Association - Confrérie des saints Anges gardiens

Canoniquement érigée et affiliée à l'Archiconfrérie romaine des Saints-Anges

Extraits de la revue "L'Ange gardien"

Revue L'Ange Gardien 2019

n°1-2019 - janvier-février     n°2-2019 - mars-avril     n°3-2019 - mai-juin
n°4-2019 - juillet-août     n°5-2019 - septembre-octobre     n°6-2019 - novembre-décembre

  C’était dans « L’Ange gardien » il y a cent ans

en janvier 1919

L'année s'achève, l'année commence.
Et voilà que la fuite des jours va emporter avec tout le reste les spectacles d'héroïsme et de douleur que la guerre nous présentait depuis si longtemps.
Soyons de ceux qui n'oublient pas et qui réfléchissent.
Les biens de la vie glissent dans nos mains, ses espoirs nous trompent. Regardons vers le terme où elle nous conduit : là, nous verrons dans une gloire sereine, dans une paix immortelle tous ceux qui ont aimé la vérité, pratiqué le bien, accompli le devoir.
La vérité, le bien, le devoir, seront pour nous le programme que nous demanderons à notre Bon Ange de nous obtenir de suivre, plus fidèlement que jamais, pendant l'année qui commence.
De tout cœur, nous présenterons au Bon Maître, par les saints Anges, le souhait de voir ce programme devenir celui de nos chers abonnés et associés.
Heureuse et sainte année à tous !

en février 1919

À Jérusalem vivait un vieillard vénérable dont la longue existence avait été remplie par un radieux espoir, celui de voir la Rédemption d'Israël. Plein de confiance, il attendait la réalisation de la promesse de ne point mourir sans avoir vu le Christ du Seigneur.
Et son espérance ne fut pas déçue : un jour, l'esprit de Dieu le poussa au Temple où Marie déposa dans ses bras le Sauveur du monde.
Ouvrons nos cœurs à l'espérance : nous avons les promesses de Dieu, nous avons les mérites de Notre-Seigneur Jésus-Christ. Malgré les douleurs et les tristesses de la vie, malgré les inconstances de notre faible volonté, ayons la ferme confiance de voir un jour le Christ Seigneur dans le bonheur éternel : Dieu est fidèle !
Redisons souvent : « J'espère en vous, Seigneur, je ne serai pas confondu. »

Extrait de la revue "L'Ange Gardien", janvier-février 2019.


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  Jésus, un citoyen du monde et de son temps

Jésus ne peut vivre une vie humaine sans partager tous les traits qui viennent de la particularité des lieux, des temps, de la culture et des personnes rencontrées. Aussi bien ne fait-il rien pour abstraire sa parole et ses actions du contexte et de l'environnement de la vie des simples gens de Palestine :
Le monde extérieur existe pour Jésus, écrit (...) Léonce de Grand-maison : il n'est pour lui ni un simple chiffre., un pur symbole qu'il s'agirait d'interpréter, ni une fantasmagorie vaine, une illusion, un « torrent de mobiles chimères », qu'il faudrait dissiper ou traverser. Loin d'être un mensonge ou un piège, ces humbles choses ont leur prix à qui sait y voir des dons et des vestiges du Père du ciel. Les détails familiers de la vie des pauvres gens, l'allure hautaine, le luxe, la morgue des riches, les yeux clairs des enfants, le geste du semeur et de la broyeuse de froment, du berger et du marchand, les veillées de noce et l'embauche des ouvriers, tout cela est peint d'un trait sans insistance, mais net d'une exactitude topique. Ni les arbres ni les bêtes ne sont oubliés : la croissance du blé est chèrement décrite, les oiseaux du ciel traversent l'hori-zon, la brebis perdue s'y profile, point blanc au lointain désertique.
L'enracinement de tout cet enseignement dans le particulier le plus humble lui confère son universalité. A la lecture des Évangiles nous devenons tous présents et sommes touchés par la simplicité de ces choses et de cet homme, qui vient porter jusqu'à nous la réalité d'un monde nouveau, d'un monde déjà sauvé.
Ces leçons si particulières, poursuit le même auteur, si bien datées et localisées, données à quelques milliers d'auditeurs, dans un coin du monde aisément reconnaissable et peu hospitalier aux idées et aux gens du dehors, il se trouve qu'elles restent comprises et conquérantes en tous les temps, sous tous les cieux. L'esprit y éclate au point que nous pouvons presque nous passer de leur intelligence littérale et détaillée. (...) Nulle part au monde la transparence d'une âme profonde ne s'est mirée en une eau plus calme.

