Association - Confrérie des saints Anges gardiens

Canoniquement érigée et affiliée à l'Archiconfrérie romaine des Saints-Anges

Extraits de la revue "L'Ange gardien"

Revue L'Ange Gardien 2019

n°1-2019 - janvier-février     n°2-2019 - mars-avril     n°3-2019 - mai-juin
n°4-2019 - juillet-août     n°5-2019 - septembre-octobre     n°6-2019 - novembre-décembre

  Prions les uns pour les autres

Dans la supplication et l'action de grâce, joignons nos prières à celles des correspondants de l'Association.


Revue de l'Association L'Ange Gardien

  C’était dans « L’Ange gardien » il y a cent ans

en mars 1919

Pour aider notre dévotion pendant ces jours bénis du mois de mars consacré à saint Joseph :
I. - Déterminons à l'avance les grâces que nous désirons obtenir durant ce mois, et dirigeons vers cette fin nos prières, nos actions et nos souffrances.
II. - Proposons-nous l'acquisition d'une vertu en particulier, et efforçons-nous d'en produire chaque jour des actes, en l'honneur et en imitation de saint Joseph.
III. - Imposons-nous quelques mortifications. Voici les meilleures :
   1° Se lever, s'il se peut, à une heure réglée ;
   2° Se bien pénétrer de la présence de Dieu avant les prières, afin de les faire avec respect et sans précipitation ;
   3° Ne pas se dispenser à la légère de pénitences de l'Église ;
   4° Ne rien prendre entre les repas ;
   5° Remplir soigneusement les devoirs de son état ;
   6° Ne rester jamais oisif.
IV. - Préparons-nous à la fête de saint Joseph par une neuvaine de prières qui sera clôturée par une fervente communion.

en avril 1919

Avons-nous compris les enseignements divins que le saint temps du Carême met sous nos yeux ? Avons-nous essayé avec bonne volonté, au prix de généreux efforts, de devenir meilleurs ? Avons-nous fait et faisons-nous pénitence ?
Et dans nos pénitences, avons-nous pensé à être apôtres ? L'âme fervente qui compatit vraiment aux souffrances de Jésus Crucifié offre quelques pénitences pour le salut du prochain.
Bien des âmes sont hésitantes pour remplir le grand devoir du moment, le devoir pascal. Quelques mortifications, quelques actes de renoncement leur obtiendraient la grâce efficace qui les amènerait à la Table Sainte : nous les offrirons avec générosité.
Saints Anges, faites-nous aimer l'aumône spirituelle.

Extrait de la revue "L'Ange Gardien", mars-avril 2019.


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  Au jugement de ses adversaires

La vie de Jésus s'est déroulée dans le climat d'un conflit assez constant avec les pharisiens, les scribes, les Hérodiens et aussi les saducéens, qui lui posaient des questions-pièges, le guettaient sans cesse dans l'espoir de le trouver ou de le mettre en défaut. L'objet du débat concernait toujours la question de l'observance de la Loi, vis-à-vis de laquelle ses adversaires estimaient qu'il prenait trop de libertés. Ne nous étonnons pas que les griefs apportés soient de l'ordre du culte et du rite. On ne voit rien qui toucherait aux exigences de la loi naturelle fondamentale.
Le grand reproche fait à Jésus par ses adversaires tout au long de son ministère concerne le sabbat et les entorses que Jésus se permettait en guérissant le jour du sabbat. Jésus leur répond : « Le sabbat a été fait pour l'homme et non l'homme pour le sabbat, de sorte que le Fils de l'homme est maître même du sabbat » (Mc 2, 27-28 ; Mt 12, 8 ; Lc 6, 5). Ce verset exprime une prétention très forte de l'autorité de Jésus, qui refuse de considérer cette loi comme une sorte de tabou qui s'imposerait en toute circonstance. Il y a des choses plus importantes que le sabbat et Jésus, qui se présente ici comme le « Fils de l'homme », estime avoir autorité pour discerner les cas où la loi du sabbat doit céder devant des exigences plus graves. Il justifie ainsi ses disciples d'arracher et de broyer des épis de blé un jour de sabbat, parce qu'ils ont faim, en prenant en exemple David Lui-même et ses compagnons qui dans une situation analogue mangèrent des pains de proposition, alors qu'ils n'en avaient pas le droit. Aussitôt après ce dialogue l'Évangile de Marc nous raconte l'incident où Jésus guérit délibérément un homme à la main paralysée un jour de sabbat, après avoir posé la question : « Ce qui est permis le jour du sabbat, est-ce de faire le bien ou faire le mal, de sauver un être vivant ou de le tuer ? » (Mc 3, 4), et s'être irrité de l'endurcissement de leur cœur. Ce geste attise déjà chez ses adversaires un projet de mort…

Bernard Sesboüé, s.j., Jésus. Voici l'homme, Salvator, 2016.
Extrait de la revue "L'Ange Gardien", mars-avril 2019.


