convainque : dans l'étroite complicité du secret. Vous, l'ami de toutes les indulgences et des acquiescements provisoires. Quand je vous donne du déplaisir, vous attendez mon repentir ; vous ne me blessez pas de remontrances ni de reproches. D'une touche ineffable, vous me signifiez à quel point j'ai trahi votre attente en trahissant celle de Dieu. Je reviens docile, tête basse, comme le chien au signe du chasseur. Souvent, je l'avoue, je fais la sourde oreille. Parfois aussi je m'étonne ; car je sais feindre, vivant en société. Jeux puérils qui ne trompent que moi. Il m'arrive aussi d'être sourd de bonne foi : il y a tant de bruits dans mes intérieurs, tant de causes de distraction au dehors ! Le mal du monde est double : le mensonge et le tapage. Il se rend vite indispensable à qui n'est pas prévenu du danger. On en arrive à se jeter dessus comme un affamé sur le pain. On se nourrit de sons et de mondanités ! Nos foies délabrés nous donnent l'impression d'un vide permanent ; la fringale nous tiraille. Personne ne sait plus ce qu'est une nourriture saine : les hommes faute de temps, les femmes faute de goût.
J'aimerais à m'entretenir en moi, dans le silence, à créer dans mon âme cette paix, repos de l'ordre, qui attire Dieu en calmant le désir. On a inventé des mécaniques qui nous dévorent. Maintenant, on se plaint, car on sent approcher la folie ; mais il est bien tard. Une partie de la race a déjà sombré dans la frénésie.
Le philosophe Louis Lavelle a écrit : « Le silence met en rapport avec Dieu comme la parole avec les autres hommes. » Mais notre mal est d'avoir tant accordé aux bavardages qui n'est plus resté de répit pour Dieu. Dès l'instant où je me lève jusqu'à mon coucher, toutes mes secondes sont prises...

Yves-Marie Rudel, Dialogues avec l'ange gardien, Éditions Fleurus, 1958.
Extrait de la revue "L'Ange Gardien", mars-avril 2020.


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  L'ange danseur

La danse efface la séparation entre le corps et l'âme, la pensée et le sentiment, entre l'instant et les idées qui errent au loin. La danse nous conduit dans le présent, dans le corps, dans le pas immédiat ; le suivant est tout. Se concentrer sur le prochain pas qu'il va falloir faire gomme le morcellement du temps et nous plonge dans le présent. Et lorsque nous sommes ainsi pleinement avec et en nous-mêmes, nous sommes très proches du rabbi juif dont la tradition hassidique raconte qu'il dansait si intensément qu'avec chaque pas, il accomplissait de saintes unions avec le divin.
Les mystiques affirment que les anges dansent l'éternelle danse de Dieu. Dans mon quotidien terrestre, j'aurais bien besoin de l'ange danseur qui m'aiderait à me mettre en mouvement, afin d'oublier tout ce qui est figé et pèse en moi et autour de moi, et m'inviterait à partager la légèreté céleste, délierait tous les liens qui m'enchaînent pour me conduire à ne faire qu'un avec moi-même et avec la Création.
Dans leurs danses rituelles, les Indiens entendent se mettre à l'unisson des vibrations qui maintiennent en mouvement la Création. On raconte qu'un chef de tribu se mettait à danser dès qu'il sentait en lui les bienfaits des rayons du soleil. Nous aussi, parfois, nous éprouvons le besoin de danser dans le soleil ou sous la pluie. C'est une façon d'exprimer le désir de nous unir à la Création. Mais nous avons « désappris » cette danse spontanée qui nous fait oublier tout et, en même temps, nous unit avec tout ce qui existe. Il nous faut alors l'ange danseur qui va nous prendre par la main et danser avec nous. Il ne va rien nous enseigner ; seulement nous entraîner à participer à la grande danse des anges. Pour les Pères de l'Église, le Christ, dans la ronde céleste, mène lui-même cette danse que les anges veulent exécuter avec nous, la danse de l'amour, la danse de la Création, celle qui nous conduit au-delà de toutes les choses terrestres, qui nous conduit hors du temps, et nous invite à prendre part, ici-bas déjà, à son mouvement, au pur instant d'éternité.