Bernard Sesboüé, s.j., Jésus. Voici l'homme, Salvator, 2016.
Extrait de la revue "L'Ange Gardien", janvier-février 2019.


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  Mère de nos souffrances et de nos espérances

Je te salue Marie,
mère de toutes nos recherches de ce Dieu imprévu. […]
Tu es chacun de nous qui cherche Jésus,
sans bien comprendre sa vie et ses paroles.
Tu es la mère des obscurités de la foi,
toi qui conserves
tous les événements dans ton cœur,
toi qui creuses et médites tous nos « pourquoi ? »
et qui fais confiance
en l'avenir de Dieu, ton Seigneur.

Je te salue Marie,
mère de toutes nos souffrances.
Tu es la femme debout au pied de l'homme crucifié,
tu es la mère de tous ceux qui pleurent,
l'innocence massacrée et le prisonnier torturé.

Je te salue Marie,
mère de toutes nos pentecôtes.
Tu es, avec les apôtres, l'Église qui prie
et accueille les dons du Saint-Esprit.

Je te salue Marie,
mère de toutes nos espérances.
Tu es l'étoile radieuse d'un peuple
en marche vers Dieu.
Tu es l'annonce de l'humanité transfigurée,
tu es la réussite de la création
que Dieu a faite pour son éternité. Amen.

Michel Hubaut, o.f.m., Le Christ notre bonheur - Apprendre à prier avec saint François et sainte Claire d'Assise, Éditions Fayard.
Extrait de la revue "L'Ange Gardien", janvier-février 2019.


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  Mondes (2)

... Il existe, dans le Légendaire de certains ordres religieux, des apparitions d'anges gardiens des couvents. Les biographes de saint François d'Assise et de saint Dominique en rapportent. Pour ce dernier, on dit qu'en un moment de disette, provoquée par la libéralité des premiers frères prêcheurs à l'égard des pauvres, l'un de ses monastères fut favorisé d'une intervention du ciel. Les anges gardiens de la communauté vinrent emplir les coffres et même servir les moines à table. Le bienheureux Fra Angelico a très bien illustré le miracle dans une de ses fresques. De telles faveurs venaient récompenser la charité des premiers religieux d'une obédience nouvelle. Tous les néophytes ont de ces emballements qui, dans la suite, ne se retrouvent guère. En cela, la jeunesse des familles monastiques n'est pas tellement différente de l'enfance de chaque homme.
Le plus étonnant, dans ces aventures mystiques, ce n'est pas que des êtres charnels conservent ou retrouvent assez de transparence d'âme pour réfléchir sur le surnaturel ; mais bien que des esprits s'abaissent à servir des corps. Moi qui, souvent, considère au-dessous de ma « dignité » de condescendre, voilà une leçon pour mes dédains. Malgré l'exemple d'un Dieu-Providence, d'un Verbe-Sauveur, je poursuis aveuglément ma voie aberrante, mes habitudes d'insolence et de dureté.
Cela me va de parler de dignité, à moi qui ne résiste pas à un clin d'œil du Malin ! Si les Anges servent les hommes, ce n'est pas pour rendre hommage à leur excellence ; mais pour obéir à Dieu qui a des faiblesses pour nous. Ils trouvent dans cette obéissance, en dépit de cc qui est exigé, un surcroît de joie, tant il est vrai que l'amour s'exalte par le désintéressement et s'illumine par tous les sacrifices qu'on lui consent.
Le Pape s'honore du titre de « Serviteur des serviteurs de Dieu ». À combien plus forte raison les Anges tirent-ils gloire d'une telle appellation, plus vraie encore pour eux qu'elle ne l'est pour le Pape ! Ce n'est pas le bénéficiaire qui crée l'honneur, mais le Maître et le service du Maître...

Yves-Marie Rudel, Dialogues avec l'ange gardien, Éditions Fleurus, 1958.
Extrait de la revue "L'Ange Gardien", janvier-février 2019.