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  L'Annonciation

Comme la fleur qui s'ouvre
Aux rayons du soleil
Ton âme s'est ouverte
À l'appel du Seigneur

Devant toi, ô Marie,
Quand l'ange s'inclina
Il recueillit le « Oui »
Que ton cœur murmura

Comme le papillon
Se pose sur les fleurs
L'Esprit-Saint aussitôt
S'est posé sur ton cœur

Pour t'incarner, Seigneur,
Dans le sein d'une mère
Il fallait une fleur
Une rose vermeille

Ton cœur était si pur
Que son parfum suave
Monta vers le Seigneur
Traversa les nuages

Sur la plus belle fleur
Son regard se posa
Entre toutes les femmes
De grâce il te combla

Marlène Pallier (30), Le Rosaire en poèmes, 1er mystère joyeux.
Extrait de la revue "L'Ange Gardien", mars-avril 2019.


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  Mondes (3)

La pensée qu'il existe des gardiens célestes pour toute communauté humaine me conduit à imaginer le triste rôle du ministre des instables ou des révoltés. Et quand je dis « imaginer », j'ai l'air d'envisager une hypothèse, alors que je suis de cette race à tête dure, à vertu fragile qui toujours promet et jamais ne tient, qui s'égare dans tous les chemins de terre alors qu'on lui montre une voie nationale bien signalisée... Mon Ange, tu me fais penser, parfois, à ces parents affligés d'une engeance perverse, dont le regard s'endeuille d'une ombre de tristesse jusque dans le bonheur. Ils vivent dans l'appréhension des catastrophes. Le moindre éclair de bon vouloir sur le visage de leur enfant les emplit d'espoir. Hélas ! L'instant d'après leur apporte de quoi décourager à jamais leur indulgence. Sans doute n'existe-t-il pas d'individu qui n'ait sa minute de bonté. Les plus déchus ont leurs secrets élans. De même, les sociétés les plus corrompues tentent-elles parfois de rompre l'étau du Mal. Je le vois bien par mon expérience. Et je crois que nos Anges nous volent le meilleur de nous-même pour s'en servir au soir de la grande confrontation.
Eh bien ! dérobe, dérobe le plus possible, mon Ange que je prenne garde de fermer la porte ! Il est nécessaire que tu puisses entrer à ta guise et que tu aies même accès à ce qui n'a pas été entrepris, à ce qui s'ébauche dans les matrices de la conscience, de peur que tu manques l'argument essentiel. Tu vois ce que je veux dire ? Exactement ce que les perruches de salon expriment en disant : « Un Ange passe ». Mais il s'agit de bien autre chose !
Passe, repasse, fais minutieusement ton ouvrage, afin que le doigt ganté du grand justicier ne trouve plus la moindre poussière sur les plinthes. Je fais silence. Je me porte à ton office. J'ouvre mon âme. Je me décontracte. Je me livre enfin sans réserve.
Certains estiment qu'il vaut mieux avoir affaire à Dieu qu'à ses saints... ou à ses anges. Je ne suis pas de ceux-là. Qui croient-ils être pour oser affronter Dieu ?...

Yves-Marie Rudel, Dialogues avec l'ange gardien, Éditions Fleurus, 1958.
Extrait de la revue "L'Ange Gardien", mars-avril 2019.