Anselm Grün, o.s.b., L'ange de simplicité, Salvator, 2015.
Extrait de la revue "L'Ange Gardien", mars-avril 2020.


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  Une question

Peut-on faire des reproches à son ange gardien ? La mission première de l'ange gardien est de nous conduire à « bon port », à la rencontre avec le Dieu vivant. Il est « ministre de la sollicitude divine pour chacune et chacun. » (Benoît XVI), tant spirituellement que matériellement.
Dès lors comment concilier cette compréhension du rôle de l'ange gardien avec les ennuis et même les tragédies de la vie ? On voit par exemple un ange qui délivre les Apôtres de leur prison (Ac 5,19) ; même chose pour Pierre (Ac 12,7-11). Pourtant, ces anges n'empêcheront pas le martyre des uns et des autres, au temps de Dieu.
Il faut dire que l'ange voit et vise avant tout la finalité, notre vocation ultime, notre sainteté. En ce sens, nos anges gardiens participent activement au combat spirituel « contre les Dominateurs de ce monde de ténèbres, contre les esprits du mal qui sont dans les régions célestes » (Ep 6,12).
Saint Padre Pio est pourtant abandonné par son ange gardien au moment d'un terrible combat contre le Malin : « Je le grondais sévèrement de s'être fait attendre aussi longtemps alors que je n'avais pas cessé de l'appeler au secours. Pour le punir, je ne voulais plus le regarder en face, je voulais le fuir... Mais lui me rejoignit presque en pleurs. Il me saisit jusqu'à ce que je lève les yeux, je le regardai en face et le trouvais très fâché. » Et l'ange d'expliquer à Padre Pio qu'il avait reçu des consignes du Seigneur pour agir ainsi, tout en le rassurant : « Je suis toujours près de toi, mon cher petit, je t'entoure toujours d'affection. »
À la lumière de cette finalité - la vie éternelle -, il faut regarder les contrariétés déconcertantes et les épreuves crucifiantes de l'existence. A cette fin, l'ange peut parfois agir « virilement ». Celui de sainte Françoise Romaine la gifla vivement, alors qu'elle était à table dans un repas mondain en train de médire d'une personne ! Tout le monde entendit le claquement du soufflet et vit la marque rouge sur la joue de Françoise ! Notre ange ne va donc pas nous éviter certaines épreuves de croissance spirituelle. Cependant, il priera, pour nous et nous accompagnera au cours du combat...

P. Nicolas Buttet, s.j., « Famille Chrétienne », n° 2020.
Extrait de la revue "L'Ange Gardien", mars-avril 2020.


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  Des ennemis très puissants

Nous avons des ennemis très puissants, très méchants et plein de ressources, c'est-à-dire les démons (...). Sur leur nature et sur leur distinction, il y aurait beaucoup de choses à dire ; je le laisse à de plus habiles que moi et me contenterai de vous faire connaître maintenant ce qu'il est nécessaire que vous sachiez, pour ne pas ignorer les ruses dont ils se servent pour nous tromper et pour nous perdre. Sachez donc que ces ennemis irréconciliables des hommes, voyant que tous les chrétiens, et particulièrement les solitaires, s'avancent dans la vertu par les travaux qu'ils souffrent avec tant de joie, ils commencent à les attaquer par des tentations mettant des obstacles sur le chemin ; et ces obstacles sont les mauvaises pensées qu'ils leur inspirent ; mais il ne faut pas s'étonner, ni craindre leurs menaces, puisque les jeûnes et la foi en Jésus-Christ ont le pouvoir de les terrasser à l'heure même. Ils ne perdent pas néanmoins courage en se voyant vaincus, et reviennent soudain avec encore plus d'effort et de finesse.
Car, voyant qu'ils ne peuvent ouvertement porter notre cœur à l'amour des voluptés sales et impudiques, ils nous attaquent par une autre voie et s'efforcent de jeter la terreur dans notre esprit par les fantômes qu'ils nous font voir, en se transformant et prenant des figures de femmes, de bêtes farouches, de serpents, de géants, et d'une grande troupe de soldats. Mais toutes ces visions ne sont pas plus à craindre que le reste, puisqu'elles s'évanouissent soudain, principalement lorsque nous nous armons de la foi et du signe de la croix (...). Mais si nous sommes fidèles, nous ne craindrons point ses tromperies et n'ajouterons aucune foi à ses paroles, sachant que c'est un menteur, et qui ne dit jamais rien de véritable (...). N'appréhendons point ces fantômes dont il se sert pour nous épouvanter, puisque ce ne sont que de vaines illusions qui n'ont rien du tout de véritable. Car les lumières qu'il nous fait paraître sont fausses et ne sont que les avant-coureurs et les images des feux qui lui sont préparés pour l'éternité...