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  L'ange du demi-tour

Il y a plusieurs années, il m'est arrivé souvent de passer des vacances en solitaire dans des monts. Je faisais de longues promenades en forêt et me suis égaré à diverses reprises, lorsque le sentier n'était plus balisé. Je savais par quel chemin j'étais venu et, la plupart du temps, je pensais, par orgueil, que j'allais le retrouver moi-même, que je n'avais qu'à me fier à mon sens de l'orientation. Mais au bout d'un moment, il fallait bien que je me rende à l'évidence : mes recherches restaient vaines. J'avais alors besoin de l'ange qui allait m'aider à faire demi-tour. Cela m'était difficile : il devait commencer par mettre un mouchoir sur mon orgueil et ma prétention, et me faire ensuite accepter que faire tout simplement demi-tour était le seul moyen qui me permettrait de retrouver l'auberge.

Cet ange du demi-tour, tu n'as pas seulement besoin de lui lors de tes randonnées dans des contrées mal connues. Tu dois pouvoir t'avouer que tu empruntes, dans la vie de tous les jours, des chemins qui ne mènent nulle part et qu'il te faut faire demi-tour et revenir sur tes pas. Par exemple, tu as voulu tenter, dans ton entreprise, une nouvelle voie que tu pensais être plus productive, et tu te rends compte que tu as fait fausse route. Ou bien tu essaies de convaincre un collaborateur récalcitrant dans l'espoir de le faire changer d'avis et tu sens que tu échoues dans tes tentatives. Ou bien encore, tu as conçu des méthodes d'éducation pour tes enfants et, là aussi, tu t'es trompé. Dans toutes ces situations, tu as besoin de l'ange du demi-tour, car tu as du mal à reconnaître que tu t'es égaré. L'ange du demi-tour n'est pas seul à tes côtés. Il doit travailler en coopération avec d'autres anges, afin de t'encourager à revenir sur tes pas. L'ange du courage notamment, qui va t'aider à reconnaître ton échec. Et l'ange de la confiance qui va te convaincre qu'il faut que tu fasses demi-tour. Et aussi l'ange de la persévérance, car il en faut pour faire machine arrière et revenir au point de départ...

Anselm Grün, o.s.b., L'ange de simplicité, Salvator, 2015.
Extrait de la revue "L'Ange Gardien", janvier-février 2019.


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  Une déclaration illuminatrice

La parole la plus suggestive de Jésus concernant les anges est celle qui a contribué à fonder le culte des anges gardiens : « Gardez-vous de mépriser un seul de ces petits, car, Je vous le dis, leurs anges dans les cieux voient sans cesse la face de mon Père qui est aux cieux » (Mt 18, 10).
Il semble que Jésus vise les petits qui croient en Lui : ce sont des personnes très simples, peu estimées par ceux qui connaissent la loi. Ailleurs, Il prononce de sévères avertissements pour ceux qui les scandaliseraient, c'est-à-dire les feraient trébucher dans leur foi (cf. Mt 18, 6). Ici, Il proteste contre le mépris dont ces personnes font l'objet.
Le motif de l'estime qu'on leur doit, ce sont « leurs anges » qui contemplent la face du Père. Jésus fait allusion à une opinion fréquente dans le judaïsme contemporain selon laquelle chaque homme a un ange qui l'accompagne : ainsi, ceux qui ne veulent pas croire que Pierre, libéré de prison, se trouve à la porte de la maison où ils sont rassemblés, disent : « C'est son ange » (Ac 12, 15). Cette croyance populaire trouvait un appui dans le texte du psaume où est rapporté l'ordre donné par le Seigneur à ses anges de nous garder sur tous nos chemins (90, 11).
Jésus confère à la croyance toute son ampleur, en déclarant que les anges font partie de la cour céleste, se tiennent sans cesse en présence du Père et contemplent sa face. C'est dire la puissance de ces anges, notamment leur pouvoir, d'intercession et de protection.
Il ne précise pas de quelle nature est le lien entre les petits et leurs anges, mais ce lien est intime, puisqu'il garantit la valeur des petits. Si le Père a voulu que chaque petit ait son ange, c'est qu'Il attribue à leur personne une grande dignité. La dignité reste cachée, étant donné que les anges demeurent invisibles, mais Jésus la révèle avec autorité : « Je vous le dis ».
Ces anges sont à la fois près des petits et près de Dieu, de telle sorte qu'ils contribuent à unir les petits à Dieu...

Jean Galot, s.j., « Esprit et Vie », Les anges dans l'Évangile, 99e année, n°18.
Extrait de la revue "L'Ange Gardien", janvier-février 2019.