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  L'ange de l'antipessimisme

L'ange de l'antipessimisme ne va pas déployer tout son art pour prouver au pessimiste que sa vision des choses n'est pas fondée. Il pourrait bien s'entretenir avec lui jour et nuit que cela ne servirait à rien. L'ange est plus habile. Il va lui demander : « Quel profit tires-tu à voir tout en noir ? » Cette question le provoque, l'agace peut-être, ou l'étonne. Si, avec des paroles mielleuses, l'ange voulait le persuader de voir le monde sous une couleur un peu plus rose, cela ne ferait que déclencher un débat interminable. Le broyeur de noir avancerait toujours de nouvelles raisons pour ne pas démordre de son point de vue. Mais quand même, la question que lui pose l'ange le tarabuste et ne lui laisse pas de repos. Et pour peu que l'ange de l'antipessimisme s'accompagne en plus de celui de la patience et de celui de la constance, il se peut que le pessimiste finisse par voir s'élargir sa façon de penser : c'est vrai, je suis défaitiste au point de faire porter la responsabilité de mon avenir par d'autres, de ne pas avoir à me justifier moi-même de ne rien faire, de ne rien entreprendre pour moi ni pour un avenir sensé.
L'ange de l'antipessimisme attend en compagnie de ses deux acolytes que la question qu'il a posée s'infiltre lentement dans le cœur de son client. Puis il demande l'aide d'un autre ange encore, celle de l'ange charmeur, afin de faire éclore, en toute délicatesse, chez le pessimiste triste, une autre vision. Ne pourrait-il pas essayer de voir le verre à moitié plein ? Que se passerait-il s'il envisageait plus positivement son avenir ? N'a-t-il pas envie d'en faire l'expérience ? Les anges ne lui recommandent pas de devenir optimiste, mais seulement de faire des essais, juste de petites expériences, et de discerner en lui ce qu'elles peuvent avoir comme effet. S'il se sent mieux après l'une d'elles, pourquoi alors ne pas faire une nouvelle tentative ? L'ange de l'antipessimisme a confiance : une vision plus claire va peu à peu s'imposer au pessimiste : le monde va lui sembler tout à coup plus amical et la vie vraiment plus légère.

Anselm Grün, o.s.b., L'ange de simplicité, Salvator, 2015.
Extrait de la revue "L'Ange Gardien", mars-avril 2019.


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  Ange de Dieu, mon gardien

« Ange de Dieu, qui es mon gardien, et à qui j'ai été confié par la Bonté divine, éclaire-moi, défends-moi, conduis-moi et dirige-moi. Amen. »
Cette prière à l'ange gardien est fondamentale pour les enfants, parce qu'elle enseigne les bases de la foi et de la prière. Nos grands-parents nous ont dit que cette prière nous permettait de bien dormir la nuit. Que celui d'entre nous qui n'a jamais récité la prière à son ange gardien quand il était petit avant de dormir lève la main !
Certains continuent de prier leur ange quand ils sont grands, parce qu'il leur rappelle cette période de leur vie si belle et si insouciante qu'était leur enfance. Il nous arrivait même de commencer à réciter cette prière sans réussir à l'achever. Nous étions tellement sûrs d'être protégés, nous étions si détendus que nous nous endormions en faisant des rêves sereins jusqu'au matin. C'est la grande beauté de cette prière qui, hier comme aujourd'hui, a l'immense pouvoir de rasséréner tout le monde.
La prière à l'ange gardien est une prière simple, peut-être une des plus simples que nous puissions réciter, mais il est incroyable que ces simples paroles puissent apporter à nos vies tant de sérénité intérieure. Notre foi a cette particularité : nous devons être simples comme le sont les enfants, être simple comme le sont depuis toujours les grands saints et être simples comme l'est justement le pape qui, comme il s'est défini lui-même, est « grand-père François », le grand-père du monde.
Depuis le premier jour de son pontificat, le pape répète au monde qu'une simple prière peut changer le cœur des hommes. A-t-il raison ? Oui, certainement. Et tous les grands-parents du monde ont raison avec lui quand, pour la première fois, ils nous apprennent à réciter cette merveilleuse prière d'amour.
Les enfants sont extrêmement sensibles. Il y a certaines émotions qu'ils n'oublient jamais. Il est donc particulièrement important de les éduquer à la prière, en commençant ce parcours de vie par la récitation quotidienne de la prière à l'ange gardien.
Les grands-parents connaissent bien la force et la protection divine qui viennent du Ciel. Ils nous expliquent que cette belle prière fut créée par Dieu pour nous rendre meilleurs. Mais il est dommage qu'ensuite, beaucoup d'entre nous, en grandissant, oublient leur ange. Nous nous sentons forts et croyons n'en avoir plus besoin, nous en perdons un peu la trace... Mais il est important de conserver la mémoire de cette merveilleuse confiance dont nous avons fait l'expérience étant petits !
La prière à l'ange gardien est une protection parfaite pour la vie des enfants. C'est une prière douce, gentille, très délicate, j'oserais dire une véritable caresse du Ciel. Ange de Dieu, qui es mon gardien, nous te demandons aussi de nous éclairer et de nous protéger... Les prières des enfants sont très puissantes et efficaces devant Dieu.
« Quel est mon lien avec mon ange gardien. Est-ce que je l'écoute ? Est-ce que je lui dis bonjour le matin ? Est-ce que je lui dis : protège-moi durant mon sommeil ? Est-ce que je parle avec lui ? Est-ce que je lui demande conseil ? Est-il à mon côté ?... Quel est mon lien avec cet ange que le Seigneur a envoyé pour me garder et m'accompagner sur le chemin, qui voit toujours le visage du Père qui est dans le Ciel ? » (Pape François, 02.10.14).
Combien de fois, ces dernières années, le Saint-Père nous a demandé de réciter de nouveau la prière à l'ange gardien ? D'innombrables fois. Récitons-la de nouveau chaque jour. Elle apaise et elle réconforte.
Nous avons un pape exceptionnel. Quand il parle au peuple de Rome et au monde, il ne se contente pas de nous demander de prier, il fait beaucoup plus, il nous fait prier ! Il nous fait répéter la prière et il dit : « Comment ? Je n'ai pas entendu, plus fort, parlez plus fort, je ne vous entends pas. » Il nous fait répéter tous ensemble la prière et nous demande de la réciter chez nous, il nous fait le lui promettre. Il sait bien, lui, que la prière à l'ange gardien attendrit non seulement le cœur des enfants mais aussi celui des adultes, parce qu'ayant été enfants eux aussi, ils se souviennent des émotions du passé, qui ont fait tant de bien à leur âme. Le temps passe, mais les émotions restent et reviennent dès que nous entendons réciter cette prière qui est une poésie merveilleuse dans les mains de Dieu. Nous devrions redonner de la valeur à cette prière que les grands-parents nous enseignent depuis toujours, parce que c'est un des souvenirs les plus beaux que nous gardons jalousement dans notre cœur.