Saint Athanase, Vie de saint Antoine.
Extrait de la revue "L'Ange Gardien", mars-avril 2020.


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  14 mars - Sainte Mathilde
la sainteté par le mariage


De son union avec Henri, futur roi de Germanie, Mathilde (vers 890-968) sut faire un véritable chemin de sainteté. Juillet 936 : Henri Ier, roi de Germanie, se meurt dans sa résidence d'été de Memleben. Avant de rendre l'âme à Dieu, le roi s'adresse ainsi à son épouse Mathilde : « Ô toi qui fus toujours pour nous la plus fidèle et à juste titre la plus aimée, nous rendons grâce à Dieu qu'Il te laisse nous survivre. Nul ne s'est uni à une femme plus ferme dans la foi et plus digne d'éloge dans l'exercice du bien. Sois remerciée d'avoir patiemment apaisé nos colères, donné en toute chose un conseil utile. » Ce tendre hommage illustre la beauté et la force du lien conjugal qui, vingt-sept années durant, avait uni les deux époux.
Le mariage entre Henri, fils du duc de Saxe, et Mathilde, issue d'une illustre famille de Westphalie, avait été célébré en l'an 909. Avec Henri, Mathilde avait gravi toutes les étapes du pouvoir jusqu'à devenir reine de Germanie en 919. Mais, précise aussitôt l'un de ses biographes, « l'heureuse épouse du roi victorieux ne se laissa pas éblouir par les magnificences de la terre, et loin de se guider par l'orgueil, n'eut en vue que le service de Dieu ». Pieuse et humble malgré ses richesses et ses occupations, Mathilde fit preuve, avec son époux, d'une grande générosité envers l'Église et envers les pauvres. De nombreux monastères et hôpitaux furent construits à leur initiative. Le couple, très uni, eut cinq enfants, dont Otton, futur empereur du Saint Empire romain germanique.
La mort du roi, en 936, constitua donc pour Mathilde, une lourde épreuve, à laquelle vint s'ajouter l'attitude subitement hostile de deux de ses fils qui l'accusèrent de dilapider l'argent du royaume au profit des plus démunis. Meurtrie et dépouillée de sa fortune, Mathilde se réfugia dans un couvent. Mais, peu à peu, par ses prières, sa patience et son esprit pacifique, elle amena ses deux fils à se repentir et à se réconcilier avec elle. À sa mort, Mathilde fut enterrée, à sa demande, aux côtés de son mari, dans le monastère de Quedlinburg qu'ils avaient fondé ensemble.

Xavier Lecoeur, « La Croix », n° 39223.
Extrait de la revue "L'Ange Gardien", mars-avril 2020.


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  25 mars - Annonciation du Seigneur
l'annonce faite à Marie