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  1er janvier - Sainte Marie, Mère de Dieu
les peines de Marie


Véritable épouse et mère, Marie s'est consacrée à l'éducation de son fils, connaissant les joies et les peines de chaque mère, ce qui la rend infiniment proche de toutes les femmes d'hier et d'aujourd'hui. Ne nous imaginons pas, en effet, que tout a toujours été facile pour cette jeune fille de Galilée, choisie entre toutes. Si Jésus était effectivement, de par sa nature divine, l'enfant modèle dont rêvent toutes les mères, il ne l'était pas au sens où aurait pu l'entendre Marie : souvent la mère avait du mal à comprendre les réactions de son fils, et elle en souffrait. C'est ainsi qu'en retrouvant leur enfant au Temple de Jérusalem, après trois jours d'inquiétude, Joseph et Marie s'entendent dire : « Comment se fait-il que vous m'ayez cherché ? Ne saviez-vous pas qu'il me faut être chez mon Père ? » (Lc 2, 49). Quel adolescent, après une fugue, se permettrait de répliquer ainsi à ses parents ? Quelques années plus tard à Cana, Marie faisant remarquer à son fils qu'il n'y a plus de vin, s'entend répondre un peu sèchement : « Femme, que me veux-tu ? Mon heure n'est pas encore venue. » (Jn 2, 4). Au début de la vie publique de Jésus, alors que certains le prenaient pour un possédé, sa mère connaît le trouble et l'inquiétude : « Les gens de chez lui vinrent pour se saisir de lui ; ils disaient qu'il a perdu la tête » (Mc 3, 21). Quelle ne dut pas être sa souffrance, l'entendant dire : « Qui est ma mère ? qui sont mes frères ?... Celui qui fait la volonté de Dieu, celui-là est pour moi un frère, une sœur, une mère » (Mc 3, 33.35). Et alors qu'il semblait accorder une place tout à fait secondaire à sa mère, Jésus fréquentait d'autres femmes, telles Marthe et Marie (Jn 11, 5), se montrant plein de délicatesse avec une pécheresse (Lc 7, 37-50). (...)
Si Marie a été plus proche du Christ qu'aucune créature humaine, si elle a communié avec lui jusqu'au plus profond de la souffrance, redisant le oui de l'Annonciation jusqu'au pied de la Croix, c'est parce que sa maternité n'était pas seulement d'ordre charnel, mais aussi d'ordre divin. (...)
« Si le Fils de la Sainte Vierge Marie est Dieu, celle qui l'a engendré mérite de droit d'être nommée la Mère de Dieu. » (Pie XI).

Jean-Luc Muller, Église en fêtes, Pierre Téqui éditeur, 1991.
Extrait de la revue "L'Ange Gardien", janvier-février 2019.


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  6 janvier 2019 - Épiphanie du Seigneur
à la suite des mages


L'année liturgique, qui débute avec le premier dimanche de l'Avent, achève la longue série des dimanches ordinaires par la fête du Christ, Roi de l'Univers, solennité qui annonce le triomphe du Seigneur et l'achèvement de son œuvre de création.
C'est en 1925 seulement que cette dernière fête du cycle liturgique a été instituée par le pape Pie XI, dans son encyclique Quas Primas, sur le Christ-Roi, alors que l'athéisme faisait déjà des progrès inquiétants et que la société se sécularisait de plus en plus. Pie XI, voyant dans l'exclusion sociale de Dieu la cause des maux qui affligeaient alors le monde, a voulu affirmer, par ce document et par l'instauration d'une fête en l'honneur du Christ-Roi, l'autorité souveraine de Dieu sur les hommes et sur les institutions. La célébration de cette nouvelle fête avait donc à l'origine un but essentiellement de pédagogie spirituelle, selon les termes même du pape, la royauté du Christ étant déjà évoquée à plusieurs reprises, en particulier à l'Épiphanie, à Pâques et à l'Ascension. (...)
Aux yeux de certains, évoquer ainsi la royauté du Messie pourrait sembler suspect, car lorsque les hommes s'emparent du pouvoir, ce n'est hélas ! pas toujours par souci du bien commun. Mais réagir ainsi serait oublier que la royauté du Christ, elle, n'a rien de commun avec celle des puissants de ce monde. Investi d'une mission de véritable Pasteur auprès de tous, et en particulier des petits et des pauvres, le Christ, « jugera, mais non sur l'apparence ; Il se prononcera, mais non sur un ouï-dire. Il jugera les faibles avec justice, Il rendra une sentence équitable pour les humbles du pays » (Is 11, 3-4).
De plus, la royauté du Seigneur ne se limite pas au seul aspect de son autorité. Elle a aussi une dimension cosmique et eschatologique. La royauté du Christ, c'est aussi sa gloire, son éternité, sa puissance de création et d'amour : « Le Seigneur est Roi, Il règne éternellement ; le Seigneur donne à son peuple la bénédiction de la paix » (Ps 28, 10-11 : antienne de communion de cette fête)...