Andrea Pagnini, Chers grands-parents, Mame, 2018.
Extrait de la revue "L'Ange Gardien", mars-avril 2019.


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  L'existence du diable

« Le diable existe aussi au 21e siècle. Ne soyons pas naïfs. Nous devons apprendre de l'Évangile comment le combattre » : ces paroles, prononcées par le pape François dans son homélie de la messe quotidienne célébrée en la chapelle de la Maison Sainte-Marthe le 11 avril 2014, présentent en substance trois principes fondamentaux de la pensée du Saint Père au sujet du diable. Tout d'abord, le diable existe ; puis, il est à l'œuvre aujourd'hui encore, en ce début du troisième millénaire ; donc, nous devons apprendre comment engager de manière efficace notre combat spirituel contre les puissances des ténèbres.
Pour ceux qui penseraient que ces thématiques étaient valables au Moyen-Âge mais qu'elles sont aujourd'hui complètement dépassées à l'ère du web, de Facebook et de WhatsApp, le pape François répond sur un ton péremptoire : « Ne soyons pas naïfs », car le diable agit aussi au 21e siècle !
L'existence du diable appartient au patrimoine de la doctrine de l'Église catholique et se fonde sur l'enseignement des Saintes Écritures, de la Tradition et du Magistère de l'Église.
Le Catéchisme de l'Église catholique (CEC) affirme clairement l'existence du diable (diabolos, celui qui divise ; ou bien satàn, « Satan », celui qui accuse) en tant qu'ange déchu :
« Derrière le choix désobéissant de nos premiers parents il y a une voix séductrice, opposée à Dieu, qui, par envie, les fait tomber dans la mort. L'Écriture et la Tradition de l'Église voient en cet être un ange déchu, appelé Satan ou diable. (...) L'Église enseigne qu'il a été d'abord un ange bon, fait par Dieu. Le diable et les autres démons ont certes été créés par Dieu naturellement bons, mais c'est eux qui se sont rendus mauvais » (CEC 391).
Cet ange est déchu, de même que les autres esprits créés qui ont suivi ses traces néfastes, après un choix libre, en vertu duquel ils ont « radicalement et irrévocablement refusé Dieu et son Règne » (CEC 392) ; commettant un péché impardonnable à cause du « caractère irrévocable de leur choix » et non d'un « défaut de l'infinie miséricorde divine » (CEC 393).