Nous fêtons l'annonce d'une naissance extraordinaire faite à Marie par l'ange Gabriel. En ce jour, Marie apprend qu'elle a trouvé grâce auprès de Dieu et qu'elle va enfanter un fils qui sera saint et appelé Fils de Dieu. C'est la fête de l'Incarnation de Dieu qui se fait homme en prenant chair de Marie, la Vierge immaculée. Cette fête est donc autant une fête en l'honneur du Seigneur Jésus Christ que de sa mère, la Vierge Marie. On le perçoit à travers les changements de nom dont elle a fait l'objet : d'abord fête de l'Annonciation du Seigneur, elle prit le nom d'Annonciation de la Vierge Marie, puis retrouva son nom d'origine d'Annonciation du Seigneur lors de la réforme liturgique de Vatican II en 1969.
« L'ange entra chez elle et dit : Je te salue, Comblée-de-grâce, le Seigneur est avec toi. À cette parole, elle fut toute bouleversée. » (Lc 1,28-29). Mais elle ne doute pas des paroles de l'ange. Elle demande simplement une précision : « Comment cela va-t-il se faire ? » (Lc 1,34). L'ange lui donne alors un signe : sa cousine Élisabeth, femme de Zacharie, prêtre officiant dans le Temple, attend un enfant alors qu'elle est considérée comme stérile et qu'elle et son époux sont déjà âgés. Et l'ange ajoute : « Rien n'est impossible à Dieu. » (Lc 1,37). Alors, dans une confiance totale, Marie dit : « oui » et se met aussitôt au service de Dieu : « Voici la servante du Seigneur ; que tout m'advienne selon ta parole. » (Lc 1,38). Elle est tout entière tournée vers son Seigneur. Il n'y a plus que faire sa volonté qui compte. Elle s'offre totalement à Lui dans une abnégation totale pour le laisser œuvrer en elle. Le fruit de cet amour total, l'union du Ciel et de la terre, sera l'Enfant Jésus qui représente l'homme nouveau, homme et Dieu à la fois, la nouvelle humanité reconnectée au divin.
La lecture de ce texte nous fait comprendre l'importance du « oui » de Marie. Toute l'histoire du salut de l'humanité est suspendue à la réponse de Marie.

Edith Mommeja, Les fêtes chrétiennes, Éditions des Béatitudes.
Extrait de la revue "L'Ange Gardien", mars-avril 2020.


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  30 mars - Saint Jean Climaque
le moine aux trois surnoms


Ce Jean est un « Père du désert ». Le surnom qui lui a été donné : « Climaque », vient du titre d'un ouvrage célèbre dans le monachisme ancien, considéré de nos jours comme un classique, et dont il est l'auteur : L'Échelle du Paradis, Climaque, en grec, signifiant « Échelle ». On l'a aussi appelé « le scolastique », à cause de sa grande érudition, et le Sinaïte parce qu'il vécut au mont Sinaï et fut supérieur du monastère qui porte ce nom.
Né vers la fin du 6e siècle, c'est à l'âge de seize ans que Jean quitta sa famille, très chrétienne. Il se forma à la vie solitaire auprès d'un Ancien. On ne saurait parler d'un apprentissage accéléré, puisque ce noviciat dura dix-neuf ans ! La suite montra qu'il avait porté ses fruits. A la mort de son maître, Jean Climaque s'établit non loin du Sinaï. Selon la coutume des Pères du désert, il se rendait une fois par semaine à l'église pour l'Eucharistie. Les autres jours, il s'adonnait au labeur ascétique, à la prière et au travail manuel. Il fit ainsi longtemps.
Il était déjà avancé en âge lorsque les moines du monastère du mont Sinaï lui demandèrent de devenir leur supérieur. Il accepta, voyant là la volonté de Dieu. C'est à cette époque, qu'à la demande d'un autre abbé du voisinage, il rédigea l'ouvrage dont il est fait mention plus haut. Ce livre, qu'il qualifia ensuite, avec humilité, d'ébauche, est encore considéré de nos jours comme une véritable somme de spiritualité monastique ; il a valu à son auteur une place éminente dans l'Église d'Orient, sinon la première, parmi les docteurs mystiques.
Jean Climaque gouverna un temps le monastère du Sinaï. Puis, après avoir désigné un autre supérieur, il retourna dans la solitude. C'est là qu'il mourut, à une date non précisée, mais probablement après 649. En plus de L'Échelle du Paradis, il a laissé d'autres ouvrages de spiritualité moins célèbres. Ses œuvres pénétrèrent plus tard en Occident, et contribuèrent à nourrir la vie spirituelle des moines de l'Église catholique...

Marcel Driot, Le Saint du Jour, Médiaspaul.
Extrait de la revue "L'Ange Gardien", mars-avril 2020.