Mgr Patrick Le Gal, Prier au rythme de l'Église, Le Sarment/Fayard, 2000.
Extrait de la revue "L'Ange Gardien", janvier-février 2019.


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  25 janvier - Conversion de saint Paul
sur le chemin de Damas


Un jeune Juif, nommé Saul, pharisien, fils de pharisien, plein de zèle pour la Loi de ses pères, croit de son devoir de fidélité envers Dieu de persécuter les membres de ce qu'il appelle la « secte » (les fidèles du Christ). Il est déjà question de lui au début du récit des Actes des Apôtres : il gardait les vêtements de ceux qui lapidaient Étienne, et il approuvait ce meurtre.
Le même livre des Actes nous a rapporté sa conversion. Lui-même en fera plus tard le récit lorsqu'il sera prisonnier des Romains à Jérusalem. Il se trouvait sur le chemin de Damas où il se rendait avec des compagnons dans le but d'arrêter des chrétiens et de les jeter en prison. Soudain il fut environné d'une lumière mystérieuse, venant du ciel. Il tomba à terre et il entendit une voix, celle de Jésus, lui dire : « Saul, Saul, pourquoi me persécutes-tu ? » La conversion (le retournement) est instantanée. Mais pour Paul, devenir disciple du Christ, c'est se mettre à son service exclusif. « Seigneur, répond-il, que veux-tu que je fasse ? »
Alors le Seigneur l'envoie chez un chrétien de Damas, Ananie, qui va le prendre en charge durant quelques jours et l'introduire dans la communauté en le faisant baptiser.
À la suite de l'apparition, Saul était devenu aveugle il le restera trois jours. Comme si cette cécité, qui fait penser aux trois jours de Jésus dans le tombeau, avait constitué une transition entre deux manières de voir les choses, les événements de la vie, les hommes... Saul, qui prendra le nom de Paul, va répondre à l'appel du Christ : Allez proclamer la Bonne Nouvelle dans le monde entier. Son érudition, sa lucidité feront de lui comme le second fondateur du christianisme. Sa vie, ses lettres nous évangélisent encore aujourd'hui.
Nous sommes dans la semaine de prière pour l'unité des chrétiens. Ce n'est pas sans raison que l'Église l'a fixée de sorte qu'elle se termine le jour de la conversion de saint Paul, le plus grand missionnaire de tous les temps. L'unité et la mission sont étroitement liées...

Marcel Driot, Le saint du Jour, Médiaspaul, 1995.
Extrait de la revue "L'Ange Gardien", janvier-février 2019.


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  14 février - Saints Cyrille et Méthode
deux frères thessaloniciens


Y aurait-il des langues « dignes » d'exprimer la Révélation chrétienne, et d'autres qui ne le seraient pas ? Cette question fit débat dans l'Église durant des siècles, jusqu'à ce que le concile Vatican II indique clairement que « l'emploi de la langue du pays peut être d'une grande utilité » (Constitution Sacrosanctum concilium).
Au 9e siècle, en revanche, certains affirmaient que seuls l'hébreu, le grec et le latin avaient droit de cité dans la liturgie. Durant ses brillantes études à Constantinople, Constantin (nom de baptême de saint Cyrille) découvrit cependant que plusieurs Églises nationales d'Orient utilisaient déjà la langue de leur peuple pour le service divin. Il allait s'en souvenir par la suite.
Après quelques années d'enseignement, Constantin décida de rejoindre son frère Méthode qui, lui aussi, avait quitté le monde et un haut poste dans l'administration impériale afin de se faire moine sur le mont Olympe.
En 862, le prince Rastislav de Grande-Moravie (couvrant des territoires de la Slovaquie, de la Tchéquie et de la Pologne actuelles) demanda à l'empereur Michel III des missionnaires capables de présenter l'Évangile aux slaves dans leur propre langue. Constantin et Méthode, qui connaissaient le slavon, furent désignés. Ils entreprirent de traduire les Écritures et les livres liturgiques. Pour ce faire, ils inventèrent un alphabet spécifique qui aboutit ensuite à l'alphabet cyrillique. Les innovations des deux frères furent approuvées par le pape Adrien II, lors d'un séjour à Rome. Mais Constantin, gravement malade, succomba le 14 février 869, peu après avoir prononcé ses vœux religieux et reçu le nom de Cyrille.
Méthode, nommé archevêque, poursuivit l'œuvre entamée avec son frère. Mais il se heurta au clergé franc qui lui reprochait d'empiéter sur leur juridiction ecclésiastique. Emprisonné durant deux ans, Méthode ne fut libéré que sur l'intervention personnelle du pape Jean VIII. Il put reprendre ses travaux d'évangélisation et de traduction jusqu'à sa mort, en 885...