Diego Manetti, Pape François, Le diable existe vraiment !, Artège, 2018.
Extrait de la revue "L'Ange Gardien", mars-avril 2019.


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  6 mars 2019 - Mercredi des Cendres
une catéchèse baptismale


Dans l'Église antique, la préparation des catéchumènes (adultes) au baptême lors de la nuit pascale conférait d'emblée au Carême une coloration baptismale et un caractère catéchétique prononcé. Ce développement, à partir de l'Antiquité tardive, du baptême des petits enfants, célébré tout au long de l'année, a ensuite notablement joué en faveur d'une réorientation de la spiritualité quadragésimale (= ce qui est propre au Carême) dans le sens ascétique et pénitentiel. Dans l'inconscient chrétien aujourd'hui, bon gré mal gré, c'est sans doute cette dernière compréhension qui prévaut toujours.
Cependant, l'effort de rénovation de la liturgie engagé au concile Vatican Il nous invite à redonner au Carême sa dimension baptismale et mystagogique (= ce qui initie aux mystères chrétiens). Une double raison milite en ce sens : d'une part nous assistons à un nécessaire redé-ploiement du catéchuménat dont le Carême reste un temps fort, en marche vers la célébration baptismale de la nuit pascale. D'autre part, la dimension pénitentielle évidente du Carême sera d'autant mieux honorée qu'elle s'appuiera sur une démarche de renouvellement de la foi et des promesses du baptême - l'approfondissement de la foi précédant logiquement la démarche de conversion et l'ascèse corrélative.
Il est à remarquer que les lectures liturgiques, spécialement celles de la messe dominicale pendant le Carême, sont largement choisies en fonction de ce souci catéchuménal. Cela est particulièrement vrai pour l'année A du cycle liturgique, avec les grandes catéchèses des Évangiles de la Samaritaine (Jn 4, 5-42), de l'aveugle-né (Jn 9,1-41) et de la résurrection de Lazare (Jn 11,1-45) - des 3e, 4e et 5e dimanches de Carême - qui ont été vraisemblablement employés en Occident depuis l'Antiquité.
...Entrer en Carême va donc signifier pour chacun de nous, que nous soyons catéchumènes ou au contraire baptisés de longue date de faire de ces quarante jours un temps privilégié pour nous disposer à vivre et à renouveler les promesses de notre baptême dans la nuit pascale, (...) pour nous enraciner (...) plus joyeusement dans la foi au Christ mort et ressuscité.

Mgr Patrick Le Gal, Prier au rythme de l'Église, Le Sarment/Fayard, 2000.
Extrait de la revue "L'Ange Gardien", mars-avril 2019.


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  9 mars - Sainte Françoise Romaine
avec son ange gardien


Françoise (Francesca di Busi di Leoni) est dite « Romaine » ou même « la plus romaine des saintes » parce qu'elle naquit d'une famille patricienne à Rome, où elle vécut toute sa vie, au temps du Grand Schisme d'Occident (1378-1417) et de la peste qui ravagea la ville en 1413-1414.
Baptisée et confirmée en la basilique Sainte-Agnès, mariée à l'âge de treize ans au jeune seigneur Lorenzo Ponziani dont elle eut trois enfants, Françoise vécut trente-sept ans avec lui, jusqu'à sa mort, en épouse et en mère exemplaire.
Bien que très fidèle à ses devoirs domestiques, Françoise avec sa belle-sœur et amie Vanozza, aimait aussi se consacrer à la prière, à la pratique de la pénitence, à la visite des églises et des hôpitaux, au soin des pauvres et des malades... Et aux propos malveillants « de ceux qui disaient du mal d'elle, la critiquaient, décriaient sa façon de vivre », elle répondait, dit son biographe, en rendant « le bien pour le mal ».
A la mort de son mari, Françoise quitta son palais du Transtévère pour partager la vie des Oblates de Marie qu'elle avait réunies, sous la règle de saint Benoît, dans sa maison de Tor de' Specchi, à Rome. Ces pieuses dames se consacraient à la vie ascétique et aux œuvres de charité.
Gratifiée de grâces exceptionnelles, d'extases et de visions, Françoise vivait dans la familiarité avec son ange gardien. Elle mourut le 9 mars 1440, de passage chez son fils Battista, qui était malade. Ses dernières paroles, adressées à ses filles spirituelles, furent celles-ci : « Soyez fidèles jusqu'à la mort. Satan vous attaquera comme il m'a attaquée, mais nulle épreuve ne sera cruelle si vous êtes fidèles au Christ. »
Canonisée en 1608, elle a été choisie comme patronne des femmes mariées, des veuves et des automobilistes. L'iconographie la représente en compagnie de son ange gardien et portant un panier de victuailles.
Sa Vie, citée par l'Office des Lectures, dit notamment : « Dieu ne l'avait pas choisie afin qu'elle devînt sainte pour elle-même seulement, mais pour qu'elle fit servir les dons que Dieu lui avait accordés au salut spirituel et corporel de son prochain. »