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  10 avril 2020 - Vendredi Saint
2e mystère douloureux


« Quant à Jésus, il le fit flageller, et il le livra pour qu'il soit crucifié. » (Mt 27, 26). Pilate s'était pourtant engagé à plusieurs reprises à relâcher Jésus, certes non sans l'avoir châtié, c'est-à-dire soumis au supplice de la flagellation : « En somme, cet homme n'a rien fait qui mérite la mort. Je vais donc le relâcher après lui avoir fait donner une correction ». (Lc 23,15-16). Sauf que le procurateur romain eut soin de se laver les mains en présence de la foule, en disant : « Je suis innocent du sang de cet homme : cela vous regarde ! » (Mt 27,24). Par la suite, il n'est plus question de relâcher l'Innocent, mais de le livrer à la crucifixion dont la flagellation ne sera donc que le châtiment préliminaire. La lâcheté humaine est toujours laide, mais que dire de celle d'un homme public dont pâtissent des peuples entiers ? Pilate, parfaitement conscient de l'innocence du condamné, se devait d'imposer sa propre sentence, en suivant sa conscience et en assumant le devoir de sa charge en conséquence. Il n'en eut pas le courage et s'en remis à la vindicte populaire. En se lavant les mains, s'inspire-t-il peu ou prou du geste prescrit aux anciens par le livre du Deutéronome (21, 6) pour attester de ne pas avoir pris part au meurtre d'un homme innocent trouvé mort ?
Quoi qu'il en soit, la flagellation sans mesure qui s'ensuivit eut lieu également en public, devant le palais du prétoire, au vu et au su de tous. Si bien que Marie, sa mère, et sans doute Jean et quelques saintes femmes se trouvaient sûrement là, quelque part, dans un coin du parvis. Marie a ressenti chacun des innombrables coups infligés à Jésus dans une douleur indicible que, seule, la force inouïe de l'offrande, unie à celle du Rédempteur, lui permit de supporter, non sans verser, sans doute, des larmes mêlées de sang. (...)
Le rosaire, écrivait le pape Léon XIII, « nous fait marcher sur la route que le sang du Christ et les larmes de Marie ont consacrée. (Magnae Dei Matris). Corps du Christ, flagellé pour nous, Sang du Christ, versé pour nous, nous t'adorons.

P. Étienne Richer c.b., « Feu et lumière », n°315.
Extrait de la revue "L'Ange Gardien", mars-avril 2020.


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  I7 avril - Sainte Kateri Tekakwhita
une sainte amérindienne


...Les membres du peuple de Dieu, ceux qu'on appelle les fidèles, ont toujours besoin de nouveaux modèles qui correspondent aux besoins de notre temps. Kateri, bien sûr, est la première sainte autochtone d'Amérique du Nord. Saint Jean-Paul II, lors de son passage au sanctuaire des Martyrs canadiens à Midland en Ontario en 1984, a utilisé une image puissante en affirmant que « le Christ, par les membres de son Corps (le Peuple de Dieu) est lui-même indien ». Kateri, sainte autochtone, c'est important et cela représente un grand motif de fierté pour les Premières Nations. Mais, au-delà de la notion géographique et culturelle, que peut-on retenir de la vie et de la sainteté de Kateri ?
Morte de la tuberculose à 24 ans, Kateri est la fille d'un père mohawk et d'une mère algonquine convertie au catholicisme. Orpheline à quatre ans, adoptée par un chef réfractaire au christianisme, Kateri vivra bien des déchirements, des persécutions, des dangers. Elle ne reniera pourtant jamais son appartenance. Obligée de fuir les comportements agressifs de son entourage et de s'exiler dans la mission de Saint-François-Xavier, près de Ville-Marie (ancien nom de Montréal), Kateri garde le cap et respecte ce qu'elle ressent au plus profond d'elle-même, cet amour brûlant du Christ qui l'habite et la guide. « Elle a dû s'exiler pour survivre, devenant ainsi solidaire de tous les réfugiés, persécutés, exclus » (Jacques Gauthier)... Kateri, solidaire des marginalisés, voilà un premier lien avec notre société qui en compte son lot.
Ne peut-on aussi établir un parallèle avec toutes les personnes immigrantes qui viennent s'installer au pays, remplies d'espérance, mais aussi très désireuses de ne pas renier leurs origines et leur culture ? Kateri peut servir de modèle et d'inspiration pour discerner, entre toutes les tendances qui s'ouvrent, le juste chemin pour demeurer fidèle à ce que l'on porte. Encore plus largement, son authenticité et sa fidélité à l'amour du Seigneur en font une inspiration pour tous ceux qui cherchent leur chemin et sont désorientés dans un contexte de vie, qui exige plus d'autonomie et de sens des responsabilités qu'auparavant.