Xavier Lecoeur, Saints ! 333 vies extraordinaires, Bayard.
Extrait de la revue "L'Ange Gardien", janvier-février 2019.


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  28 février - Saint Dosithée de Gaza
un moine du désert


Dosithée connaissait une vie insouciante et luxueuse comme page d'un général de l'empereur d'Orient. Mais un jour, il entendit parler de Jérusalem par des soldats. Très impressionné par ce qu'il entendait, ignorant tout de la foi chrétienne, il décida de partir voir Jérusalem. Le général le confia à des amis qui se rendaient en Palestine. Il ne reviendra jamais de ce voyage.
Avec les soldats, il visita les lieux saints de Jérusalem et en dernier lieu Gethsémani. Là, il découvrit un tableau représentant l'enfer et ses supplices. Ne comprenant rien, une pèlerine se trouvant à côté de lui se mit à lui expliquer tous les détails et le sens de l'enfer. Aussitôt, il la questionna : « Qu'est-ce que je dois faire pour éviter l'enfer » Elle lui répondit de façon directe : « Jeûnez et priez ! »
Sans attendre, il se mit à observer ces conseils si bien qu'au bout de quelques jours ses compagnons de voyage lui firent remarquer qu'il avait totalement changé de vie et que ses nouvelles façons de vivre ne convenaient pas à un homme du monde et qu'il ferait mieux de se retirer dans un monastère. Ne connaissant rien des monastères, il demanda qu'on lui en indique un. Or, un monastère qui faisait hôpital était réputé dans le désert de Gaza. C'est là que les soldats le conduisirent. Il ne devait plus jamais en ressortir.
Ce monastère avait pour abbé saint Séridos. Ce dernier accueillit l'adolescent niais surpris par son air délicat, raffiné, et sa belle vêture il crut à une supercherie et le fit examiner et questionner par le moine infirmier de l'hôpital, saint Dorothée. Après un long entretien le moine rapporta au père abbé que le jeune homme répétait sans cesse : « Je veux me sauver. » Séridos le laissa sous la conduite de Dorothée.
Aide infirmier, il apprit la patience, l'obéissance, l'humilité et pratiqua la pénitence. (...) Au bout de 5 ans, il fut atteint de tuberculose et après plusieurs jours de terribles souffrances expira dans la paix...

Louis Pralus, « L'Essor », n°3305.
Extrait de la revue "L'Ange Gardien", janvier-février 2019.


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  La vieillesse... l'âge des vertus théologales

Quand on vieillit, les vertus théologales doivent être portées à incandescence.
Et celui qui les vit est déjà, quelque part, ressuscité. (...)
De ces trois vertus, a remarqué saint Paul, seule au Ciel restera la Charité, autrement dit l'amour.
La Foi n'existera plus. Nous saurons.
L'Espérance n'existera plus. Nous aurons.
Seul l'amour sera notre lieu de vie et notre manière de vivre. Dieu en appelle donc à notre amour de Lui, et à notre liberté. Mais à l'heure où le désespoir humain est possible, la foi et l'espérance ne peuvent être tièdes.
Pour faire tenir une âme debout, elles doivent être enflammées. Comme une certitude de braise gravée au fond du cœur.
Il faut, à l'heure où la vue du corps est susceptible de baisser, que la vue du cœur devienne prodigieuse. Car, comme a dit Saint-Exupéry, « on ne voit bien qu'avec le cœur ».
Le secret du renard à l'enfant, Jésus sur terre l'avait déjà donné. Il faut dépasser les raisons de croire ou de ne pas croire, car la question est ailleurs.
Cette question, le Christ l'a posée à Pierre : « M'aimes-tu ? », car de la réponse dépendra la suite.
Croire en Dieu, à son existence, n'est d'ailleurs par le principal, et ne suffirait en aucun cas à consoler une âme. Il faut croire en Lui en un sens plus fort et surtout plus personnel.
Croire en Lui comme Il le souhaitait. Dans l'amour de Lui et l'absolue confiance.
« M'aimes-tu ? » demande Jésus à chacun de nous.
Seule la réponse positive peut pacifier une âme. Et cela aussi Jésus le sait...