Enzo Lodi, Les Saints du Calendrier romain, Médiaspaul.
Extrait de la revue "L'Ange Gardien", mars-avril 2019.


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  19 mars - Saint Joseph
comme du bon pain


Revenant de rendre visite à des grands-parents tout fiers de recevoir leur fille et son conjoint ainsi que leur petit Alex, je ne pouvais que me dire : « Ils sont bons comme du bon pain. » N'est-ce pas une expression qu'on entend souvent quand on parle de familles accueillantes et chaleureuses ?
Au sanctuaire du Mont-Royal (l'Oratoire Saint-Joseph à Montréal), je vois chaque jour des parents avec de petits enfants venir prier saint Joseph. Ils lui demandent son aide pour devenir, comme lui, bons comme du bon pain. Comment le charpentier peut-il être une source d'inspiration ?
A Nazareth, Joseph, par son travail, gagnait le pain de sa famille. Avec le psalmiste il redisait à Dieu : « Tu fais croître ( ...) les plantes à l'usage des humains pour qu'ils tirent le pain de la terre... » (Ps 103, 14). Fidèle à la tradition, avant de le partager à Marie et à Jésus il bénissait celui qui « donne le pain aux affamés » (Ps 145, 7). Nos ancêtres qui bénissaient le pain avant de le couper faisaient comme Joseph.
Les contemporains de Joseph devaient dire de lui : « Il est bon comme du bon pain. » Ne fallait-il pas qu'il soit ainsi pour donner suite au songe qui lui faisait connaître la volonté de Dieu de prendre pour épouse Marie déjà enceinte ? (Mt 1, 24-25). Ne fallait-il pas qu'il soit ainsi pour accepter d'être le père adoptif de Jésus ? de lui donner un nom ? de le faire descendant de la lignée royale de David ? de lui donner un toit, de la nourriture ? de lui apprendre un métier ?
Avec Marie et Jésus, Joseph partageait quotidiennement le pain de son travail, le pain de sa compassion, le pain de sa tendresse. Il ouvrait certainement ses bras et son cœur aux personnes qui lui réclamaient un peu d'attention et lui demandaient de l'aide. Il initiait son fils au don de soi. (...)
Et nous qui sommes disciples de Jésus, saurons-nous nous laisser inspirer par Joseph qui nous apprend à devenir bons comme du bon pain ?

Bernard Lacroix, c.s.c., « L'Oratoire », vol. 98, n° 5.
Extrait de la revue "L'Ange Gardien", mars-avril 2019.


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  16 avril - Saint Benoît-Joseph Labre
en pèlerinage perpétuel