Sylvie Bessette, « L'Oratoire », vol. 102, n°1.
Extrait de la revue "L'Ange Gardien", mars-avril 2020.


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  19 avril 2020 - 2e dimanche de Pâques - Dimanche de la Miséricorde
la foi de Thomas


Thomas, qui ne se trouvait pas avec les autres apôtres lorsque Jésus vint pour la première fois au Cénacle, n'arrive pas à croire et met des conditions pour croire. Il dit en effet : « Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, si je ne mets pas mon doigt dans la marque des clous, si je ne mets pas la main dans son côté, non, je ne croirai pas ! »
Thomas demande à pouvoir reconnaître le Seigneur aux signes de la Passion. En cela il était bien inspiré : le Christ ressuscité se reconnaît bien aux signes de sa Passion. La Résurrection n'a pas aboli la Passion. Elle est une glorification mais ne supprime pas tout ce que Jésus a souffert auparavant. Au contraire, elle met en lumière la Passion, en montrant toutes les séquelles et en en manifestant toute la valeur.
Elle nous fait comprendre que la Passion qui semblait une défaite est en réalité une merveilleuse victoire : la victoire de l'amour généreux. Jésus s'est livré à la mort pour nous avec un amour infini et il a obtenu ainsi la victoire de la Résurrection. (...)
Jésus ressuscité accède à la demande de Thomas. Après huit jours, il retourne au Cénacle, prend place au milieu des disciples et dit : « La paix soit avec vous ! » pour la troisième fois. Il dit ensuite à Thomas : « Avance ton doigt ici, et vois mes mains ; avance ta main, et mets-là dans mon côté : cesse d'être incrédule, sois croyant. »
À cet instant, Thomas accueille la foi en son cœur, une foi complète, parfaite. Il dit à Jésus : « Mon Seigneur et mon Dieu ! » Il n'y a pas dans l'Évangile une expression de foi plus forte que celle-là. Thomas ne reconnaît pas Jésus seulement comme son Seigneur, mais comme son Dieu. Pierre avait déjà affirmé sa foi en Jésus lui donnant le titre de « Christ, le Fils du Dieu vivant ! » (Mt 16,16). Thomas reconnaît, lui, que cette dignité filiale implique une véritable divinité de Jésus.
Jésus affirme alors : « Parce que tu m'as vu, tu crois. Heureux ceux qui croient sans avoir vu. » (...) La vie de Jésus ressuscité nous est communiquée par le moyen de la foi.

Cardinal Albert Vanhoye s j., Les lectures bibliques des dimanches, Année A, Artège.
Extrait de la revue "L'Ange Gardien", mars-avril 2020.