Isabelle Prêtre, La vieillesse. Chute ou envol ?, Éditions Saint-Augustin.
Extrait de la revue "L'Ange Gardien", janvier-février 2019.


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  Vouloir et pouvoir

Éduquer la volonté d'un enfant, c'est lui apprendre le courage et la patience, la maîtrise de soi et la persévérance. Mais n'est-ce pas aussi l'aider à connaître ses limites ?

« Quand on veut, on peut », a-t-on coutume de dire, afin de souligner la puissance de la volonté. Et cette puissance est réelle, permettant d'aller bien au-delà de ce dont on s'estime capable. Un des exemples les plus célèbres est celui du pilote Guillaumet qui, après un atterrissage forcé dans les Andes, marcha cinq jours et quatre nuits sans interruption, dans des conditions climatiques épouvantables : « Ce que j'ai fait, affirma-t-il, jamais aucune bête ne l'aurait fait. » Nous avons tous en tête d'autres exemples, moins spectaculaires mais tout aussi convaincants, qui montrent à quel point il est important d'éveiller la volonté des enfants afin de les aider à devenir des hommes et des femmes debout, capables de prendre leur vie en main, sans se laisser ballotter par les événements ni décourager par les difficultés. La volonté peut beaucoup.

Mais elle ne peut pas tout. Il ne suffit pas toujours de vouloir pour pouvoir. « Sur les livrets scolaires et carnets de correspondance de mes élèves, explique un enseignant, j'usais volontiers de la formule « Peut mieux faire ».., jusqu'au jour où j'ai réalisé ce que cette exhortation peut avoir de destructeur lorsqu'elle tombe à faux ». Pousser un enfant à donner le meilleur de lui-même, c'est bien ; le stimuler de manière irréaliste et irréfléchie, c'est risquer de le décourager, voire de le « casser » parce qu'on lui aura fixé des objectifs inaccessibles.

Vouloir toujours mieux faire, mettre son point d'honneur à tenir bon coûte que coûte, respecter en tous points le programme que l'on s'est fixé, accomplir fidèlement ce qu'on estime être son devoir, cela paraît excellent. Et ça l'est... parfois, mais pas toujours ! En effet, « aimer la vertu pour la vertu fait verser dans l'orgueil stoïcien et est aussi dangereux que le laxisme » (Pascal Ide, Construire sa personnalité, Éditions Le Sarment/Fayard). La question est de savoir pourquoi je veux faire de mon mieux : par orgueil ou par amour ? Pour écraser les autres ou pour les servir ? Pour faire fructifier mes talents ou pour cacher à tout prix mes faiblesses ?

Il ne saurait y avoir d'éducation de la volonté sans éveil de l'humilité. Réjouissons-nous si notre enfant travaille avec acharnement, s'il parvient à maîtriser sa colère ou à tordre le cou à sa jalousie... mais réjouissons-nous davantage s'il sait reconnaître ses échecs, sans en concevoir de dépit ; s'il sait demander pardon à Dieu et à ses frères ; s'il comprend qu'il a besoin des autres. Il est bien de ne pas tomber, mais il est meilleur encore de savoir se relever après une chute.

« Non pas comme Moi, Je veux, mais comme Toi, Tu veux » (Mt 26, 39) : la volonté de Jésus, c'est de faire la volonté de son Père. Il ne suffit pas d'avoir une volonté bien trempée : il faut aussi savoir vers quoi orienter cette énergie. Or, quel est le but de notre vie chrétienne, si ce n'est de faire la volonté du Père ? On en revient à l'humilité : apprendre à se recevoir de Dieu et à tout recevoir de Lui, y compris notre chemin de sainteté. Accomplir ce que Dieu nous demande, et seulement cela, sans chercher à alourdir notre fardeau en nous inventant des « devoirs », bien souvent inspirés par l'orgueil plutôt que par l'amour.