Benoît est l'aîné des quinze enfants d'un pieux laboureur d'Amettes, dans le nord de la France. Il rêve d'être moine pour ne vivre que de Dieu. À 19 ans, il se présente dans plusieurs monas-tères de chartreux. L'un ne prend pas de novices à cause d'un récent incendie ; dans l'autre on le trouve trop jeune. Admis finalement à la Chartreuse de Montreuil-sur-Mer, il n'est pas gardé à cause de sa santé trop fragile. À pied, Benoît se rend à la Grande Trappe de Soligny : trop jeune ! Un nouvel essai à la Chartreuse de Montreuil est un nouvel échec. La Grande Trappe et la Trappe de Sept-Fons ne l'acceptent pas non plus : « Dieu vous veut ailleurs. »
Étrange destin que celui de ce jeune homme qui désire si fort être moine et que l'on renvoie de partout. « Dieu vous veut ailleurs. » Cet ailleurs, ce sera l'errance, le pèlerinage perpétuel. Benoît ne cherche plus à se fixer. Son monastère, ce sera la route. En sept ans, il parcourra près de 30 000 kilomètres d'un sanctuaire à l'autre, vivant dans le plus extrême dénuement, partageant avec les pauvres soupe populaire et humiliations, mais toujours en oraison. Les prêtres qui le confessent à l'occasion sont émerveillés par sa vie mystique et son humilité.
Son lieu de prédilection est Rome, où il passe ses journées en prière dans les églises ou au Colisée, distribuant à de plus pauvres ce qu'on lui donne. Le Mercredi saint 1783, on le ramasse mourant sur les marches d'une église. Dès sa mort connue, le peuple de Rome se répand dans les rues de la capitale en criant : « Le saint est mort ! » Et les miracles se multiplient sur son tombeau.
Bénéficiant d'un culte précoce et populaire, ce saint qui est un défi au matérialisme de la société moderne a été choisi comme patron par les premiers syndicalistes chrétiens.

M.-H. Congourdeau – J. Fournier, Le livre des saints, Brepols, 1996.
Extrait de la revue "L'Ange Gardien", mars-avril 2019.


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  21 avril 2019 – Pâques
Ô nuit !


Ô nuit, de quel éclat tu resplendis !
La mort n'a pu garder dans son étreinte
Le Fils unique.
Jésus repousse l'ombre
Et sort vainqueur :
Christ est ressuscité !
Mais c'est en secret,
Et Dieu seul connaît
L'instant
Où triomphe la vie.

Quelqu'un, près de la croix, n'a pas douté ;
La Femme jusqu'au jour a porté seule
L'espoir du monde.
Sa foi devance l'heure
Et sait déjà :
Christ est ressuscité !
Mais c'est en secret,
Et Dieu seul connaît
La joie
Dont tressaille Marie.

Jésus, lumière et vie, demeure en nous !
Pourquoi chercher encore au tombeau vide
Un autre signe ?
L'amour jaillit et chante
Au fond du cœur :
Christ est ressuscité !
Mais c'est en secret,
Et Dieu seul connaît
Le feu
Qui s'éveille aujourd'hui.

CFC-CNPL.
Extrait de la revue "L'Ange Gardien", mars-avril 2019.