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  Comme des pécheurs

Durant le carême, la liturgie nous appelle à la conversion.
En réaction contre une pastorale qui fut sans doute marquée par l'insistance sur le péché et la culpabilité, beaucoup de chrétiens sont aujourd'hui mal à l'aise avec ces notions, jusqu'à les évacuer totalement de leur démarche de croyants.
Comment la prière peut-elle se développer en situant de manière juste le péché ?
Il n'est possible de se détacher d'un aspect difficile de notre vie, mal subi comme mal commis, que si nous osons d'abord le regarder en face. Se détacher n'est pas fuir ou dénier les zones sombres ou troubles de notre itinéraire ou de notre manière de vivre.
Comme à ski, la conversion est retournement, changement radical de direction parce que l'on a identifié l'impasse dans laquelle la démarche précédente menait. Impasse pour moi, souffrance pour les autres, perturbation ou rupture de ma relation avec Dieu : ce qui est de l'ordre du péché ne conduit pas à la vie, mais apporte à mon désir des réponses frustrantes et sans avenir.
Il me faut le reconnaître, arrêter d'argumenter, cesser de me convaincre de mon incapacité à vivre autrement, arrêter de considérer que le mal vient toujours de l'autre.
« Contre toi, Seigneur, j'ai péché », dit le Psaume 50.
S'il faut identifier le mal dans notre vie, il est tout aussi nécessaire de ne pas s'arrêter là, de ne pas se laisser fasciner par lui.
Dans sa prière, le pécheur ne doit pas regarder son péché, mais Dieu, qui est seule source de vie. Il ne doit pas mettre entre lui et Dieu des conditions, des étapes ou des seuils, car Dieu n'en met pas. (...)
Le temps de carême est l'occasion de retrouver Dieu au présent. Dès que je prends conscience de ce qui ne va pas dans ma vie, il me faut m'en détourner pour me tourner vers Dieu, aussi radicalement que possible, là, tout de suite, sans me laisser paralyser par la question de savoir ce qui se passera ensuite.
Ne passons pas notre carême à nous frapper la poitrine, mais à nous retourner inlassablement vers Dieu.

Jean-Marie Gueullette o.p., Prier au quotidien,Presses de la Renaissance/prier.
Extrait de la revue "L'Ange Gardien", mars-avril 2020.


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  Le devoir d'état

« Un certain nombre de jeunes, enthousiastes et généreux, se donnent à fond dans des tâches bénévoles qui mangent la plus grande partie de leurs loisirs. Je m'en réjouis, explique un père de famille. Mais, poursuit-il, où je ne suis plus d'accord, c'est lorsque ces activités se mettent à déborder largement sur le temps qui devrait être réservé au travail scolaire ou universitaire ! Que l'un de nos fils soit chef scout et que sa sœur se dépense sans compter pour la préparation des Journées Mondiales de la Jeunesse, parfait ! Mais j'entends bien que cela ne les empêche pas de préparer sérieusement leurs examens. Après tout, c'est là leur premier devoir, leur devoir d'état ! »
L'expression « devoir d'état » peut sembler passablement désuète. Elle désigne pourtant une vérité toujours actuelle : chacun de nous, en fonction de son état de vie, est appelé à remplir certaines tâches prioritaires, qui passent avant les loisirs ou même des engagements qui, pour n'être pas secondaires, n'en sont pas moins seconds. Ainsi, le devoir d'état des parents est l'éducation des enfants : ce n'est pas leur seule mission, mais elle passe avant les autres activités, si louables soient-elles.
Pourquoi cette notion de « devoir d'état » est-elle importante ? « Parce que je veux que mes enfants préparent sérieusement leur avenir », répondrait peut-être le père de famille que nous citions plus haut. C'est une bonne raison. Mais, à la réflexion, ce n'est pas la véritable raison, la justification profonde de ce « devoir d'état » qui peut apparaître comme un empêcheur de danser en rond ou, plus exactement, comme un frein à la générosité, à l'enthousiasme. « Des diplômes ? Il n'y a pas que ça dans la vie ! S'engager au service des autres ou pour l'évangélisation, c'est au moins aussi important ! » : voilà ce que les jeunes ont souvent envie d'opposer au « devoir d'état ».
« Les diplômes, il n'y a pas que ça dans la vie ! » c'est vrai. Reste que les parents ont raison d'exiger de leurs enfants qu'ils travaillent sérieusement. Mais pourquoi ? Si c'est pour « réussir dans la vie », au sens d'une réussite matérielle - beaucoup d'argent, une grosse voiture - on comprend que ça ne motive guère des jeunes épris d'absolu... et que ça ne suffise pas à secouer l'inertie d'autres jeunes moins idéalistes, peu soucieux de se fatiguer à faire des études qui, pensent-ils, ne les empêcheront pas d'aboutir à Pôle emploi.
Quel est le sens de notre vie 7 Là est la vraie question. Car tous nos « devoirs » n'ont pas de valeur qu'en fonction de ce but ultime. Si, dans la foi, nous comprenons que Dieu est, finalement, le seul but de notre vie, cela va nous conduire à agir en fonction d'un seul critère : la volonté de Dieu. Pour reprendre l'exemple des études, l'Évangile ne nous demande pas d'arriver au Ciel bardés de diplômes, mais il nous demande incontestablement de faire fructifier les talents que Dieu nous a donnés, pour les mettre au service de nos frères.
Comme discerner la volonté de Dieu ? Parfois, nous nous disons que les choses seraient bien simples si Dieu nous indiquait clairement ce qu'Il attend de nous, un peu à la manière des panneaux indicateurs qui nous montrent la route à suivre. Et si c'était nous qui ne savions pas voir les panneaux en question ? Peut-être est-il nécessaire, pour discerner la volonté de Dieu de commencer par ouvrir les yeux ? Comment savoir quel est notre « devoir d'état », si nous jugeons tout d'après nos seuls critères, si nous n'ouvrons jamais l'Évangile, si nous ne prions pas, si nous refusons de nous mettre à l'écoute de l'Église ? Comment voir clairement ce qu'indiquent les panneaux indicateurs, si notre regard est brouillé par les richesses auxquelles nous sommes cramponnés, par les pardons que nous refusons de donner ou de demander ?
Le « devoir d'état » est un appel quotidien à répondre à l'amour de Dieu. Quand un jeune forme de grands projets, ne le freinons pas dans ces ambitions qui sont peut-être vocation. Mais aidons-le à découvrir qu'une maison se bâtit en commençant par les fondations et en posant les pierres l'une après l'autre, chacune à sa place...