« Je ne fais pas le bien que je voudrais, mais je commets le mal que je ne voudrais pas », se désole saint Paul (Rm 7, 19). Dieu, pourtant, n'exige rien au-delà de nos forces. Mais s'Il permet que nous touchions les limites de notre volonté, c'est pour nous rappeler qu'Il ne nous demande pas de faire beaucoup, mais d'aimer beaucoup. Et de nous laisser aimer.

Christine Ponsard, La Foi en famille, Éditions des Béatitudes, 2004.
Extrait de la revue "L'Ange Gardien", janvier-février 2019.


« La volonté, c'est la conquête de l'homme par lui-même, et l'éducation de la volonté, c'est la stratégie de cette conquête. »
Émile Faguet

« Nous ne pouvons pas tout ce que nous voulons, mais il reste à vouloir tout ce que nous pouvons. ».
Michet Riquet, s.j.


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  Des appréciations

Merci pour cette oasis qu'est la revue, pôle de lumière et confiance dans ce monde tourmenté. Suisse - Merci, merci mille fois de m'avoir envoyé « notre » belle revue... 972 - Je précise de nouveau combien il m'est agréable de lire le contenu de ce bulletin. Il est devenu pour moi, au fil des années, un repère et un « compagnon » sécurisant car les messages et autres récits me procurent une sensation de bonne protection... Merci pour tout ce que vous faites pour rendre notre lecture aussi prenante et enrichissante. 974 - Remerciements pour cette superbe petite revue bien documentée sur la vie de l'Église. 66 - Je suis très heureuse de recevoir la revue, qui m'apporte un grand réconfort. 07 - Réabonnement à la revue pleine d'heureuses surprises. 93 - Je viens vous dire que j'apprécie votre revue et j'y trouve beaucoup de prières, de lectures qui approfondissent ma foi. Quel réconfort au fil des pages ! Je vous en remercie vivement. 48 - Je trouve dans la lecture de « l'Ange gardien » une aide spirituelle très précieuse et cela depuis de nombreuses années. 06.

Toujours très heureuse de lire « l'Ange gardien » qui m'apporte réconfort et joie depuis tant d'années ! 49 - J'aime à recevoir « l'Ange gardien ». J'apprécie beaucoup son contenu, notamment les extraits des comptes rendus d'homélies du pape François ainsi que les extraits des livres d'Anselm Grün et puis, bien sûr, tous les autres articles, « brindilles », « Église vivante », etc. C'est réconfortant dans notre monde si troublé. 57 - Je suis très heureuse de feuilleter « l'Ange gardien » et le lire très souvent. Il est source de paix, de joie et de belle espérance. 49 - Je vous remercie du soleil céleste que vous mettez dans la revue. 38 - Je souhaite très longue vie à votre Association. 72 - Je vous remercie pour votre petite revue qui nous apporte beaucoup à tous. 56 - Merci pour la revue que je reçois avec plaisir. 53 - Petite revue que beaucoup aiment. Il y a tellement à lire dessus. Même parfois des faits de guerre ou suite à la guerre (malheureusement), mais j'ai vu que cela ne plaisait pas à certains. Mais cela apprend des choses..., de vilaines choses mais elles ne peuvent rester ignorées. On peut trouver des gestes, des attitudes surprenantes. Enfin, des fois, un peu d'humour. 74.

Nous apprécions beaucoup cette « chère petite revue », les articles « profonds », ô combien, mais aussi les « brindilles » et les brins d'humour. Tout cela nous aide. Quel travail cela doit demander, documentation, mise en page ! Je pense que les Anges gardiens doivent bien vous soutenir... 10 - Offrande pour le rayonnement de l'œuvre dans la rédaction du bulletin, bijou de lumière, d'espérance et de réconfort. Je le feuillette, m'attardant sur certaines pages, entre autres les références libraires très denses et fort constructives... 64 - Bravo et merci pour cette belle revue que je viens juste de découvrir. 92 - Merci de tout cœur pour votre revue si douce. 56 - Merci pour votre revue que j'attends avec impatience pour y lire petit à petit les articles si riches en méditations, réflexions et instructions diverses. 44 - Merci pour votre très belle revue. 82 - J'espère que votre œuvre pourra se poursuivre malgré les difficultés. 20 - Félicitations pour le petit livre. Je le trouve de plus en plus intéressant. Merci pour tout ce travail. 69.

Extraits de la revue "L'Ange Gardien", janvier-février 2019.


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