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  Service et serviteurs

Donner à nos enfants le sens du service n'est pas facile, d'abord parce que servir exige des efforts concrets, ensuite parce que le « service » peut devenir - mal vécu, mal compris - la façade ou le prétexte d'un activisme inquiet ou d'une possessivité qui s'ignore.
Qu'est-ce que servir ? Comment permettre à nos enfants de le découvrir et de le vivre ?
Servir est une manière d'aimer. Et si nous demandons à nos enfants de rendre service même s'ils ne sont pas prêts à le faire spontanément, c'est pour leur apprendre que l'amour ne se contente pas de vagues sentiments ou d'émotions sensibles : pour aimer, il faut être capable de secouer sa paresse et de sortir de son confortable petit égoïsme. Tel est le rôle de l'éducateur, qui oblige l'enfant à se tourner vers les autres, même lorsqu'il n'en ressent pas l'envie afin que, petit à petit, cela lui devienne plus facile, plus naturel.
Mieux vaut de petits services accomplis quotidiennement qu'un grand service exceptionnel. À travers les petits services fréquemment répétés, l'enfant imprègne peu à peu sa vie de ce sens du service, comme une manière d'être et de se comporter à l'égard des autres.
Certains enfants rendent service plus spontanément et plus volontiers que d'autres : aussi risquons-nous de les solliciter plus souvent que leurs frères et sœurs surtout lorsque nous sommes las d'entendre ceux-ci récriminer. Pourtant ce sont ces derniers qui ont le plus besoin d'apprendre à rendre service : de surcroît, s'ils voient que leur mauvaise humeur est un bon moyen d'échapper aux « corvées », ils ne sont pas près de changer d'attitude.
Lorsque nous demandons de l'aide à un enfant, ce n'est pas d'abord pour nous, pour notre convenance personnelle, parce que ça nous arrange bien de ne pas nous lever de table ou de ne pas faire les lits (même si c'est vrai... et légitimement agréable !). Si nous lui demandons de rendre service, c'est d'abord pour lui, pour lui permettre de grandir, de progresser. Ce qui implique de ne pas surcharger les enfants de services à rendre (attention aux aînés de familles nombreuses !) et de savoir leur demander des services qui ne nous rendent qu'à moitié service parce que nous les exécuterions beaucoup plus rapidement et efficacement tout seuls.
Il est important d'encourager l'enfant, surtout lorsque le service demandé lui coûte beaucoup. Mais il faut aussi lui permettre de comprendre peu à peu que le service est gratuit, comme l'amour. Encourageons-le à rendre service par surprise, à l'insu de tous. Et respectons la discrétion dont il doit savoir entourer telle ou telle bonne action.
Rendre service, servir, ce n'est pas forcément « faire un bonne action ». C'est parfois s'abstenir d'en faire une... lorsque notre premier devoir est ailleurs ; lorsque l'amour veut que nous laissions à un autre (à un plus petit par exemple) la joie d'accomplir un service gratifiant. Et parce que le meilleur service que nous ayons parfois à rendre à notre prochain c'est de ne pas intervenir dans sa vie. Car servir n'est pas se dévouer dans l'agitation et la fébrilité. Bien sûr, pour qui sait voir il y a toujours d'innombrables services à rendre, des tâches les plus modestes aux responsabilités les plus lourdes. Mais tout en rendant service avec efficacité, nous ne devons jamais oublier que nous ne sommes que des serviteurs inutiles dans la main de Dieu qui, seul, rend notre service efficace.
Dieu ne nous demande jamais qu'une seule chose à la fois : quand notre vie est agitée, avec un emploi du temps quotidien qui s'étalerait aisément sur quarante-huit heures, ce n'est pas que nos journées sont trop courtes, mais que nous nous sommes mis deux fois trop d'obligations sur les bras. Et si nous nous surchargeons ainsi, c'est presque toujours parce que nous ne faisons pas confiance à Dieu, pas vraiment.
Il nous faut réapprendre sans cesse - condition sine qua non pour l'apprendre à nos enfants - l'abandon total, joyeux, entre les mains de Dieu qui nous fait marcher vers Lui du pas régulier et tranquille du montagnard - un pas à la fois - au lieu de courir sans cesse à droite, à gauche. Exigeons donc de nos enfants qu'ils n'accomplissent qu'une seule chose à la fois, mais à fond. Apprenons-leur que « lorsqu'on a fait ce qu'on a pu, on a fait ce qui suffit » et que s'inquiéter de ce qui reste à faire est un manque de confiance. (...)
Apprenons-leur, et d'abord par l'exemple, la signification profonde du service : servir, ce n'est pas « faire ». C'est « être » : être serviteur. C'est-à-dire pauvre, disponible, et obéissant comme le Christ sur la croix.

Christine Ponsard, La Foi en famille, Éditions des Béatitudes, 2004.
Extrait de la revue "L'Ange Gardien", mars-avril 2019.


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  Des appréciations

Votre revue ravive en moi la dévotion aux saints Anges et Archanges qui sont devant moi pour éviter les chutes. Continuez avec courage. Marseille 11e - Merci pour tout le bien que nous apporte cette revue. 44 - Merci pour votre revue... extérieurement petite, mais si riche et si grande par son contenu et soutien. 56 - Merci pour cette œuvre : elle nous aide dans la vie qui est quand même très dure. 64 - Cette petite revue si enrichissante qui nous remet du courage plein le cœur. 75 - Longtemps encore, adressez-nous vos « lettres » de directeur zélé, toutes remplies d'amour et de charité fraternelle en tête de la belle revue. 30 - Merci pour votre précieuse aide. 21 - Dans ce monde pessimiste, nous apprécions l'espérance qui se dégage de « l'Ange gardien ». 74 - Je reçois toujours la revue avec le même bonheur. J'ai donné la dernière à une de mes amies qui a découvert la foi récemment. 59 - Grâce à votre revue, je sais enfin que je ne suis pas seule et c'est un soutien pour moi, pour répondre aux questions de ma grande fille qui va au catéchisme. 66.

Extraits de la revue "L'Ange Gardien", mars-avril 2019.


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