Christine Ponsard, La Foi en famille, Éditions des Béatitudes, 2004.
Extrait de la revue "L'Ange Gardien", mars-avril 2020.


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  Des appréciations

Je lis votre revue avec empressement et plaisir. Je l'apprécie beaucoup. Elle m'apporte du courage et de la joie. 59 - Cette revue très belle. 73 - Cette si douce petite revue présente dans mon cœur et mon esprit ... Je suis émerveillée par tout ce que vous assumez et je vous admire. 22 - J'espère que vous pourrez continuer votre revue si enrichissante. 20 - La belle revue que nous aimons lire et relire. 12 - Ma fille aime beaucoup votre revue qui l'aide dans son handicap (trisomie) : ne la privez pas. 78 - Votre revue nous rappelle combien nos saints Anges sont importants. 12 - Je diffuse 100 calendriers avec toujours le même plaisir de faire connaître cette merveilleuse prière. 56 - J'ai fortement hésité à me réabonner... Mais on ne résiste pas à « l'Ange gardien ». 78 - « L'Ange gardien » me soutient dans ma foi et dans la prière. 66 - Revue remarquable : elle nous aide à vivre. 30 - Revue toujours très bien écrite, surtout de beaux poèmes et lectures sur le monde d'aujourd'hui. 71 - Cette belle revue me réconforte et me soutient dans la foi. 12.

Votre revue m'apporte beaucoup spirituellement. 34 - Les témoignages m'apportent réconfort moral et confiance qui nous sont nécessaires en ces jours si difficiles que nous vivons. 12 - Merci pour cette magnifique revue que je reçois et lis avec tant de joie, que je lis d'autant plus attentivement maintenant que mon mari est parti rejoindre la Maison du Père. 07 - Merci pour votre bulletin qui est toujours si instructif. 88 - J'ai aimé l'article « Vieillir sous le regard de Dieu. ». 56 - Nous sommes de tout cœur pour la poursuite de votre œuvre, pour tout ce que vous donnez de vous-même ainsi que votre entourage, et recevez notre meilleur soutien. 69 - J'ai tellement besoin de votre revue. 59 - Que Marie vous bénisse pour votre belle œuvre ! 92 - Revue appréciée depuis longtemps. 40 - Revue qui, j'espère, ne disparaîtra jamais. 53.

Extraits de la revue "L'Ange Gardien", mars-avril 2020.


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